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Des babouins et des hommes

Posté par othoharmonie le 20 avril 2015

 

 

Baboons2Depuis toujours, le babouin inspire à l’homme un sentiment contradictoire, de peur mêlée de fascination, ou de complicité. Dans l’Égypte ancienne, cet animal sacré, sans doute à cause de sa ressemblance avec l’homme, est peint et momifié. Aujourd’hui, les chercheurs l’utilisent comme cobaye.

  Divinité populaire de l’Egypte ancienne

Les babouins hamadryas étaient considérés comme sacrés dans l’Égypte ancienne. À l’époque, ce singe semble avoir été perçu sous un double aspect : d’un côté, un être éminemment intelligent, de l’autre, un monstre grimaçant.

Ainsi ce singe prêtait-il sa forme au dieu cynocéphale Thot, qui, en Grèce, est devenu Hermès. Figuré aussi par l’ibis, Thot était le patron des savants et des hommes de lettres. C’était le scribe divin qu’on trouve aux côtés de Ptah, le dieu créateur, pour immortaliser ses messages, ou aux côtés d’Anubis dont il transcrivait le verdict lorsque ce divin juge pesait les âmes des morts.

« Il est, précisent Jean Chevalier et Alain Gherbrandt dans leur Dictionnaire des symboles, à la fois artiste, ami des fleurs, des jardins et des fêtes, magicien puissant capable de lire les plus mystérieux hiéroglyphes [...] Mais en tant que dieu Baba, le “mâle d’entre les babouins”, il est querelleur, lubrique et baveux. L’agressivité du cynocéphale avait frappé les Égyptiens : après le verbe “être furieux” on inscrivait un babouin montrant les dents, crispé sur ses quatre mains, et dressant coléreusement sa queue… »

L’animal est aussi associé au culte du dieu-soleil, association due, selon Henri Maspero, historien des religions orientales, à l’habitude de ces singes « de s’assembler en une sorte de cour plénière et de jaser bruyamment ensemble un peu avant le lever et le coucher du soleil… » D’une façon générale, le comportement des peuples africains à l’égard du babouin a toujours été ambivalent : tantôt ce singe suscite l’épouvante, tantôt il est considéré comme un ami.

  Craint et chassé mais pourtant pacifique

Tabou dans certaines régions d’Afrique, gibier dans d’autres, le babouin inspire la crainte. La colère du mandrill, écrit l’un des premiers naturalistes dans ses travaux, ressemble à un « ouragan des tropiques qui renverse tout sur son passage… »

Selon certains récits, l’armée d’Alexandre le Grand aurait confondu, dans le jour naissant, l’organisation quasi militaire d’une troupe de babouins avec une formation ennemie… Redoutés pour les razzias qu’ils effectuent dans les cultures, les babouins jaunes sont chassés en Zambie, au Malawi comme au Kenya. Pourtant, en détruisant les insectes, ils rendent aussi de grands services aux agriculteurs.

  Description de cette image, également commentée ci-aprèsUn cobaye pour les laboratoires

Le babouin est souvent chassé pour sa chair, comme en Côte d’Ivoire, ou pour la graisse de ses callosités fessières, comme en Éthiopie, où cette graisse est utilisée pour lutter contre les rhumatismes. Il est en outre un cobaye idéal pour la recherche médicale, puisqu’il a une taille, un comportement et une biochimie assez proches de ceux de l’homme. En chirurgie cardiovasculaire, par exemple, il est exploité pour les essais de prothèses (vaisseaux, régulateur cardiaque et autres). On l’utilise aussi pour des greffes, des expériences d’ablation ou de stimulation de nerfs, ainsi que pour la recherche sur le cancer, les troubles du métabolisme ou ceux liés aux divers parasites et virus. D’où la multiplication des captures de babouins destinés aux laboratoires.

 

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LA CLASSIFICATION DES BABOUINS

Posté par othoharmonie le 20 avril 2015

 

 

La classification des babouins ne fait pas l’objet d’un consensus. Le genre Papio est classiquement divisé en cinq espèces (Papio papio, Papio anubisPapio cynocephalusPapio ursinusPapio hamadryas). Pour plusieurs auteurs cependant, il n’existe qu’une espèce de babouin, Papio hamadryas, au sein de laquelle sont déterminées cinq sous-espèces ; pour d’autres encore, il convient de distinguer deux espèces : Papio hamadryas et Papio anubis. Nous suivons ici la répartition classique en cinq espèces.

Les mandrills sont représentés par deux espèces du genre Mandrillus, tandis que le gélada est la seule espèce du genre Theropithecus.

 Papio_anubis_(Serengeti,_2009)

Comme les colobes, les macaques et les entelles, le babouin appartient à la famille des cercopithécidés. Les plus anciens fossiles de cette famille de singes de l’Ancien Monde ont été mis au jour en Égypte et datent de la fin de l’oligocène (seconde partie du tertiaire), il y a environ 25 millions d’années. Toutefois, une étude parue en 2004 et fondée sur un modèle d’évolution moléculaire suggère que la lignée des cercopithécoïdes et celle des hominoïdes se seraient séparées plus tôt, il y a 29,2 à 34,5 millions d’années (à l’oligocène inférieur).

Tous les fossiles de cercopithécidés ont été trouvés dans l’Ancien Monde. Ces ancêtres des cercopithèques actuels étaient tous arboricoles, et la répartition de leurs fossiles est similaire à celle des cercopithécidés actuels. D’après des études moléculaires, la lignée des macaques et des babouins (tribu des papionines) se serait différenciée de celle des cercopithèques stricto sensu (tribu des cercopithécines) il y a environ 11,5 millions d’années. Les macaques et les babouins auraient quant à eux divergé il y a entre 7 et 8 millions d’années.

Au pliocène supérieur, en Afrique, on trouve des fossiles des genres ParapapioPapio (le genre auquel appartiennent les babouins actuels) et Theropithecus (le genre du gélada contemporain). L’ancêtre commun à l’ensemble des babouins actuels daterait de la transition entre le pliocène et le pléistocène, il y a environ 1,8 million d’années.

Moins largement répandues que par le passé, les cinq espèces actuelles de babouins vivent dans les forêts et les savanes d’Afrique, au sud du Sahara.

 

Composées à la fois de mâles, dont plusieurs adultes dominants, et de femelles accompagnées de leurs jeunes, les troupes de babouins sont plus ou moins nombreuses. Elles comptent en moyenne une cinquantaine d’animaux, mais certaines regroupent à peine huit membres, tandis que d’autres rassemblent plus de 200 babouins de tous âges.

Des jeux au réveil

Dès que le jour se lève, les frondaisons de l’arbre dans lequel la troupe tout entière a passé la nuit s’agitent. Les jeunes mâles s’éloignent des femelles pour se livrer à toutes sortes de jeux matinaux plutôt bruyants. Pendant ce temps, le reste de la troupe se contente de bâiller et de se gratter. Bientôt, tous – jeunes ou vieux – descendent de leurs perchoirs pour arpenter la savane.

LA CLASSIFICATION DES BABOUINS dans SINGE 300px-Hamadryas_Baboon

Une tolérance relative

Chaque bande possède son domaine vital, auquel elle reste longtemps attachée. L’extension de ce domaine varie de 2 à 40 km2 selon l’importance du groupe et la richesse du milieu. Il n’est pas réellement défendu par les singes, qui le partagent souvent avec plusieurs autres bandes. En règle générale, elles ont tendance à s’éviter, mais se côtoient parfois – sans pour autant se mélanger –, autour des trous d’eau par exemple. Ces contacts, habituellement pacifiques, sont toujours de courte durée.

Pendant la journée, les babouins progressent en groupe. Ils se déplacent en marchant sur leurs quatre pattes, d’un pas en général tranquille et assuré. Il est rare en effet de les voir courir. Ils parcourent en moyenne trois ou quatre kilomètres par jour et restent presque exclusivement au sol, à l’exception des jeunes, qui peuvent faire quelques mètres dans les arbres. Tout en marchant, ces animaux se nourrissent. Ils s’assoient pour se reposer. Ils ne s’éloignent jamais beaucoup de l’ensemble de la bande et restent à portée de voix, échangeant de temps à autre des cris aigus et brefs.

La quête de la nourriture est particulièrement intensive aux premières heures de la matinée. Lorsque le repas a été riche et varié, les babouins s’arrêtent un moment et se mettent à s’épouiller les uns les autres. La marche reprend en fin d’après-midi pour une nouvelle quête alimentaire, après quoi les animaux se dirigent vers le site de repos nocturne.

La nuit, le groupe entier se retire dans les branches d’un grand arbre protecteur. Les plus gros animaux occupent les branches les plus épaisses et les fourches les plus confortables, tandis que les sujets plus menus se dispersent dans toute la ramure.

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