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LA DECOUVERTE DU PERROQUET

Posté par othoharmonie le 8 avril 2015

 

 

290px-Perruche_AlexandreChristophe Colomb fut autrefois fort impressionné par les perroquets des Antilles lors de ses voyages sur chacune des îles visitées. Cependant ses récits relataient plus des différentes utilisations qu’en faisaient les Indiens d’Amérique qu’ils n’en faisaient une description précise.

A l’opposé l’aventurier génois De Cuneo, qui accompagna Christophe Colomb lors de son second voyage, témoigna en premier de l’usage de ces oiseaux en tant que denrées alimentaires, et donna une idée de leur grande diversité quand il décrivit « 3 espèces de perroquets de taille et de couleurs différentes sur toutes les îles … où j’ai été » (Morison 1963). Les îles mentionnées ici étant : la Guadeloupe, Hispaniola, Cuba, la Jamaïque et peut-être Puerto-Rico ; les 3 types de psittacidés semblaient être :

- des aras (Ara)

- des perroquets (Amazona)

- des perruches (Aratinga).

Ses remarques suggérèrent que chacune des îles possédaient un représentant de chacun de ces genres.

Malheureusement, au cours des deux siècles suivants aucun spécimen n’ayant été collecté et très peu de dessins réalisés, les descriptions écrites de la vie de ces oiseaux manquaient pour la plupart de détails. De plus quand les premiers naturalistes débarquèrent aux Antilles, plusieurs espèces de perroquets avaient déjà disparu.

De surcroît, il n’y a aucune façon de savoir à quoi ces espèces ressemblaient, ni combien d’espèces existaient alors. Parmi ces naturalistes on compte les Pères Du Tertre et Labat qui laissèrent les meilleures descriptions de ces oiseaux bien qu’ils ne considèrent que certaines îles des Petites Antilles. En effet ni l’un ni l’autre n’ont indiqué à combien d’îles ils se référaient bien que l’on puisse présumer qu’il s’agissait des îles occupées par les Français : dans les années 1650, ces derniers étaient établis en Guadeloupe, en Dominique, en Martinique, mais occupaient également d’autres îles comme Sainte-Lucie ou Grenade. Mais tout comme De Cuneo, ils attestent de l’extraordinaire variété de psittacines qu’abritaient autrefois les Antilles.

Une autre lacune des premières descriptions de perroquets – en plus d’être fragmentaires – réside dans le fait que sur certains points, elles sont rendues confuses par l’utilisation répandue des perroquets comme animaux de compagnie et comme monnaie d’échange par les Européens, par les Indiens avec eux et par les Indiens entre eux.

Toutes les espèces d’Aras qui habitaient les Grandes et les Petites Antilles sont aujourd’hui éteintes et les 17 espèces encore présentes à l’heure actuelle vivent en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. Plusieurs de ces espèces sont en grand danger et disparaissent inexorablement.

Nul ne sait combien d’espèces ont autrefois habité les Antilles. Il est pour l’instant admis qu’il en existait 6 ou 7 espèces.

Si beaucoup d’espèces sont éteintes depuis des siècles, des spécimens d’une seule espèce ont pu être capturé : L’Ara de Cuba (Ara tricolor). Cette espèce au plumage or, jaune, rouge et bleu a survécu jusqu’à la fin des années 1800 quand Gundlach a collecté quelques spécimens.

D’après Greenway (1958), sa disparition tout comme celle des autres aras, était apparemment due à la chasse et à leur capture afin d’en faire des animaux domestiques.

Outre Cuba, parmi les îles ayant abrité des aras, on trouve :

- La Jamaïque sur laquelle vivaient deux espèces d’aras :

# L’Ara gossei (Rothschild 1905) : une espèce rouge et bleue semblable à l’Ara de Cuba mais avec un front jaune au lieu de rouge et avec un peu de jaune sur la queue. Les caractéristiques et l’identification de cette espèce sont incertaines.

# L’Ara erythrocephala était apparemment très proche sinon identique à l’Ara militaris ou l’Ara ambigua.

Hispaniola sur laquelle vivait une espèce à laquelle aucun nom n’a été attribué et qui ressemblait à l’Ara tricolor.

- La Martinique où vivait une espèce endémique, l’Ara martinica.

# Cette espèce a été décrite assez brièvement par Rothschil d’après quelques lignes du Père Jacques Breton dans sa « Relation de l’Establissement des François depuis 1635 en île de la Martinique » (1640) – comme ayant le dessus du corps et de la tête bleu roi, le dessous du cou et le ventre rouge vif. Une description par ailleurs très proche de celle de l’Ara arauna du LA DECOUVERTE DU PERROQUET dans PERROQUET 220px-PZSL1852PlateAves46continent sud américain (Clark 1905c).

# Une autre espèce d’ara aurait peut-être vécu en Martinique : Rochefort (1558) a décrit une espèce d’ara pour les Antilles avec « la tête, le dos et les ailes jaunes pâles et la queue entièrement rouge » et une autre espèce avec « un plumage constitué d’un mélange de rouge, de blanc, de bleu, de vert, et de noir« . Aucune de ces descriptions ne se rapprochant d’aucune des espèces connues des Antilles ou d’Amérique Centrale ou du Sud, il est possible qu’une des espèces de Rochefort ait résidé en Martinique, mais n’est que pure hypothèse.

- En Dominique existait l’Ara atwoodii dont les caractéristiques sont encore incertaines.

- Enfin la Guadeloupe, qui abritait l’Ara de Guadeloupe Ara guadeloupensis.

Il apparaît en fait qu’il y a eu en fin de compte 2 invasions principales des Antilles par les Aras rouges :

1) Une invasion de Cuba, venant du Yucatán, par l’Ara macao, l’Ara chloroptera ou leur ancêtre commun, donnant naissance à l’Ara tricolor et à son tour à l’Ara gossei de la Jamaïque ainsi qu’à l’Ara « sans nom » d’Hispaniola. D’autre part, une première migration a eu lieu en Jamaïque à partir de la pointe Honduro-Nicaraguaïenne donnant naissance à l’Ara gossei suivi par les colonisations successives de Cuba et d’Hispaniola.

2) Une invasion des Petites Antilles venant de l’Amérique du Sud par l’Ara macao donnant naissance à l’Ara guadeloupensis et probablement à d’autres espèces sur d’autres îles.

 A LIRE SUR  http://www.lameca.org/dossiers/especes_disparues/sommaire.htm

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Le Perroquet de Flaubert

Posté par othoharmonie le 8 avril 2015

 

flaubertLe Perroquet de Flaubert est le titre français du roman de Julian Barnes qui est paru sous le titre original de Flaubert’s Parrot en 1984, et pour lequel Barnes se vit sélectionné pour le Booker Prize la même année et gagna le Geoffrey Faber Memorial Prize l’année suivante. En France, il remporta le prix Médicis essai en 1986. Le roman suit l’amateur retraité Geoffrey Braithwaite dans sa quête du perroquet empaillé ayant inspiré Gustave Flaubert lors de la rédaction du conte Un cœur simple. L’intrigue principale laisse cependant une large place aux réflexions du veuf sur la vie de Flaubert et la sienne propre

Le roman écrit principalement à la première personne suit l’ancien médecin désormais retraité et veuf Geoffrey Braithwaite dans son pèlerinage à travers Rouen, Croisset et d´autres de lieux de résidence de Flaubert, à la recherche de nouvelles informations sur la vie de son auteur favori. Lors de la visite de deux musées différents consacrés à sa vie, il constate que chacun des deux établissements revendique la possession du perroquet lui ayant supposément servi lors de la rédaction du conte Un Coeur simple, dans lequel un perroquet est longuement décrit. Braithwaite veut tirer cette affaire au clair et découvrir lequel des deux perroquets servit de modèle à l´écrivain de Croisset. Au terme de ses investigations, il apprend que non seulement le perroquet original pouvait être l´un des deux revendiqués, mais aussi cinquante autres se trouvant dans la réserve de l´Hôtel-Dieu de Rouen où Flaubert l´avait emprunté quelque temps.

Si la trame principale est assez simple, de nombreuses digressions sur la vie de Flaubert ainsi que celle du narrateur constituent l´essentiel du roman. Braithwaite tente de donner une forme objective à ses observations sur son écrivain fétiche et son oeuvre, mais n´y parvient guère et démontre plutôt son amateurisme. À travers cette subjectivité refoulée, le lecteur en apprend davantage sur Braithwaite et particulierement sur les raisons de sa fascination pour cet auteur mort depuis un bon siècle. Cette quête maniaque semble combler un vide: le deuil de sa femme, dont la cause de la mort demeure jusqu´à la fin du livre obscure, ce qui nourrit un sentiment de méfiance à l´égard du narrateur.

Le roman se fait l´écho de nombreuses théories postmodernes déclinées sur un mode humoristique. La polémique autour de  »la mort de l´auteur » de Roland Barthes est l´une des influences indubitables du roman: le narrateur se demande dès la deuxième page pourquoi il cherche à retrouver dans la vie de Flaubert ce qu´il a appris à travers ses romans, alors que ce dernier professait la totale indépendance du texte vis-à-vis de son auteur.

Le second thème postmoderne concerne le traitement de la subjectivité et la multiplication des points de vue. On trouve par exemple dans le deuxième chapitre une triple chronologie de la vie de Flaubert. Alors que la première version de la biographie est extrêmement positive et laudative, la seconde est marquée par un excès opposé de pessimisme et de négativité. La troisième version est une série de citations que le lecteur présume être de Flaubert, et dont l´incongruité alliée à la partialité du choix des citations achèvent de discréditer le sérieux.

Un dernier aspect typique de l´écriture postmoderne est le jeu avec la métafiction. Le roman en tant que fiction fait ainsi usage d´un personnage réel (Flaubert) , mais mêle à la fois des éléments de sa vie réelle, de sa vie imaginaire à travers les lettres qu´il envoya à ses amis, et ce celle des personnages de ses romans avec lequel il s´identifiait souvent (le fameux « Madame Bovary, c´est moi! »). Chacun des éléments se trouve si imbriqué dans les autres que le lecteur se voit forcé de prendre une distance critique avec les allégations de Braithwaite. À travers ce personnage excentrique, on pourrait aussi retrouver la patte de l´autobiographie, puisque Julian Barthes a écrit de nombreux articles sur cet écrivain dont il est au moins aussi passionné que son personnage de fiction.

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