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Comment le Rhinocéros a acquit sa peau

Posté par othoharmonie le 11 décembre 2014

(How the Rhinoceros got his Skin)


1024px-Sumatran_Rhino_2Il était une fois, dans une île déserte à la limite de la mer Rouge, un Parsi dont le chapeau reflétait les rayons du soleil avec une splendeur-plus-qu’orientale. Le Parsi vivait au bord de la mer Rouge avec rien d’autre que son chapeau, son couteau et un fourneau de cuisine du genre auquel il ne faut surtout pas toucher. Un jour, il prit de la farine, de l’eau, des groseilles, des prunes, du sucre et toutes sortes de choses pour se confectionner un gâteau de deux pieds de diamètre et trois d’épaisseur. Il s’agissait d’un Mets Supérieur (ça, c’est de la Magie) et il le mit ensuite sur le fourneau car il avait le droit, lui, d’utiliser ce fourneau. Il le fit cuire, cuire, jusqu’à ce qu’il ait bruni partout et sentît divinement bon. Mais au moment où le Parsi allait manger le gâteau, voici que descendit sur la plage, venant de l’intérieur Totalement Inhabité, un Rhinocéros avec une corne sur le nez, deux petits yeux de cochon et peu de bonnes manières. En ce temps-là, la peau du Rhinocéros lui allait parfaitement. Elle ne faisait aucun pli. Il ressemblait tout à fait à un Rhinocéros d’Arche de Noé, mais bien sûr en beaucoup plus gros. Toujours est-il qu’il n’avait alors pas de manières comme il n’en a pas aujourd’hui, et n’en aura d’ailleurs jamais. 

« Ça alors ! » dit-il, et aussitôt le Parsi abandonna son gâteau pour se réfugier en haut d’un palmier, rien qu’avec son chapeau qui reflétait toujours les rayons du soleil avec une splendeur-plus-qu’orientale. Le Rhinocéros renversa le fourneau à pétrole avec son nez, le gâteau roula sur le sable, il le piqua avec sa corne et le mangea, puis repartit en remuant la queue vers l’intérieur Absolument Inhabité et désolé qui touche les îles de Mazanderan, Socotra et les Promontoires du Grand Équinoxe. Alors le Parsi descendit de son palmier, et récita le sloka suivant que je vais te rapporter puisque tu ne le connais pas : 

Qu’il pâtisse et ne se rie
Qui s’est farci sa part
De la pâtisserie
Qu’a cuite le Parsi.

 

Ce qui voulait en dire bien plus que tu ne pourrais le croire. Parce que voilà que cinq semaines plus tard, il y eut une vague de chaleur dans la mer Rouge et tout le monde ôta ses habits. Le Parsi ôta son chapeau, mais le Rhinocéros enleva sa peau et se la jeta sur l’épaule pour descendre se baigner. En ce temps-là, elle se boutonnait par-dessous à l’aide de trois boutons. Elle ressemblait à un ciré. Le Rhinocéros ne dit rien au sujet du gâteau du Parsi car il l’avait mangé en entier et il n’avait jamais eu de manières, ni alors, ni maintenant, ni plus tard. Il avança dans l’eau en se dandinant et en soufflant des bulles par le nez. Il avait laissé sa peau sur la plage. Or, le Parsi passait par là et il trouva la peau ; il sourit et son sourire fit deux fois le tour de son visage.

 

Puis il dansa trois fois autour de la peau et se frotta les mains. Ensuite il regagna son campement et remplit son chapeau de miettes de gâteau car le Parsi ne mangeait que des gâteaux et il ne nettoyait jamais son campement. Il prit la peau, et il secoua la peau, et il frotta la peau et il l’incrusta de vieilles miettes de gâteau, sèches et rêches, et de quelques groseilles brûlées, autant qu’elle pouvait en contenir. Puis il grimpa en haut de son palmier et attendit que le Rhinocéros sorte de l’eau et remette sa peau. Ce que fit le Rhinocéros. Il boutonna les trois boutons et ça le râpait comme des miettes dans un lit. Il Tête d'un Rhinocéros de Sumatra vue de face, qui émerge au milieu des feuilles d'un arbuste.voulut se gratter, mais cela ne fit qu’aggraver les choses, alors il s’allongea sur le sable et se roula, se roula, se roula encore, et chaque fois qu’il se roulait, les miettes du gâteau le démangeaient davantage. Et de pis en pis. Alors, il courut jusqu’au palmier et se frotta, se frotta, se frotta encore. Il se frotta tant et si fort que sa peau fit un grand pli derrière ses épaules et un autre pli en dessous, là où se trouvaient d’ordinaire les boutons (mais il les avait fait sauter à tant se frotter), et il fit d’autres plis sur les pattes. Cela le mit de mauvaise humeur, mais les miettes s’en fichaient. Elles étaient sous sa peau et elles le râpaient. Alors le Rhinocéros rentra chez lui très irrité ; depuis ce jour, les rhinocéros ont tous de grands plis sur la peau et mauvais caractère, tout ça à cause des miettes de gâteau qui sont dessous. Le Parsi descendit de son palmier avec son chapeau qui reflétait les rayons du soleil avec une splendeur-plus-qu’orientale, il emballa son fourneau et partit dans la direction d’Orotavo, d’Amygdal, des Hautes Prairies d’Antananarivo et des Marais de Sonaput. 

Cette île déserte est,
Passé le cap Gardafui,
Près des rives de Socotra
Et de la mer rose Arabique,
Mais on y cuit.

Il en cuirait, partant de Suez,
À nos pareils, à vous, à moi,
D’aller, même en P & O
Voir le Parsi au gâteau.

 

SOURCE http://kiplinginfrench.free.fr/HCCtable.html

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Protection du Rhinocéros

Posté par othoharmonie le 11 décembre 2014

 

White_rhinoceros_Hluhluwe-UmfoloziEn Afrique, le rhinocéros noir et le rhinocéros blancs ont connu, au cours du xxe siècle, un effondrement dramatique de leurs populations. Le second a même frôlé l’extinction, avec moins de 200 survivants à la fin des années 1980. Les menaces pesant sur ces deux espèces ont mobilisé des opérations de sauvetage, lourdes et coûteuses, sur le terrain (comme le déplacement, en hélicoptère, de rhinocéros jusque dans des zones protégées). Les deux espèces sont placées en annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) – commerce international strictement interdit – depuis 1977. Dans les années 1990, des mesures de protection nationales ont été mises en place dans les pays où ces animaux vivaient encore, pour permettre d’appliquer les décisions de la Cites. La politique de protection du rhinocéros blanc menée en Afrique du Sud notamment a été particulièrement efficace, et l’espèce a été sauvée. La récupération de l’espèce a même permis de la faire passer, en 1994, de l’annexe I à l’annexe II de la Cites. Celle-ci autorise, dans une certaine mesure, le commerce d’animaux vivants, ainsi que le commerce limité de trophées de chasse. En effet, la chasse sportive de mâles surnuméraires est autorisée, générant des revenus qui sont réinjectés dans la gestion des rhinocéros. On dénombrait en 2008 un effectif total de près de 17 500 rhinocéros blancs –  le plus élevé, de très loin, des cinq espèces.

Les mesures de sauvegarde montrent également leur efficacité pour le rhinocéros noir, dont les effectifs remontent depuis 1995. La survie de l’espèce reste toutefois très menacée, avec à peine plus de 4 200 individus (4 240 en 2008) sur l’ensemble de son aire de répartition.

Les programmes de sauvegarde des rhinocéros africains sont coordonnés par l’International Rhino Fundation (IRF). Outre des mesures de protection « physique », sur le terrain (visant à limiter, si ce n’est éradiquer, le braconnage), ils comprennent notamment des travaux de recherche visant à mieux connaître la biologie du rhinocéros noir, dans le but en particulier d’optimiser leur taux de reproduction. En effet, faire croître les populations dans les réserves permettra ultérieurement d’implanter de petites populations dans d’autres régions. La tentative, en Namibie à la fin des années 1980, de couper les cornes des rhinocéros afin de décourager les braconniers n’a pas été efficace, car les rhinocéros étaient tout de même abattus. De plus, l’opération n’était simple ni pour les rhinocéros, ni pour les gestionnaires de la faune ; elle était de plus dangereuse pour les animaux, qui supportaient mal l’anesthésie, et se retrouvaient sans aucun moyen de défense, surtout les mères. Cette mesure a été abandonnée, au profit de l’implication des populations locales dans la protection des rhinocéros.

Les trois espèces asiatiques sont inscrites à l’annexe I de la Cites depuis 1975. Les programmes de sauvegarde, également coordonnés par l’IRF, sont essentiellement concentrés sur le rhinocéros de Java et celui de Sumatra, menacés au niveau le plus critique. Le rhinocéros unicorne de l’Inde, dont les effectifs étaient tombés sous la barre des 200 individus dans les années 1980, a bénéficié de mesures de protection fortes de la part des gouvernements indien et népalais. Aujourd’hui, la population récupère (entre 2 700 et 2 850 en 2008), mais la majorité des animaux (85 % de l’effectif total) vit dans une seule réserve, ce qui rend cette population vulnérable aux épidémies.

Les mesures prises en Asie, outre une protection contre le braconnage sur le terrain, comprennent des programmes de reproduction en captivité dans le but de réintroductions ultérieures dans la nature, ainsi que la mise en place d’une médecine vétérinaire performante spécialisée dans les rhinocéros. Les populations locales sont également impliquées dans ces actions, et des programmes d’éducation sont organisés à destination des enfants.

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