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Le Rhinocéros blanc

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

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La peau des rhinocéros blancs est de couleur grise, légèrement plus claire que celle des rhinocéros noirs. Une explication fréquente sur l’origine de l’appellation de « rhinocéros blanc » serait une confusion linguistique sur le mot néerlandais wijde (« large » en français) qui décrit la forme de sa lèvre qui le distingue des autres espèces de rhinocéros. Il serait passé en afrikaans sous la forme wit, puis en anglais avec white, qui signifient tous deux « blanc ». L’appellation est reprise en néerlandais, en afrikaans et en français. Les néerlandais parlent de rhinocéros blanc (witte neushoorn) et les Afrikaners parlent de witrenoster. Néanmoins, une analyse de la littérature néerlandaise et afrikaan sur les rhinocéros n’a pu démontrer une utilisation du mot wyd dans leur description.

Le nom binomial de l’espèce est Ceratotherium simum. Le nom de genre fut donné par le zoologiste John Edward Gray en 1868, et il dérive du grec keras (κερας) qui signifie « corne » et therion (θηριον) « bête ». L’appellation de Simum donnée par Burchell en 1817, dérive du terme grec simus (σιμος), qui signifie « au nez plat ».

Rhinocéros blanc et rhinocéros noir présentent la même coloration grise. La longueur du rhinocéros blanc (hors queue) peut aller jusqu’à 4 m, sa hauteur au garrot est d’environ1,90 m et son poids va de 2 jusqu’à 3 tonnes, ce qui en fait la plus grande de toutes les espèces de rhinocéros. Il se distingue du rhinocéros noir (Diceros bicornis) par ses grandes oreilles pointues, son museau large et raccourci et une protubérance caractéristique sur le cou. Il s’en distingue aussi par le fait qu’il broute de l’herbe, tandis que lerhinocéros noir se nourrit de feuilles et de jeunes pousses d’arbre ; ainsi les deux espèces peuvent-elles coexister au sein du même écosystème.

L’odorat est chez lui le sens le plus important ; les oreilles et les yeux jouent au contraire un rôle secondaire. Comme le rhinocéros noir, c’est à peine s’il peut reconnaître quelque chose à plus de vingt mètres.

Sa corne est la plus longue de tous les rhinocéros, elle atteint en moyenne 65 cm (exceptionnellement 1,50 m). Sa fonction principale est de déblayer les obstacles lors de la quête de nourriture.

Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d’une musculature impressionnante, qui leur permet de courir très vite si nécessaire, jusqu’à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.

Le rhinocéros blanc se rencontre dans les savanes africaines sous deux sous-espèces :

  • Le rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum). Autrefois, il vivait dans une ceinture allant de l’Angola et de la Namibie au Mozambique et au KwaZulu-Natal en passant par le Zimbabwe et le Botswana. Aujourd’hui, on le rencontre dans de nombreuses réserves d’Afrique du Sud. En 2005, il y en aurait 11 320 dans la nature, et 740 en captivité (où il se reproduit).
  • Le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) était répandu au Congo et en Ouganda jusqu’au Tchad et au Soudan. Dans l’Antiquité les Égyptiens le trouvaient encore à l’état sauvage dans la vallée du Nil. Aujourd’hui, il est probable qu’il n’en reste même pas 25 exemplaires dans le parc national de Garamba en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), la sous-espèce est même probablement éteinte à l’heure actuelle. En novembre 2011 lors d’une mise à jour du statut des espèces, l’UICNl’à classée parmi les espèces espèce en danger critique d’extinction (CR). On en trouve encore au zoo de Dvur Králové en République tchèque (six individus) et au parc d’animaux sauvages de San Diego en Californie (trois individus). Malheureusement ils se reproduisent difficilement en captivité : depuis 1995 une seule naissance a eu lieu, celle d’une femelle à Dvur Králové. En octobre 2014 le dernier mâle connu en âge de procréer est décédé.

 

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Le rhinocéros de 1515 et après

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

350px-BurgkmairRhinocéros indien, connu sous le nom de gomda, du terme indien ganda. Offert par le roi Muzaffar II de Cambaye, en Inde, à Afonso de Albuquerque en 1514, cet animal fut envoyé au roi Emmanuel Ier de Portugal à Lisbonne, où il débarqua le 20 mai 1515. Aussitôt identifié comme le rhinoceros dont parlaient les Anciens, il devint la vedette de la ménagerie royale, le centre d’intérêt des savants.

Le rhinocéros devint immédiatement une célébrité européenne. Une lettre le décrivant, accompagnée d’un assez bon croquis, parvint à Nuremberg où, d’après ce document aujourd’hui perdu, Albrecht Dürer réalisa d’abord un dessin intitulé RHINOCERON 1515, puis une célèbre gravure sur bois intitulée RHINOCERVS 1515. D’après ce même document, Hans Burgkmair réalisa de son côté une gravure sur bois assez différente, intitulée RHINOCEROS MDXV, mais qui eut beaucoup moins de succès. D’après un document analogue parvenu en Italie, Giovanni Giacomo Penni publia à Rome le 13 juillet 1515 un poemetto sur la bête : Forma & natura & costumi de lo rinocerothe stato condutto importogallo dal Capitanio de larmata del Re & altre belle cose condutte dalle insule nouamente trouate.

En décembre, Emmanuel Ier, qui avait déjà offert au Pape Léon X l’éléphant Hannon, décida de lui envoyer le rhinocéros avec une ambassade fastueuse. La bête reprit la mer, et la nef portugaise qui le transportait le relâcha sur l’île d’If, face à Marseille, en janvier 1516. Le 24 janvier, le roi de France François Ier se rendit sur l’île avec sa cour afin de voir le reynoceron ; puis la nef repartit, mais fit naufrage au large de Portovenere, près de La Spezia. Le pauvre rhinocéros périt dans cette fortune de mer, et on ne sait pas précisément ce qu’il advint de son corps : il aurait été récupéré et sa dépouille offerte au Pape (mais le Vatican dément toujours officiellement posséder aucune peau de rhinocéros dans ses archives secrètes).

Le rhinocéros de Philippe II d’Espagne (1577 – après 1586)

Rhinocéros indien. C’était sans doute une femelle, connue sous le nom de lbada ou abada, d’après le nommalais de l’animal. En 1577, cet autre rhinocéros débarqua à Lisbonne à la ménagerie du roi fou SébastienIer de Portugal, auquel succéda Henri Ier l’année suivante. C’est le deuxième rhinocéros de l’Europe moderne. Par mesure de sécurité, on lui scia la corne (qui a sans doute repoussé par la suite).

Quand, en 1582, le roi Philippe II d’Espagne recueillit la succession d’Henri Ier et réunit les couronnes d’Espagne et de Portugal, il hérita du rhinocéros qu’il fit d’abord transporter dans sa ménagerie de la Casa de Campo, près de Madrid. Le 16 octobre 1583 Philippe II le fit transférer dans sa ménagerie de l’Escorial. Le transfert ne se passa pas sans incident : on voulut rafraîchir la pauvre bête en l’aspergeant de seaux d’eau, ce qui l’énerva et la abada renversa tout sur son passage. Elle fut ensuite exposée au public à l’Escorial et présentée aux ambassadeurs japonais en 1584. Sans doute mourut-elle avant 1588. Une rue de Madrid proche de la Puerta del Sol, la Calle de la Abada, porte toujours son nom.

Son image nous a été conservée par une gravure de Philippe Galle exécutée en 1586.

Réf.: J. Puerto, La leyenda verde. Naturaleza, sanidad y ciencia en la corte de Felipe II (1527-1598). Valladolid : Castilla y Leon. consejeria de Educacion y Cultura, 2003, p. 186.

Le rhinocéros londonien de 1684 (1684-1686)

Rhinocéros indien. C’est le troisième de l’Europe moderne, un siècle après la mort du second. Ce rhinocéros, provenant dit-on de la Cour de Golconde, fut ramené par le capitaine Henry Udall à bord du Herbert, un navire de laCompagnie anglaise des Indes orientales. Il débarqua à Londres en janvier 1684 et fut aussitôt vendu pour 2000 livres à un entrepreneur privé pour être exposé à la Bartholomew Fair, ou à l’auberge de la Belle Sauvage de Ludgate Hill. Le public paye 1 shilling pour le voir, 2 shillings pour avoir le droit de le chevaucher. La Belle Sauvage encaissait jusqu’à 15 livres par jour. C’est le premier rhinocéros privatisé (et sans doute rentable) de l’histoire : depuis celui de Ptolémée II Philadelphe, en passant par tous les empereurs romains, jusqu’à celui de Philippe II d’Espagne, la possession d’un rhinocéros avait toujours été en Occident monopole royal ou impérial. Ce rhinocéros vécut à Londres près de deux ans et demi, et mourut en 1686.

350px-Parsons1_1744Le rhinocéros londonien de 1739 (1739-1741)

Rhinocéros indien mâle. C’était un petit rhinocéros de moins de deux ans acquis en 1738 par Humphrey Cole, directeur d’une factorie de la Compagnie des Indes britanniques à Patna sur le Gange, et ramené par le Capitaine Acton à bord du Lyell. Il débarqua à Londres le 1er juin 1739 accompagné de son gardien indien, et fut exposé au public à partir du 15 juin à Eagle Street, près de Red Lion Square.

Ce rhinocéros suscita la curiosité du monde savant britannique. James Douglas fit deux communications à son sujet en 1739 devant la Royal Society, et James Parsons en fit une autre le 9 juin 1743, accompagnée de croquis, communication qui constitue la première étude scientifique de cet animal. Entre-temps, en 1741 précisément, le rhinocéros mourut. Parsons utilisa ses croquis pour réaliser deux grands tableaux représentant l’animal ; l’un a disparu depuis le xviiie siècle, l’autre, une huile sur toile de 122 × 147 cm représentant le rhinocéros dans un paysage imaginaire, est visible au Musée d’histoire naturelle de Londres.

Clara le rhinocéros 

Rhinocéros indien femelle. C’est le cinquième rhinocéros à parvenir vivant dans l’Europe moderne, et le second à gagner une célébrité internationale qui ne se compare qu’à celle du rhinocéros de 1515.

Âgée d’un an, Clara (dont la mère avait paraît-il été tuée par des chasseurs indiens) est adoptée par Jan Albert Sichterman, directeur au Bengale de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC). Il l’appelle Clara. Elle est parfaitement apprivoisée et circule librement dans la demeure de son maître. En 1740, Sichterman la donne – ou la vend – au capitaine Douwe Mout van der Meer, commandant du Knappenhof qui retourne en Hollande. Clara débarque à Rotterdam le 22 juillet 1741et, comme l’avaient été les rhinocéros anglais de 1684 et 1739, est immédiatement exposée au public.

640px-Clara_Rhinoceros_from_Bernhard_Siegfried_Albinus_TAB_IV_-_1749Le succès rencontré par ces expositions incite Douwe Mout van der Meer à quitter la VOC en 1744 et à entreprendre une tournée européenne avec son rhinocéros. On lui construit un véhicule spécial adapté aux longues étapes terrestres, et la tournée rencontre un succès prodigieux. Clara est exposée à Bruxelles dès 1743, puis à Hambourg en 1744.

La tournée débute véritablement au printemps 1746 : Hanovre, puis Berlin, au Spittelmarkt. Le 26 avril, le roi Frédéric II de Prusse vient la voir. Puis c’est Francfort-sur-l’Oder, Breslau(Wrocław), enfin Vienne, où elle fait une entrée triomphale escortée de huit gardes empanachés. Le 5 novembre, l’Empereur François Ier, l’Impératrice Marie-Thérèse et l’Impératrice douairière viennent la voir. En 1747, elle passe à Munich, Ratisbonne, Freiberg, le 5 avril à Dresde (où elle pose pour Johann Joachim Kaendler de la Manufacture de porcelaine de Meissen, et où elle reçoit le 19 avril la visite d’Auguste III, Électeur de Saxe et roi de Pologne), le 23 elle est à Leipzig pour la Foire de Pâques, dans une baraque de la Petersthor. En juillet elle est hébergée à l’orangerie du château de Kassel, invitée par le Landgrave Frédéric II de Hesse. En novembre, elle est à Mannheim, à l’Auberge du Paon (Gasthof zum Pfau) où elle reçoit la visite de l’Electeur Palatin Carl-Theodor et de sa famille ; en décembre elle est à Strasbourg pour la Foire de Noël. En 1748, elle passe à Berne, Zurich, Bâle, Schaffhouse, Stuttgart,Augsbourg, Nuremberg et Würzburg.

Après un probable retour à Leyde, elle prend la route de la France. En décembre 1748, elle passe à Reims, et est reçue en janvier 1749 par le roi Louis XV à la Ménagerie royale de Versailles. À partir de février, elle passe cinq mois à Paris dans une baraque de la foire Saint-Germain, rue des Quatre-Vents. Le succès est prodigieux et confine au délire, on publie à son sujet des livres, des épigrammes, même une cantatille ; on lance la mode des perruques ou des parures à la rhinocéros. Clara est examinée par Buffon, pose pour le peintre Jean-Baptiste Oudry (son Rhinocéros grandeur nature sera une des vedettes du Salon de 1750, et sert de modèle pour les gravures de l’Histoire Naturelle de Buffon) ; on baptise même Rhinocéros un vaisseau de la Marine Royale lancé à Rochefort en 1751. Fin 1749, Clara s’embarque à Marseille et entreprend une tournée italienne : Naples, dans une baraque près de Castelnuovo, puis Rome en mars 1750, aux Thermes de Dioclétien, cette dernière n’en n’ayant pas abrité depuis 1500 ans avec celui de Philippe l’Arabe). C’est à Rome que, pour des raisons de sécurité sans doute, on lui scie sa corne. Elle passe ensuite en août à Bologne puis en octobre à Milan, dans une baraque de la Piazza Mercanti. En janvier 1751elle arrive à Venise où elle est une des attractions majeures du carnaval le mois suivant, posant pour le peintre Pietro Longhi. Elle aurait rapporté 4000 ducats à Venise, dont son maître Douwe Mout van der Meer aurait reperdu une grande partie aux tables de jeu du Ridotto. Puis, en passant par Vérone, Clara revient à Vienne, pour gagner Londres à la fin de l’année, où le roi et la famille royale viennent l’admirer.

On connaît moins en détail sa tournée dans les années 1752-1758. On signale son passage à Prague, en 1754 à Varsovie, Cracovie et de nouveau à Breslau (Wrocław), en 1755 à Copenhague. En 1758 elle est de retour àLondres, visible pour 6 pence ou 1 shilling au Horse and Groom à Lambeth Market. Elle y meurt âgée de vingt ans le 14 avril 1758.

Dès 1748 Douwe Mout van der Meer propose au public, outre bien sûr le spectacle payant (avec plusieurs classes), toute une gamme de produits dérivés adaptés à toutes les bourses : des gravures de différents formats, des médailles souvenirs fabriquées à Nuremberg en argent ou en bronze, voire (au début de la tournée du moins) des fioles d’urine de Clara censées avoir des vertus curatives.

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Croyance autour de la corne de rhinocéros

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

220px-Nas-HornLeur comportement sexuel les a beaucoup desservis. En effet, contrairement à un grand nombre d’espèces, l’accouplement peut durer plus d’une demi-heure. C’est sans doute pourquoi certains attribuent, sans fondement, des effets thérapeutiques et aphrodisiaques à la corne de rhinocéros broyée, alors que celle-ci est constituée principalement de kératine, une substance banale retrouvée dans les ongles, les cheveux et les sabots.

De tous temps tenue pour aphrodisiaque par les Chinois et les Japonais qui la prennent en infusion, la corne de rhinocéros n’a aucune vertu médicinale mais, à cause de cette croyance, beaucoup de rhinocéros sont tués. En Chine, le kilogramme de poudre de corne de rhinocéros se vend 50 000 USD. Entre 1980 et 1984, le nombre des rhinocéros noirs, autrefois très répandu, a diminué de moitié, probablement à cause de leurs cornes. En 1970, il y avait 70 000 rhinocéros noirs en Afrique, 15 000 en 1981 et seulement 4 200 en 2011, principalement en Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe et Kenya. Mais la population progresse enfin et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère l’espèce comme sauvée. Le rhinocéros blanc se porte mieux avec 18 000 individus, dans le sud de l’Afrique. Pour réduire la chasse, la International Rhino Foundation a mis en place despatrouilles antibraconnage. En 2008, 83 rhinocéros noirs ont été braconnés rien qu’en Afrique du Sud. En 2011, ce chiffre est de 448. En 2012, 668. Elle a aussi entrepris de déplacer des animaux vers des zones très surveillées au Kenya (Parc national de Tsavo East) et au Zimbabwe (à Hwange et à Lemco).

L’accouplement des rhinocéros peut durer une heure et se répéter plusieurs fois par jour. Une telle vitalité, jointe à la forme suggestive de la corne, est peut-être à l’origine de la réputation de puissant aphrodisiaque attribuée à cette dernière, cause principale du massacre, au cours du XXe siècle, de toutes les espèces de rhinocéros. Pourtant, aucune des analyses effectuées sur différents prélèvements de cornes n’a pu mettre en évidence autre chose que de la kératine, la même protéine qui constitue nos ongles et de nos cheveux.

La corne des rhinocéros responsable des massacres

Il y a peu d’exemples, avec celles de l’éléphant, de destructions aussi massives et aussi systématiques que celles des rhinocéros. Aujourd’hui, l’espèce se rencontre essentiellement à l’abri de réserves, de sanctuaires de la vie sauvage ou de zones protégées.

Toutes les vertus prêtées à la corne du rhinocéros viennent de traditions asiatiques. Autrefois, quand les rhinocéros asiatiques étaient plus nombreux, l’« approvisionnement » avait lieu sur place, dans la vallée du Gange ou dans les forêts de la péninsule indochinoise. En raison de la chute des effectifs des rhinocéros en Asie, la chasse s’est étendue aux rhinocéros africains.

Quelles seraient les vertus de cette corne ? De l’Inde à la Chine, on lui prête divers pouvoirs protecteurs, curatifs ou stimulants. Autrefois, les princes indiens se devaient de boire dans une coupe creusée dans la corne d’un rhinocéros. La légende raconte que la coupe se brisait en deux si un ennemi y avait versé du poison. On affirmait également qu’une corne de rhinocéros placée sous le lit d’une femme enceinte facilitait l’accouchement.  Une autre tradition voulait que l’on guérisse une morsure de serpent en plaçant sur la blessure un petit morceau de corne.

L’urine de l’animal aurait aussi des pouvoirs : un petit flacon accroché à l’entrée d’une maison protègerait les habitants contre les mauvais esprits, les fantômes et les maladies. Sachant cela, les guérisseurs continuent aujourd’hui de recueillir l’urine en se servant là où il est facile de se la procurer, c’est-à-dire auprès des soigneurs des jardins zoologiques népalais et indiens — une tradition qui, elle, n’a aucune conséquence négative sur l’espèce.

Toutes ces pratiques, qui ne donnaient pas lieu à des massacres en règle, ont permis pendant longtemps la cohabitation du rhinocéros et de l’homme. Il n’en va pas de même depuis que la corne est vendue comme aphrodisiaque. Cette vertu illusoire est à l’origine d’une véritable flambée du marché (à titre illustratif, à la fin des années 1980, le kilogramme de corne se vendait environ 16 000 dollars).

Croyance autour de la corne de rhinocéros dans RHINOCEROS 220px-Rhinoc%C3%A9ros_de_Louis_XVUn commerce d’un autre type existe au Yémen. La corne, entière cette fois, est richement décorée et utilisée comme étui du poignard traditionnel, le jambia. La raréfaction des animaux a entraîné un envol des prix qui n’a pas découragé la riche clientèle yéménite. Le braconnage africain n’en a été que plus actif.

Aujourd’hui, en dépit des approvisionnements rendus de plus en plus difficiles par la baisse des effectifs des rhinocéros et par l’interdiction totale, à l’échelle internationale, du commerce de leurs cornes, le braconnage persiste, en raison des sommes exorbitantes pouvant être obtenues en Asie, notamment au Népal, pour la corne de rhinocéros (une seule corne peut se monnayer plusieurs dizaines de milliers de dollars).

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Caractéristique du rhinocéros

Posté par othoharmonie le 6 décembre 2014

 

Diceros_bicornis_2006_09_cAux temps préhistoriques, les rhinocéros avaient parfois une tout autre apparence que leurs représentants actuels.

Les rhinocéros géants ont été avec Paraceratherium (connu également sous le nom de Baluchitherium et d’Indricotherium) les plus grands mammifères terrestres connus de tous les temps. Ils avaient un long cou, étaient dépourvus de corne et vivaient pendant l’Oligocène (-30 millions d’années).

Les premiers parents connus des rhinocéros sont des fossiles de l’Éocène supérieur. Ces Amynodontidae étaient déjà aussi grands que les rhinocéros actuels, mais n’avaient pas de corne et se nourrissaient probablement de plantes aquatiques (d’où leur nom allemand « Wassernashörner » littéralement : rhinocéros d’eau).

Les véritables rhinocéros (Rhinocerotidae) se sont séparés en deux lignées : les Elasmotheriinae dont le genre le plus connu Elasmotherium vivait encore à la dernière période glaciaire et se distinguait par une corne immense, longue de 2 m, et les Rhinocerotinae avec les trois genres mentionnés plus haut. Les hommes préhistoriques de l’Ouest européen ont côtoyé 4 espèces de rhinocéros qui avaient survécu à trois glaciations, mais qu’elles ont sans doute contribué à faire disparaître.

Le rhinocéros laineux de l’ère glaciaire est rangé parmi les Dicerorhinini, il est donc apparenté aux rhinocéros de Sumatra.

La principale caractéristique visible des rhinocéros, ce sont leurs cornes sur le nez. Selon l’espèce il y en a une ou deux. Chez les rhinocéros fossiles, on trouve aussi des espèces dépourvues de corne. La corne avant pousse sur l’os nasal, la corne arrière (quand elle existe) sur l’avant du crâne. Malgré leur dureté, les cornes ne se composent pas d’une substance osseuse, mais de kératine agglutinée, une protéine fibrillaire que l’on trouve aussi dans les cheveux. La plus grande corne connue mesurait 1,58 m.

Dans certaines cultures de l’Asie orientale, on utilise la corne de rhinocéros pour en faire des sculptures, des coupes libatoires notamment. Les supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques attribués à la corne broyée et la mode des poignards en corne de rhinocéros dans les classes supérieures du Yémen, comme marque de standing et symbole de virilité, ont favorisé leur trafic sur le marché noir et le braconnage d’espèces pourtant en voie de disparition.

On distingue la corne de rhinocéros des autres cornes grâce à l’existence de poils sur la corne, d’un intérieur qui est plein contrairement à l’ivoire qui est creux. Les cornes de rhinocéros possèdent une couleur généralement sombre qui peut virer au marron clair selon les cornes.

Les rhinocéros ont un corps massif et des jambes grosses et courtes. Chaque pied a trois doigts se terminant chacun par une sorte de petit onglon, d’où l’empreinte caractéristique en feuille de trèfle. La peau est épaisse et de couleur grise ou brune. Chez les espèces asiatiques, la peau au début du cou et des jambes est si plissée qu’elle donne l’impression d’un blindage.

Les rhinocéros ont une capacité visuelle faible, mais cet inconvénient est compensé par un odorat subtil et une très bonne audition.

Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d’une musculature impressionnante, qui leur permet de courir très vite si nécessaire, jusqu’à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.

Les mâles ne possèdent pas de scrotum : les testicules se trouvent à l’intérieur du corps.

Les rhinocéros vivent normalement en solitaires mais, dans la savane, on peut parfois voir de petits troupeaux.

Ils sont à la fois polygames et polyandres. Mâles et femelles ont plusieurs partenaires.

Si une femelle est en chaleur, les mâles peuvent en venir à se battre. Le vainqueur fait sa cour à la femelle de façon curieuse : il marque son territoire avec son urine et ses déjections, faisant tourner sa queue à la manière d’un ventilateur pour épandre sur une plus grand surface ; en outre, les deux partenaires se pourchassent et se battent l’un contre l’autre avant l’accouplement.

Après une gestation de 15 à 18 mois naît un petit qui peut rester deux ans et demi avec la mère. Il suit sa mère comme son ombre. Celle-ci est alors spécialement agressive et le défend même contre les membres de son espèce mais à la naissance du suivant, elle le chasse.

Dans la journée les rhinocéros dorment, ils sont surtout actifs au crépuscule et la nuit.

Ce sont des animaux craintifs qui évitent les hommes. C’est lorsqu’ils se sentent menacés qu’ils attaquent. Très rares, ces attaques peuvent parfois occasionner de graves blessures en raison de la puissance de l’animal et du danger que représente la corne.

Des rhinocéros sont souvent accompagnés par des oiseaux du genre pique-bœufs qui se perchent sur leur peau et les nettoient des parasites ou hérons gardes-bœufs qui chassent les insectes dérangés au sol par le passage de l’animal. Dans des cas assez rares, les jeunes rhinocéros peuvent être une proie d’opportunité pour de grands félins comme le lion. En revanche, les rhinocéros adultes n’ont aucun ennemi si ce n’est l’homme.

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