L’AIGLE BLANC, emblème POLONAIS

Posté par othoharmonie le 15 novembre 2014

 

200px-Coat_of_arms_of_Poland-official3Tout commence à GNIEZNO, première capitale de la Pologne.

C’est dans cette bourgade de l’Ouest de la Pologne, près de Poznan, que Mieszko 1er, Chef de la tribu des Polanes, a fondé la nation polonaise, en unissant plusieurs tribus slaves.

Et que signifie « Gniezno » ? Dans toutes les langues slaves, ce mot signifie « le nid » – même si en polonais, ce mot a un peu évolué en « Gniazdo ».
Il est donc question de nid. Un nid d’aigles, si l’on s’en réfère au récit des premiers chroniqueurs de la Pologne.  C’est à Gall l’Anonyme, moine du XIème siècle – sans doute venu de France – installé sur le territoire de la Pologne, que l’on doit les premiers récits , écrits en latin,  de l’histoire polonaise (avant que Wincenty Kadlubek puis l’historien Jan Dlugosc ne prennent la relève).
Et c’est dans les « Chroniques polonaises » de Marcin Bielski (Kronika Polska) que l’on lit ceci :

« Lech, notre premier ancêtre, a créé la ville de Gniezno, ainsi qu’un château et un lac.

Et il l’a appelée Gniezno, car il y a vu quantité de nids d’aigles sur un arbre. Alors, il a ordonné que sur ses étendards apparaisse un blason représentant l’aigle blanc ».

(Lech était, selon la légende, le grand-père du roi Mieszko). Cette légende a été reprise en vers par le poète Waclaw Potocki au 17ème siècle :

Meznych obaczy orlow, a oni gromada
Przyleciaswszy po  wszystkich drzewach gniazda klada
Toz gniazda wziawszy pochop, pod tymiz tytuly
Miasto Gniezno zaklada…

Quant au lac de cette légende, le poète romantique Slowacki au 19ème siècle l’évoque à son tour. Dans sa pièce « Baladyna », il situe les évènements aux temps proto-slaves, appelant le lac « Goplan ». Il y fait même intervenir dans le récit  la déesse du lac « Goplana ».

Cet emblème de l’aigle, adopté depuis un millénaire, est confirmé par des pièces de monnaie très anciennes retrouvées ; elles datent de l’époque de Boleslaw le Vaillant, le fils de Mieszko 1er (vers  l’an 1000). Sur cette pièce figure l’aigle. De la même époque date une amulette retrouvée par des archéologues à Wolin près de la Baltique. L’aigle y figure aussi, les ailes refermées.

Ce n’est qu’après la dynastie des Piast, quand règne la dynastie des Jagiellon, qu’on représente l’aigle les ailes déployées.
Depuis, c’est ainsi qu’il a figuré sur l’étendard des armées de Pologne et de Lithuanie à la bataille de Grunwald, lorsqu’elles remportèrent une éclatante victoire sur les chevaliers teutoniques, marquant la fin de l’invasion de l’Ordre sur les territoires septentrionaux de la Pologne. :

« L’aigle blanc sur fond rouge a les ailes déployées, le bec entr’ouvert et une couronne sur sa tête ».

L’emblème a, depuis, été présent sur les étendards rouge et blanc, durant toutes les batailles, accompagnant Jan Sobieski dans ses brillants combats contre les Turcs à Vienne, Tadeusz Kosciuszko dans sa rage à défendre l’indépendance de la Pologne vouée au partage, puis dans les troupes polonaises combattant au sein de l’armée napoléonienne. Et lorsque la Pologne fut rayée de la carte, il fut l’emblème des Polonais en exil.

Le grand roi Zygmunt-August, qui avait assuré au 16ème siècle, le « siècle d’or de la Pologne », avait fait représenter l’aigle blanc sur ses tapisseries ornant les murs du château de Wawel, heureusement retrouvées.

Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands firent tomber du Wawel et de tous les édifices publics l’emblème polonais ; il fut foulé aux pieds et brûlé, comme furent brûlés par les nazis les livres représentant la brillante Culture polonaise.

Après la guerre, cependant, la Pologne communiste reprit l’emblème de l’aigle blanc sur les drapeaux. A noter toutefois, que l’oiseau perdit provisoirement sa couronne, en symbole de la démocratie populaire succèdant aux régimes nobiliaires. Poétiquement, « l’aigle a enlevé sa couronne pour la déposer aux pieds du peuple polonais ».

Il a retrouvé maintenant sa couronne.
Pour tout ce qu’il a vécu depuis l’époque des premiers Piast, on peut lui tirer notre chapeau, à cet aigle blanc couronné, en rappelant ces paroles du chant « Warszawianka » :

« Lec, nasz orle, w gornym pedzie,
Slawie, Polsce, swiatu sluz !


(Vole, notre aigle, dans les hauteurs,
Pour servir la gloire, la Pologne et le monde !)

 

Issu du site https://pologneimmortelle.wordpress.com/2012/05/06/laigle-blanc-et-autres-emblemes-de-pologne/

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