Le  » Dreamtime  » ou  » Temps de Rêve « 

Posté par othoharmonie le 8 juin 2014

 

téléchargement (6)Depuis quelques cinquante millénaires, les Aborigènes furent les seuls habitants des immensités australes. A l’arrivée des Britanniques blancs, les hommes « bruns » se trouvaient divisés en 350 tribus totalisant entre 350 000 et 500 000 individus.

L’organisation sociale aborigène était celle d’une société hautement évoluée qui assurait à ses membres une grande sécurité économique, sociale et psychologique, parfaitement adaptée aux besoins de chacun. L’ordre et la loi étaient maintenus sans chef véritable, par un réseau de réciprocités économiques et morales fondées sur un système de relation de parenté parfois complexe et débordant largement celle de la simple parenté consanguine.

Ce peuple vivait une étroite symbiose avec la terre sur le plan économique mais aussi spirituel. Dans le grand mythe d’origine, le Dreamtime, le passé, le présent et l’avenir, l’homme et tout ce qui fait l’univers visible et invisible, matériel et immatériel, s’articulent dans un système de croyances complexes qui s’expriment par le biais d’une abondante littérature orale, du chant et de la danse.

Au coeur de ce système, on trouve le totémisme. Cette croyance en une relation de parenté entre chaque être humain et tout ce qui participe à la Création agit comme principe d’organisation et d’identification tant individuelle que collective : la personne (ou le groupe) ayant telle espèce d’animal ou de plante pour totem est soumise à un ensemble d’obligations et d’interdits liés à cette espèce ; elle est en quelques sorte responsable de son bien-être et de sa pérénnité. Ainsi, le totémisme exprime et explique à la fois le grand respect des Aborigènes à l’égard de la nature en son entier. Animaux, plantes, sources, montagnes, rochers, etc., jusqu’au simple caillou, sont investis d’une valeur spirituelle liée aux mythes fondateurs, au Temps de Rêve. Ce temps de Rêve est un concept fondamental de la religion aborigène, un temps cosmique sans commencement ni fin, dans lequel le présent, le passé et le futur coexistent.

Avant, le monde était informe, une masse molle et mal équilibrée. Le premier, Warramurrungundji est sorti de la mer pour donner naissance aux êtres humains. Il a été suivit par d’autres esprits, qui ont sculpté le relief de la terre, jusqu’alors plate. Ginga, l’ancêtre crocodile, a façonné les contrées rocheuses. Gandajitj, le kangourou géant, a creusé les dépressions. Almudj, le serpent arc-en-ciel, a engendré les alignements des collines.

Une fois leurs actes créateurs terminés, les grands esprits ancestraux sont apparus en rêve aux premiers être humains pour leur indiquer en détail les itinéraires de pélerinage de ces « Sites de Rêve ». Voyant leur vie comme un voyage en quête de leurs ancêtres, les Aborigènes allaient de site en site (walkabout) suivant ces chemins préétablis appelés « songlines« . Lors de ce parcours initiatique, ils chantaient des airs du Dreamtime adaptés à chaque lieu – colline, source ou rocher – car les esprits demeurent à jamais dans ce qu’ils ont créé.

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