La Chèvre, Emblème du Chrétien

Posté par othoharmonie le 11 mai 2014

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Dans l’art des Catacombes de Rome, la chèvre apparaît souvent dans un rôle purement décoratif, ne servant, semble-t-il, qu’à animer un paysage plus ou moins complètement désert. Mais il n’en est pas de même quand elle se trouve avec les brebis et les béliers autour du Pasteur gardant son troupeau comme c’est le cas sur une des grandes fresques de la catacombe de Domitille, à Rome ; ou encore quand elle est représentée de chaque côté du Bon-Pasteur, comme sur une autre peinture des cryptes des saints Pierre et Marcellin. 

Aucun doute n’est permis : la chèvre, en ces deux occurrences, est l’image du fidèle. De même sur une urne de Pesaro, qui est du VII° siècle et probablement d’utilisation baptismale, deux chevrettes gazelles, et non deux cerfs comme Martigny l’a cru’, boivent dans une même vasque, emblème du Baptême ou de l’Eucharistie. (Fig. IV). 

Dans la catacombe romaine dite « Cimetière de Priscille », le Bon-Pasteur porte sur ses épaules, non la brebis perdue, mais une chèvre, image, sans doute, de l’âme égarée dans les vices impurs que cet animal symbolisait chez les Anciens, et pour lesquels le Sauveur a, comme pour tous les autres égarements humains. Des réserves infinies de miséricorde. Aux pieds du Pasteur, brebis et chèvre se sont tournées vers lui. Et, dans la catacombe de la Voie Lavicane, la chèvre apparaît encore comme l’emblème du pécheur réconcilié. 

Pierre Le Picard en son Bestiaire fait aussi de la chèvre l’image du fidèle quand il applique, au Seigneur Jésus la parole d’Amos : Je n’ière mie fils de prophète, mais paistre de chièvres A ce que Crampon traduit plus littéralement du texte hébreux : « Je ne suis point fils de prophète, mais bouvier, et je cultive les sycomores » (Amos 7,14). 

Les Bestiaires et les mystiques du temps de Pierre Le Picard sont mieux inspirés quand ils accordent emblématiquement à l’âme sainte, comme ils l’ont fait par ailleurs à Jésus-Christ, le privilège d’incomparable vue que les naturalistes antiques attribuaient à la chèvre. 

Ainsi, disaient-ils, que la chèvre sent accroître ses facultés visuelles à mesure qu’elle s’élève plus haut sur la montagne, de même, plus l’âme monte vers Dieu, plus elle se rapproche des célestes sommets par l’union spirituelle au Christ et la pratique : non commune des vertus, plus elle sent augmenter en elle sa puissance de pénétration des sciences spirituelles et ses facultés intuitives qui lui ouvrent des horizons sur les domaines que Dieu ne révèle qu’à ceux qui font effort pour s’exhausser vers lui.

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