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Mythes du Capricorne

Posté par othoharmonie le 20 avril 2014

 

 

images (9)Capricorne et chèvre ont une étymologie commune dans la latin capra, le féminin de caper qui signifie bouc. Toutefois, ce n’est pas le bouc qui a été choisi pour symboliser le signe du Capricorne, mais bien la chèvre cornue. Selon la légende de la mythologie grecque se rattachant à l’enfance de Zeus – Jupiter, c’est Amalthée, figurée par une chèvre nourricière, qui l’avait allaité et élevé sur l’île de Crête, afin de le soustraire aux recherches de Cronos – Saturne, son ogre de père, qui dévorait ses enfants.

Pour les Grecs, la chèvre, qu’ils nommaient plus simplement Aïx, était une créature effrayante, créée par Hélios, le Soleil. Quand Zeus fut devenu adulte, et qu’il lutta contre les Titans, il se confectionna une armure avec la peau de cette chèvre mythique. Cette armure devint l’Égide, le bouclier de Zeus, forgé par Héphaïstos – Vulcain, le dieu du feu, dont il fit don à Apollon, puis à Athéna – Minerve, sa fille, la déesse de la guerre. La tête de la Gorgone Méduse, entourée de serpents, objet d’épouvante et d’effroi, figurait au centre de ce bouclier magique, rendant invulnérable celle ou celui qui le dressait devant lui.

Enfin, en gage de reconnaissance, Zeus fit don d’une corne de chèvre à Amalthée, sa nourrice, en lui promettant qu’elle se remplirait éternellement de toutes les fleurs et de tous les fruits de la terre. C’est ainsi que Zeus – Jupiter créa la corne d’abondance. On trouve dans cette légende mythique relative à Amalthèe et Zeus – Jupiter, tous les symboles figurant dans la représentation du signe du Capricorne.

En effet, ce signe apparaît fréquemment sous l’aspect d’un animal hybride, chèvre à queue de poisson, ou de monstre marin, ou sous celui d’une chèvre dont l’arrière train figure une corne d’abondance. Dans le premier cas, il s’agit de la chèvre, que l’on pourrait dire athénienne, en analogie avec la partie de la légende se rattachant à Athéna et à son bouclier au centre duquel se trouve la tête de la Gorgone Méduse. Ici figure symboliquement le principe d’autodéfense du signe du Capricorne. En effet, l’aspect horrible et terrifiant de la Gorgone Méduse, pétrifiait ceux qui la voyaient.

Or la lucidité des natifs du Capricorne est parfois terrifiante de réalisme, et implacable par sa logique incontournable. Toutefois, si la chèvre est parfois pourvue d’une queue de poisson, c’est aussi pour évoquer les qualités spirituelles propres à ce signe. La queue de poisson symbolise les eaux nourricières d’où l’être est sorti pour s’élever au plus haut degré spirituel, à l’instar de la chèvre qui vit à flanc de montagne. Dans le deuxième cas, la chèvre à queue en forme de corne d’abondance, nous renvoie au don que fit Zeus à Amalthée.

Nous sommes dès lors en présence des richesses potentielles que contient ce signe coïncidant avec la période de l’année où la terre, vue de l’extérieur, semble stérile, mais qui contient en son sein les graines qui ont été semées, qui sont bien sûr les promesses d’une récolte abondante, et dont ce signe est le gardien.

En effet, le Soleil entre dans le signe du Capricorne à l’instant où se produit solstice d’hiver, c’est-à-dire la nuit la plus longue de l’année, qui est, symboliquement, l’avènement de la renaissance du Soleil et du jour. Ce n’est pas un hasard si ce jour fut celui, réel ou mythique, de la naissance de Jésus, et s’il fut considéré longtemps comme le premier jour de l’année avant que, arbitrairement, et pour des raisons plus économiques, que spirituelles, cette fois, il fut décidé que celle-ci commencerait quelques jours plus tard et systématiquement, le 1er janvier.

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Cortèges de Bacchus, mythes des caprins

Posté par othoharmonie le 20 avril 2014

 

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Mythes et rites autour des caprins

Bien qu’ils soient évidemment de la même « famille », il convient de considérer séparément le symbolisme de la chèvre, du bouc et du chevreau, auxquels les mythologies ont prêté des valeurs différentes: liens  à visiter…..

 

 

le bouc

la chèvre

le chevreau

Les cortèges de Bacchus étaient fort nombreux. Sans compter Silène et les Bacchantes, on y remarquait des nymphes, des satyres, des bergers, des bergères, et même le dieu Pan. Tous portaient le thyrse enlacé de feuillage, des ceps de vigne, des couronnes de lierre, des coupes et des grappes de raisin. Bacchus ouvre la marche, et tout le cortège le suit, en poussant des cris et faisant retentir de bruyants instruments de musique.

Les Bacchantes ou Ménades étaient primitivement les nymphes ou les femmes que Bacchus avait emmenées avec lui à la conquête des Indes. Plus tard, on désigna de ce nom des jeunes filles qui, simulant un transport bachique, célébraient les Orgies ou fêtes de Bacchus par une attitude, des cris et des bonds désordonnés. Elles avaient les yeux hagards, la voix menaçante : leur chevelure flottait éparse sur leurs épaules nues.

On lui immolait la pie, parce que le vin délie les langues, et rend les buveurs indiscrets ; le bouc et le lièvre, parce qu’ils mangent les bourgeons de la vigne. Parmi les oiseaux fabuleux, le phénix lui était consacré ; parmi les quadrupèdes, la panthère ; et parmi les arbres, la vigne, le lierre, le chêne et le sapin.

Ce dieu avait, en Arcadie, un temple où l’on flagellait cruellement les jeunes filles devant ses autels.

Il est parfois nommé Liber (Libre), parce que le dieu du vin délivre l’esprit de tout souci ; Evan, parce que ses prêtresses, dans leurs orgies, couraient de tous côtés en criant : Evohé ; Bacchus, dérivé d’un mot grec qui signifie « crier », allusion aux cris des bacchantes ou des grands buveurs. Il porte encore d’autres surnoms empruntés à son pays d’origine ou aux effets de l’ivresse : Nysæus, de Nysa, Lyæus, qui chasse le chagrin, Bromius, bruyant, etc.

Les orgies ou bacchanales étaient célébrées primitivement par des femmes, dans les bois, les montagnes, au milieu des rochers. Elles affectaient un caractère mystérieux. Plus tard, elles admirent des personnes des deux sexes à leur célébration. Il en résulta souvent d’infâmes désordres.

À Athènes, les fêtes de Bacchus, les Dionysiaques, se célébraient officiellement avec plus de pompe que dans tout le reste de la Grèce. C’était le premier archonte qui y présidait. Les principales cérémonies consistaient en processions où l’on portait des thyrses, des vases remplis de vin, des couronnes de pampre, et les principaux attributs de Bacchus. Des jeunes filles, appelées canéphores, portaient sur leurs têtes des corbeilles dorées, pleines de fruits d’où s’échappaient des serpents apprivoisés qui terrifiaient les spectateurs. Dans le cortège figuraient aussi des hommes travestis en Silènes, Pans et Satyres qui faisaient mille gestes bizarres, mille gambades, simulant ainsi les folies de l’ivresse. On distinguait les grandes et les petites dionysiaques : celles-là se célébraient vers le mois de février, celles-ci en automne. À l’occasion des dionysiaques, on instituait non seulement des courses, des luttes, des jeux, mais encore des concours de poésie et de représentations dramatiques.

À Rome, on célébrait, en l’honneur de Bacchus ou Liber, des fêtes dites Libérales. Dans ces fêtes très licencieuses, les dames romaines ne rougissaient pas de tenir des propos indécents, et de couronner les moins honnêtes représentations du dieu. L’an 558 de la fondation de la ville, le sénat rendit un décret pour remédier à cette licence, remède inefficace, les coutumes ou les mœurs étant plus fortes que les lois.

Chose remarquable, on lui faisait, ainsi qu’à Mercure, des libations avec du vin coupé d’eau, tandis que les libations se faisaient aux autres dieux avec du vin pur.

Le culte de Bacchus ou Dionysos fut introduit assez tard dans la religion grecque ; il est du moins bien postérieur à celui des grands dieux proprement dits ; il semble avoir été importé en Grèce de la Haute Asie ou peut-être de l’Égypte. En tout cas, si Bacchus apparut tardivement, il n’en eut pas moins d’adorateurs.

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Le chant du bouc

Posté par othoharmonie le 20 avril 2014

 

images (8)Le « chant du bouc » (en grec trag-ôdia ) est à l’origine du nom de la « tragédie », très probablement parce que ce type de « chant » accompagnait les rituels dionysiaques. En effet, le dieu Dionysos s’était métamorphosé en bouc pour échapper à Typhon, pris d’une furie destructrice.

La réputation du bouc souffre fort de son odeur, de sa saleté, et de sa sexualité effrénée, qui en fait l’image même de l’érotisme brutal, de la fornication bestiale, de la luxure et de la lascivité sans réserve. Au premier siècle avant notre ère, Horace le qualifiait déjà de « libidinosus », libidineux, et Pline l’Ancien affirmait que les boucs « commencent à s’accoupler à partir de sept mois, quand ils tettent encore » (HN VII, lxxvi) ! Quant à Columelle, auteur d’un traité d’économie rurale (De re rustica), en douze livres il expose, au premier siècle de notre ère, que « le bouc est assez propre à la génération à l’âge de sept mois, puisqu’il est si peu modéré dans ses désirs qu’il viole sa mère en même temps qu’il la tette : aussi vieillit-il promptement, et avant d’être parvenu à l’âge de six ans. C’est pourquoi, pour peu qu’il ait cinq ans, on le regarde comme peu propre à couvrir les femelles » (col. VII, 6, 3-4). Les grecs anciens avaient du reste un verbe, tragízô, de la famille de trágos « bouc, libertinage », et signifiant « avoir l’odeur ou la lubricité du bouc », « être dans l’âge de la puberté », ou « muer [de la voix] ». Et le mot tragomáskalos, littéralement « dont l’aisselle sent le bouc », s’appliquait tout à la fois aux débauchés, et aux gens dotés d’une forte odeur corporelle. Un cas unique dans la mythologie est celui d’Attis, enfant abandonné qui fut élevé par un bouc selon certaines versions, ou nourri au « lait de bouc » (!) selon d’autres, ce qui lui valut son nom, dérivé du terme phrygien désignant le bouc, attagus.

 Mais cette fureur génésique du bouc fut d’abord considérée très positivement, comme la marque d’une contribution utile à la fertilité générale. La libido du bouc est telle qu’on dit, depuis l’Antiquité (notamment Pindare), qu’elle le pousse à tenter de s’accoupler – ô scandale ! – avec des femmes. Dans la mythologie grecque, le dieu du pouvoir procréateur universel, à savoir Pan, au torse et à la tête humaine, mais aux oreilles, cornes, et partie inférieure du corps de bouc, est né, durant l’absence d’Ulysse, des amours de Pénélope et d’Hermès (ou de Zeus) – lequel alors avait pris la forme d’un bouc. Et c’est également un bouc qui était offert lors de la fête quinquénale des Brauronies, en l’honneur d’Artémis.

Certains écrivent encore que les habitants de la ville égyptienne de Mendès  vénéraient un tel animal, conservé dans un temple où on lui présentait régulièrement des hiérodules, c’est-à-dire des femmes spécialisées dans son culte, lequel comprenait éventuellement l’union avec l’animal sacré… mais c’est là répéter une erreur d’Hérodote, puisque l’animal vénéré à Mendès était en realité un bélier. Il est vrai par contre qu’à Rome, au cours de la fête des Lupercales, les femmes étaient rituellement fouettées avec des lanières en peau de bouc ou de chèvre, afin d’assurer leur fertilité.

Le caractère combatif, agonistique, du bouc le prédisposait à être l’incarnation de Verethragna, homologue iranien de l’Indra Vritrahan de l’Inde ancienne, et dieu combattant du mazdéisme, dont le nom dérive de verethrâgan « celui qui frappe l’obstacle ».

Le seizième chapitre du Lévitique, décrit minutieusement le rituel suivant lequel, au jour dit des Expiations, le grand prêtre recevait rituellement deux boucs : l’un était sacrifié, et l’autre, chassé rituellement, était le fameux « bouc émissaire » (caper emissarius), chargé d’emporter au loin les péchés des hommes. Et le Lévitique condamne, non pas le bouc, mais les personnes qui ont commerce avec lui : « Ils n’offriront plus leurs sacrifices aux boucs avec lesquels ils se prostituent ». Du reste, puisqu’il se charge des péchés de l’humanité, le bouc émissaire peut être considéré comme une préfiguration du Christ. Saint Paul, qui écrivait au cours du premier siècle, estima donc que le sang du Christ a remplacé celui des boucs sacrifiés (Héb. 9, 12-14) et bien plus tard, saint Bernard (ayant vécu de 1091 à 1153) dira que « ce nom de Bouc s’applique justement au très bon Jésus, quoique le bouc soit un animal immonde ».

Pendant l’office de Yom Kippur (« Jour du pardon »), le grand prêtre du temple de Jérusalem tirait au sort entre deux boucs, l’un qui devait être sacrifié, et l’autre envoyé à Azazel, dans le désert. Ce nom d’Azazel a été diversement interprété : pour les uns il s’agirait d’une falaise du sommet de laquelle le bouc émissaire était précipité, pour d’autres il résulterait de la combinaison des noms de deux anges déchus et corrompus : Uza et Azaël. Il reste qu’en hébreu moderne, l’expression « va à Azazel ! » équivaut à notre « va au diable ! »

Le souvenir du bouc émissaire prenant sur lui les péchés d’autrui a peut-être en partie motivé la coutume poitevine de mettre un bouc dans les étables au prétexte – disaient les paysans – que les miaspes et germes d’épidémies se concentrent sur eux, et de ce fait épargnent le gros bétail ; mais entre les deux guerres, René Charbonneau-Lassay a plusieurs fois vérifié que lors de épidémies de fièvre aphteuse « la présence du bouc dans les étables n’empêchait nullement les animaux de mourir. Néanmoins, l’épidémie passée, le paysan remplaçait simplement son bouc par un autre, en prétendant que le premier était dégénéré » (1940 : 183).

Mais de ce bouc rédempteur et non coupable, le christianisme a fait le symbole de la culpabilité, et y a vu l’incarnation du Mal. À partir du XIIe siècle, l’animal innocent, mais chargé de péchés, est progressivement devenu l’image même du Mal. Aussi le diable est-il régulièrement doté, dans l’iconographie, de pattes, de cornes et d’oreilles de bouc, à l’instar de l’ancien Pan. On prétend alors que le bouc est la monture favorite des sorcières, et les clercs s’accordent à dire que c’est sous la forme de cet animal que Satan préside au Sabbat des sorcières, et qu’il possède charnellement ces dernières. Il est vrai que dans l’Ancien Testament déjà, le mot « bouc » intervenait avec une connotation péjorative, puisqu’il était utilisé pour surnommer des oppresseurs que YHVH menaçait de frapper (Zacharie 10, 3). L’agneau, le mouton, la brebis représentant le chrétien, les caprins auxquels ils s’opposent figureront les juifs, et l’encyclopédiste médiéval Raban Maur, qui avait déjà écrit que le bouc est « obscène et effronté… toujours porté au coït » (« Hircus, lascivum animal et petulum, et fervens semper ad coitum… »), ajoutera donc, au IXe siècle, que le nom de cet animal sert à désigner les hommes semblablement portés sur la chose, mais aussi les pécheurs en général, les païens, et… les juifs !

Une autre invention, également destinée à discréditer une communauté finalement peu appréciée de l’Église, est celle qui fit des templiers – accusés d’homosexualité – des adorateurs du Baphomet, figure de bouc satanique, et la psychanalyse a brodé sur cette symbolique, puisque Carl Jung a cru voir dans cet animal un symbole du penchant de l’homme pour la sodomie !

Dans la symbolique ésotérique, on a opposé l’ « étoile pentagrammatique de la spiritualité », blanche et à cinq branches dont l’une regarde le ciel, à l’« étoile noire déchue » dont les deux pointes du haut sont les cornes, les deux latérales les oreilles, et celle du bas la barbe… du bouc.

Si l’usage du bouc comme symbole pour stigmatiser les juifs a heureusement disparu, la réputation sulfureuse du bouc lui est restée, notamment en matière de sexualité. On accuse ainsi cet animal de laisser couvrir ses chèvres par d’autres boucs dans une totale indifférence et sans laisser paraître aucune jalousie… cela fait même l’argument du proverbe italien qui dit : «  E Meglio essere geloso che becco  (« il vaut mieux être jaloux que bouc »). De même, en espagnol, on traite le cocu de cabrón (« bouc ») s’il est consentant, et Covarrubias écrit que « traiter quelqu’un de “bouc”, en tout temps et en tout pays, c’est lui faire affront. Cela équivaut à le traiter de “cornard”, homme à qui sa femme n’est pas fidèle, tout comme la chèvre qui se laisse monter par tous les boucs » (Mariño Ferro 1996 : 86). Mais tout cela est contredit par l’un des contes que narre Élien au deuxième siècle de notre ère, conte justifiant l’aspect physique du dieu Pan par le fait qu’il serait né des amours d’un berger avec une chèvre :

« Un tout jeune adolescent, berger de son état et nommé Crathis, possédé par un violent désir sexuel, avait des relations avec la chèvre la plus belle de son troupeau. Il prenait plaisir à copuler avec elle et allait la chercher chaque fois qu’il avait besoin de satisfaire son désir, et il la traitait comme une amante. C’était au point que le berger amoureux apportait à l’amante en question tous les cadeaux qu’il pouvait se procurer, et il lui donnait à manger des rameaux de toute beauté, parfois de cytise, et souvent d’if ou encore de lentisque, pour imprégner sa bouche d’odeurs qui lui étaient agréables, pour le cas où il voudrait l’embrasser ; il alla même jusqu’à lui ménager, pour son sommeil, une couche raffinée et moelleuse comme on en prépare une à sa fiancée. Bien sûr, le bouc qui était à la tête du troupeau voyait tout cela d’un très mauvais œil, et la jalousie s’insinuait en lui. Il dissimula pourtant un certain temps sa colère et guetta le moment où l’enfant serait assis et assoupi. Alors le bouc lui donna un coup de tête de toutes ses forces et lui fracassa le sommet du crâne. Ces événements parvinrent aux oreilles des habitants du lieu qui dressèrent à l’enfant un tombeau magnifique et donnèrent son nom au fleuve, qu’ils appelèrent Crathis. De l’union qu’il avait eue avec la chèvre naquit un marmot, qui par ses jambes, était une chèvre et par son visage un homme. L’histoire veut qu’il ait été divinisé et qu’on l’ait adoré comme un dieu des forêts et des vallons. Le bouc enseigne que la jalousie fait également partie des passions animales » (livre VI, n° 42).

Et l’on a vu plus haut que Columelle a tenté de résoudre ces contradictions en expliquant que le bouc, se livrant trop jeune à des excès, devient impuissant avant l’âge de six ans, et que son absence de jalousie à partir de cet âge, loin d’être une vertu, serait commandée par son incapacité à pouvoir faire autrement.

Mais quoi qu’il en soit de ces affirmations, le bouc a toujours conservé son aura libidinale et repoussante… À la toute fin du XVIIe siècle, l’héraldiste Marc Vulson de la Colombière s’étonnait ainsi de ce que certains portent l’image de cet animal sur leurs armoiries : « Quant au bouc, il dénote toute sorte de luxure et de méchanceté, les peintres le contrefont toujours avec des cornes ; ne pouvant au reste imaginer quelle raison ont eu ceux qui ont pris ces animaux pour leurs Armes, sinon qu’ils voulussent donner à entendre qu’ils avoient dompté leurs passions, ou bien qu’ils avoient défait quelque ennemi méchant et taché de mesmes vices que le Bouc et la Chèvre » (1699 : 299).

source : http://public.terredeschevres.fr/1_PRINCIPAL/1_1_terre/Histoire/Histoire_01mythes.html

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