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L’hippopotame et le philosophe

Posté par othoharmonie le 11 avril 2014

 

 

Tu veux aller vers l’infini, tourne-toi d’abord de tous côtés dans le fini.
Goethe

téléchargement (6)Ce titre fait écho à une savoureuse chronique radiophonique du professeur Théodore Monod, membre de l’Institut, “Un mythe moderne: la terre ferme”, recueillie dans L’hippopotame et le philosophe, Actes Sud, 1993. Le philosophe, en l’occurrence, c’est Schweitzer découvrant, à la vue d’un troupeau d’hippopotames sur l’Ogooué, la formule du Respect de la Vie(Ehrfucht vor dem Leben).

Albert Schweitzer éleva la voix pour dénoncer une église avec des frontières et des dogmes solides, une église tentée de se substituer au Royaume de Dieu, au lieu de le servir. Il entendait par là que le protestantisme ne pouvait devenir une voie (et une voix) vivante(s) pour le générations successives que « surgissent constamment des penseurs qui, dans l’esprit de Jésus, mais en tenant compte du monde où ils vivent, transforment la foi en connaissance »(1). Partout où le protestantisme se contente d’être une foi traditionnelle, il perd toute relation avec la vie spirituelle du moment, et toute faculté d’adaptation. Dès que cesse le débat entre la tradition et la pensée, la sincérité chrétienne est en danger.

Autrement dit, je suis persuadé qu’un protestantisme qui n’oserait plus mettre la vérité historique et scientifique au service de la vérité spirituelle recèlerait une faiblesse interne, si fort qu’il se figure être. Le respect de la vérité, comme telle, doit être inhérent à notre foi, si nous ne voulons pas être “des gens de peu de foi”, et le premier signe en est le respect de la vérité historique et scientifique. Autrement dit encore, osons le risque de passer notre foi au crible de la pensée.

Heureux de partager avec vous un aspect important de ma vie spirituelle, je n’ai pas l’intention de faire ici une apologie du protestantisme libéral (qui, comme chacun le sait, remonte historiquement aux sources de la Réforme) et ce, au sens d’une défense telle qu’on la pratique, hélas, trop souvent chez les orthodoxes et les fondamentalistes. Pour ceux-ci, l’apologie consiste à affirmer que le christianisme (le leur) renferme des vérités qui sont au-dessus de toute intelligence et qui n’ont donc pas à être confrontées à la raison.

A mon avis, se comporter ainsi revient à se retirer, tels des sectaires, sur une montagne fortifiée, position certes inexpugnable d’une élite religieuse, mais d’où l’on ne peut prétendre annoncer le message de Jésus.

Je voudrais illustrer mon propos par cette belle page de l’évangile, celle de la Cananéenne dans Matthieu 15. En effet, la soi-disant “élite religieuse” du temps de Jésus, ses disciples, et les premiers chrétiens, ensuite, étaient survoltés par un sentiment de supériorité, rongés par le cancer du doute et de la jalousie, étouffés par la dictature des conventions et l’étroitesse des traditions. Le message de Jésus, que les pharisiens se refusent à comprendre et à accepter, que les disciples ont peine à digérer, sera par contre étonnamment perçu par un être doublement “inférieur” parce que femme et parce que païenne. Un comble ! Gênante et agaçante cette Cananéenne qui interpelle les Juifs qui ne peuvent, elle le sait, lui adresser la parole sans se souiller. Habiles et très respectueux des traditions, ces pieux disciples qui suggèrent à leur maître: “Donne-lui son miracle et nous aurons la paix !”.

Rencontre providentielle car l’insistance de la femme aura raison du mutisme légaliste de Jésus. La païenne le met au pied du mur. Serait-il lui aussi enfermé dans les préjugés de sa race et de la religion des ancêtres ? Inattendue et singulièrement choquante mais combien noble et émouvante sera la réaction du prophète de Nazareth ! D’un mot, Jésus balaie conventions, prescriptions et règlements, nés de la mesquinerie et de la peur des hommes, pour amorcer un échange qui deviendra communion. Face aux pharisiens scandalisés et aux disciples ébahis, Jésus fera crédit aux paroles d’une femme, à la foi d’une païenne, jusqu’à lui permettre de révéler la grandeur de son être et la profondeur de sa confiance… Elle recevra le miracle espéré et l’amitié du maître, ce qu’elle ne pouvait même pas imaginer.

Nous avons nous aussi, peut-être, nos chiens et nos “Cananéennes”. L’esprit de ghetto, de clan ou de caste, nous guette aussi, au sein de l’Église Protestante Unie de Belgique. L’élitisme -qui impose “sa vérité”- risque toujours de nous tenter jusqu’à la méfiance souveraine, jusqu’au au mépris à peine dissimulé ou à l’orgueilleuse conviction de supériorité. Mais heureusement que des “petits chiens” nous aident à faire sauter les barrières de notre sectarisme pour nous ouvrir aux richesses d’autrui, à la fraternité universelle.   

Le contraire de la vérité n’est donc pas l’erreur, mais le fait d’imposer sa vérité. “Mettre la vérité au concours”(2), telle est la conviction des libéraux, la condition de toute recherche de Dieu, la règle de toute tolérance. Mais à condition que cette dernière ne devienne pas de l’indifférence et sache maintenir comme une exigence ce combat de la foi où s’équilibrent le non et le oui.

Ainsi, la foi protestante libérale est d’abord une foi chrétienne “qui attache la plus grande valeur à la rectitude de la conduite, par conséquent à la pratique. Elle n’est pas l’adhésion à un catalogue de formules philosophiques, religieuses ou dogmatiques. […] Cela implique évidemment une grande liberté d’esprit, puisque même si nous employons des formules qui peuvent paraître identiques à celle de l’orthodoxie ou du fondamentalisme, nous conservons toujours le droit de les interpréter pour les mettre en relation avec les exigences de notre conscience”.(3)

Théologiquement donc, la foi protestante libérale insiste plus sur le message et l’éthique de Jésus que sur l’aspect événementiel et doctrinal qui a été le facteur de divisions et de luttes outrageuses au sein du Christianisme.   

Sans nostalgie aucune, je vous l’assure, pour mon ancienne église, l’Église Protestante de Belgique (EPB), je continuerai à plaider pour une église ouverte, en recherche, pluraliste, un peu comme cette église qu’avait en vue Luther, dans ses trois grands écrits réformateurs de 1520, une église plus libérale et d’une autre nature que celle qui a été finalement réalisée, l’égliseunie qui prétend restaurer la foi ancienne de l’église des sept premiers siècles. Car une église dite “protestante réformée” est en vérité la communauté de ceux qui cherchent. Cette église dont je parle, notre église, l’EPUB, se trouve aujourd’hui devant le danger de cesser d’être une force spirituelle et prophétique engagée au sein d’une société laïque et démocrate, et risque de n’être plus qu’un simple facteur normatif d’une société qui favorise la pensée unique.

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Je prie Dieu de nous donner la force et la sagesse d’oser nous rapprocher les uns les autres avec la plus sereine objectivité, afin de vivre une réelle fraternité, sans craindre la différence, sans lorgner en arrière. Ensemble, osons l’avenir avec ce sens de la responsabilité qui nous fait adhérer au monde, de cette « adhérence » qui forme la foi.

Pour terminer, je voudrais partager avec vous une parole d’Albert Schweitzer (4) qui illustre ce que je pense :

« La religion de notre temps ressemble à un fleuve africain pendant la saison sèche : un lit immense, des bancs de sable et, au milieu, un filet d’eau qui cherche son chemin. On essaye de s’imaginer qu’autrefois un fleuve remplissait ce lit, que les bancs de sable n’existaient pas, mais qu’il coulait majestueusement entre les berges et qu’un jour il en sera de nouveau ainsi. Est-il possible qu’autrefois il remplissait ce lit ? Y a-t-il eu une époque où la religion éthique était une force dans la vie spirituelle ? Oui, à l’époque du rationalisme du XVIIe siècle. Alors, la religion éthique et la pensée formaient une unité. La pensée était religieuse et la religion était pensante. Parce qu’elle était déterminée par des idées religieuses et éthiques, la pensée de cette époque entreprit de se représenter la réalité comme elle devrait être. Elle possédait un idéal éthique et elle se mit à transformer la réalité en accord avec lui. »

Pierre A. Bailleux 03|09|2001

(1) La mystique de l’apôtre Paul, chapitre XIV : « Ce qu’il y a d’impérissable dans la mystique de l’apôtre Paul ».
(2) Expression utilisée au début du XIXe siècle dans différentes publications libérales. Cfr J.-J. Goblot, « Les mots sous la Restauration », in Civilisation Chrétienne, Approche Historique d’une Idéologie, Beauchesne, Paris, 1975, pp. 208-2229.
(3) Isabelle Jarry, Théodore Monod, Plon, Paris, 1990, pp. 216-217
(4 ) Religion in modern Civilization, 1934 Traduction de Jean-Paul Sorg (AFAAS).

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Les hippo… hippotames

Posté par othoharmonie le 11 avril 2014

images (3)Les hippopotames forment une famille regroupant plusieurs espèces de mammifères cétartiodactyles relativement proches génétiquement des cétacés et dans une moindre mesure des suidés et des Ruminantia. De nombreuses espèces sont disparues mais il en existe toujours deux espèces vivantes, l’espèce la plus connue, l’Hippopotame dit amphibie, et l’Hippopotame nain. Leur espérance de vie est d’environ une quarantaine d’années. Ce sont des animaux aquatiques massifs au corps en forme de tonneau.

Hippopotame, du grec  hippos, « cheval », et  potamos, « fleuve », fait référence à leur mode de vie amphibie.

La silhouette des espèces d’hippopotames vivants est similaire, ils sont massifs, leurs pattes forment des piliers. Ils possèdent une grosse tête, une bouche large qui peut s’ouvrir selon un angle important, des canines importantes qui peuvent mesurer plus de 60 cm chez les hippopotames amphibie mâles, leurs yeux et leurs oreilles sont placés en haut de la tête. Leurs narines peuvent se refermer par contraction, et leurs conduits auditifs se bouchent lorsqu’ils plongent, ce qui s’avère très pratique dans leur mode de vie amphibie : ils peuvent grâce à ce système éviter l’entrée d’eau dans leurs poumons quand ils se déplacent sous l’eau. Les hippopotames ne disposent pas de glandes sudoripares, ni d’aucun autre moyen pour réguler leur température interne. Leur peau est glabre et secrète une substance rougeâtre pour se protéger du soleil. Ce sont des ongulés.

Ces animaux sont principalement herbivores, les hippopotames nains ayant un régime alimentaire plus large que l’autre espèce.

Les deux espèces diffèrent notamment par la forme des oreilles, les arcades sourcilières sont beaucoup plus prononcées chez l’hippopotame amphibie. L’hippopotame commun est beaucoup plus grand puisqu’il mesure 1,50 m au garrot pour 3,50 m de longueur pour une masse de 1,4 à 3,2 tonnes alors que l’hippopotame nain ne mesure qu’un mètre au garrot pour 1,50 à 1,75 m de longueur et un poids de 170 à 275 kg. La morphologie des pattes est aussi différente, les doigts sont plus longs pour l’espèce naine, l’espèce étant plus adaptée à la marche.

Les testicules du mâle se trouvent à l’intérieur de la cavité abdominale (comme chez le rhinocéros).

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L’hippopotame nain

Posté par othoharmonie le 11 avril 2014

téléchargement (5)L’hippopotame nain est un hippopotame originaire des forêts et des marécages de l’Afrique de l’Ouest. Ce mammifère est un animal discret, solitaire et nocturne même si la masse d’un mâle adulte peut avoisiner 275 kg. Il est une des deux seules espèces encore existantes dans la famille des Hippopotamidae, l’autre étant son cousin beaucoup plus imposant, l’hippopotame commun, dit amphibie.

L’hippopotame nain a conservé de nombreuses adaptations terrestres en comparaison de l’autre espèce d’hippopotame, mais comme lui, c’est un animal semi-aquatique qui se repose au bord de l’eau pour garder sa peau hydratée et une température basse pour son corps. L’accouplement et la mise bas peuvent se produire dans l’eau ou sur terre. L’hippopotame nain est herbivore, se nourrissant de toutes sortes de fougères, de plantes à larges feuilles et de fruits qu’il trouve dans la forêt riparienne. Il est difficile à étudier dans la nature.

Introduit dans les jardins zoologiques au début du xxe siècle, il s’est bien reproduit en captivité et la grande majorité des connaissances sur l’espèce proviennent de spécimens de zoo. La survie de l’espèce en captivité est plus assurée que dans la nature : l’Union internationale pour la conservation de la nature estime qu’il reste moins de 3 000 hippopotames nains vivant en liberté. Ils sont menacés principalement par la perte de leur habitat, les forêts étant déboisées et converties en terres agricoles. Ils sont également menacés par le braconnage, la chasse, les prédateurs naturels et la guerre.

Selon MSW il existe deux sous-espèces, la seconde étant éteinte :

  • sous-espèce Hexaprotodon liberiensis liberiensis
  • sous-espèce Hexaprotodon liberiensis heslopi

Son nom scientifique d’espèce signifie « du Libéria », car c’est là qu’une grande majorité d’entre eux vivent, son nom de genre est par contre controversé, il est classé soit dans le genre Choeropsis (terme issu du grec ancien et signifiant « qui ressemble à un porc ») soit dans le genre Hexaprotodon (terme grec ancien qui signifie « qui a six protodontes », c’est-à-dire six molaires à tubercule unique).

Son nom d’hippopotame nain ou d’hippopotame pygmée est ambigu du fait que les scientifiques occidentaux ont découvert plusieurs espèces fossiles d’hippopotames de petite taille, à quelques années seulement de la découverte de cette espèce vivante.

La taxonomie du genre de l’hippopotame nain a changé au fur et à mesure que les connaissances sur l’espèce augmentaient. Samuel Morton les avait initialement dénommés Hippopotamus minor mais il s’est aperçu par la suite qu’il y avait suffisamment de différences entre les deux espèces pour créer son propre genre à cette nouvelle espèce et il a appelé le nouveau genre Choeropsis. En 1977, un autre naturaliste, Robert Thorne Coryndon proposa que l’hippopotame nain soit rattaché au genre Hexaprotodon, un genre qui comprenait des hippopotames préhistoriques le plus souvent originaires d’Asie. Cette proposition fut largement acceptée jusqu’à ce qu’un naturaliste français Jean-Renaud Boisserie affirme en 2005, après avoir examiné de façon approfondie la phylogénie des Hippopotamidae, que l’hippopotame nain ne faisait pas partie du genre Hexaprodoton. Il suggère que l’hippopotame nain soit classé dans un genre distinct, le genre Choeropsis. Si le nom du genre ne fait pas l’unanimité, tout le monde convient que l’hippopotame nain moderne, qu’il soit appelé H. liberiensis ou C. liberiensis, est la seule espèce existante de son genre.

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Hippopotame Nigérian

Posté par othoharmonie le 11 avril 2014

téléchargement (4)Une sous-espèce d’hippopotame nain a vécu au Nigéria au moins jusqu’au xxe siècle. De sorte que l’espèce actuelle est considérée parfois comme une sous-espèce appelée Choeropsis liberiensis liberiensis (ou Hexaprotodon liberiensis liberiensis dans l’autre nomenclature). L’hippopotame nain nigérian (appelé C. liberiensis heslopi) n’a jamais été étudié dans la nature et n’a jamais été capturé. Toutes les recherches sur les spécimens vivant en captivité dans les zoos ont montré que l’on ne possédait que la sous-espèce H. l. liberiensis.

L’hippopotame nain nigérian vivait dans le delta du fleuve Niger, en particulier près de Port Harcourt, mais il n’existe pas de rapports fiables sur les collections dans les musées provenant d’Heslop, un fonctionnaire colonial britannique au début des années 1940. La sous-espèce est considérée comme éteinte. Les deux sous-espèces étaient séparées par plus de 1800 kilomètres comprenant une zone, la trouée du Bénin ou Dahomey Gap, semi-désertique coupant en deux la zone côtière de forêt dense d’Afrique de l’Ouest. Heslop prétendait en 1945 avoir tiré sur un hippopotame nain dans la région du delta du Niger et avoir récupéré plusieurs crânes de cette sous-espèce. Il estimait qu’il n’existait probablement pas plus de trente hippopotames nains dans la région à l’époque.

Heslop aurait envoyé quatre crânes d’hippopotames nains au Musée d’histoire naturelle de Londres. Ces spécimens n’avaient pas été soumis à évaluation taxonomique jusqu’en 1969, lorsque G.B. Corbet a confirmé que les crânes appartenaient bien à une sous-espèce différente de liberiensis en raison de différences dans les proportions du crâne. Les hippopotames nains nigérians ont été vus ou abattus dans les États de Rivers, Imo et Bayelsa au Nigéria. Bien que certaines populations locales soient au courant de l’existence autrefois de la présence d’hippopotames nains dans la région, on a pu recueillir peu de documentation fiable sur la sous-espèce.

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