L’hippopotame et l’homme

Posté par othoharmonie le 2 avril 2014

 

Peut-on domestiquer l’hippopotame ?

Si, dans la mythologie égyptienne, l’hippopotame était le symbole de la Fécondité, il est devenu aujourd’hui un gibier convoité par l’homme, pour qui il représente aussi un danger pour les terres cultivées. Comment éviter qu’il ne soit éliminé ?

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L’HIPPOPOTAME EN VILLE, AU BURUNDI…

L’hippopotame peut vivre tout près de l’homme. On le sait dans divers endroits d’Afrique : dans les pêcheries de Vitshumbi (en République démocratique du Congo), le long du fleuve à N’Djamena (au Tchad), à Entebbe (en Ouganda), mais surtout à Bujumbura, la capitale du Burundi. 90 % de la surface de ce dernier pays étant cultivée, toute la grande faune a presque disparu. Bizarrement, l’hippopotame est resté, y compris – saisonnièrement – en plein cœur de la capitale. Il en reste entre 200 et 300 dans le pays. Quand ils viennent à Bujumbura, ils sortent la nuit pour brouter les pelouses artificielles des parcs de la ville… ; ils fournissent même trop d’engrais naturel aux plantes ornementales. Ils sont si peu farouches qu’on a dû construire un mur anti-hippopotames le long de la piste d’atterrissage de l’aéroport !

 
UNE EXPLOITATION RATIONNELLE DES HIPPOPOTAMES ?

Il ne serait pas irrationnel de chercher à gérer les troupeaux d’hippopotames localement, afin de procurer une source de protéines et de revenus. C’est une espèce peu exigeante – comparée à d’autres –, robuste et qui se reproduit bien… Dans certaines régions, une exploitation rationnelle des hippopotames pourrait être utile. Ils procurent, en effet, une grande quantité de viande, et surtout une viande appréciée par les populations locales. De plus, leur carcasse peut fournir de la graisse (jusqu’à 90 kg pour un animal adulte), et du cuir… Tous ces produits pourraient être commercialisés. En aval de l’élevage, on pourrait pratiquer de la pisciculture : les hippopotames enrichissent en effet l’eau de leurs bassins, par l’intermédiaire de leur crottin. Celui-ci pourrait servir de matière première alimentaire pour des poissons et la chaîne alimentaire entre les prairies, les hippopotames, l’eau et les poissons serait ainsi un bon schéma de développement, en tout cas par endroits. Comme la présence de l’espèce – lorsque la densité n’est pas trop élevée – semble maintenir une diversité importante de la faune et comme les populations locales se nourrissent des hippopotames, il serait préférable d’aider au maintien de l’espèce en Afrique.

   Son élevage pourrait apporter une solution aux problèmes d’alimentation des hommes, tout en évitant ceux posés par l’acheminement de la viande sous des climats où la conservation de celle-ci est aléatoire, la chaîne du froid étant difficile à assurer.

   Si la politique de conservation n’exclut pas nécessairement une certaine exploitation raisonnable, celle-ci n’est toutefois possible que si l’espèce est bien connue.
 
Description de cette image, également commentée ci-après FERMIERS ET HIPPOPOTAMES

Avec la pression démographique , les hippopotames ont été tués en grand nombre en Afrique. En effet, ils occupent des zones riches en eau, et parfois irrigables, ce qui peut entraîner des conflits avec l’homme, en particulier pendant les périodes de sécheresse. Par ailleurs, les hippopotames ne faisant pas la différence entre une graminée sauvage et une autre, plantée par l’homme, ils ont été éliminés des cultures et des plantations. Dans certaines régions, pourtant, les agriculteurs ont essayé les méthodes non violentes pour éloigner leur gourmand voisin : par exemple, les Tonga ont installé un réseau de cordes, s’appuyant sur des huttes, le long de leurs terres cultivées. Attachées à ces cordes, des boîtes. Dans celles-ci, des galets. Quand un gardien voit un hippopotame approcher, il secoue la corde la plus proche, et de loin en loin, les vibrations font résonner les cailloux. Ce bruit suffit à faire fuir les bêtes…

SAUVER L’HIPPOPOTAME NAIN

Le résultat apparent est, au cours des siècles, une réduction de l’aire de répartition des deux espèces. Dans le cas de l’hippopotame nain, les choses sont – malheureusement – simples à résumer : habitant de la forêt primaire, il est menacé de disparaître avec celle-ci ! Comme, par ailleurs, il représente une masse de viande importante, malgré sa discrétion, et malgré une densité naturelle probablement peu élevée, sa chasse est certainement pratiquée par les tribus habitant les mêmes régions que lui. En zone de forêt, l’élevage n’existe pas et près de 80 % des protéines animales consommées par les Africains proviennent de la chasse. Pratiquement toutes les espèces animales deviennent du gibier pour eux… Pour l’hippopotame nain, le cas le plus grave est actuellement celui des populations relictuelles du delta du Niger et de la Cross River au Nigeria. De plus, il a subi les effets des guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone. La population, en baisse, a été estimée à 2 000-3 000 animaux et l’espèce a été classée « en danger » en 2006, tandis que les mesures de conservation adoptées n’ont pas toujours été appliquées. Elle figure également à l’annexe II de la Citesdepuis 1975.  Au Liberia, le Sapo National Park, qui a dû être réhabilité après le conflit, tente de la protéger, ainsi que le parc national de Taï, en Côte d’Ivoire.

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