Le Castor et l’homme contemporain

Posté par othoharmonie le 18 novembre 2013

 

220px-CastorChapeauDer_Kuerschner_klopftDu 17ème à la fin du 19ème siècle, le castor a disparu de nombreuses régions de France (bassins de la Loire, de la Seine, du Rhin…) du fait de sa destruction directe par l’homme (chair, fourrure, prime de destruction versée par des syndicats de digue…). De fait, il ne subsistait plus que dans la basse vallée du Rhône. Au début du 20ème siècle, la population de castor du Rhône était estimée à quelques dizaines d’individus, uniquement localisés dans la basse vallée. Afin d’éviter sa disparition, le castor fut protégé dès 1909. Dans les années soixante, la population était estimée entre 3 000 et 5 000 individus. On peut estimer aujourd’hui que l’ensemble des effectifs devrait être compris entre 8 000 et 10 000 individus. L’espèce continue encore à étendre son aire de répartition notamment sur le bassin de la Loire et dans une moindre mesure en Alsace. Des perspectives de colonisation existent encore sur les bassins de la Saône et du Doubs.

41 départements métropolitains sont concernés à des degrés divers par la présence du castor, essentiellement dans le Sud-est, le Centre et le Nord-est. Le Bassin rhodanien constitue le berceau originel de l’espèce à partir duquel de nombreuses réintroductions ont pu être engagées et réussies. Le castor est aussi présent sur la Loire et certains de ses affluents (Allier, Ardoux, Cher, Beuvron, Indre, Vienne…), sur le haut bassin du Tarn (Tarn, Dourbie…), sur le haut bassin de la Moselle (Moselle, Madon…) et sur le bassin du Rhin (Doller, Ill, Moder…). Des petites populations réintroduites existent dans le Finistère (Aulne, Ellez), dans le Languedoc (Vidourle), en Champagne (Der, Marne,…) et en Haute-Savoie sur les affluents des lacs d’Annecy et du Leman.

Où l’observer
L’espèce nord américaine est très facile à observer au Canada et dans les états du nord des U.S.A. L’animal est très imposant par sa taille. Il faut le chercher ou l’attendre au près de ses barrages.
En France l’espèce colonise un nombre croissant de cours d’eau loin des zones urbanisées. L’animal est courant dans les affluents du Rhône, dans la Drome et l’Ardèche, dans les affluents de l’Allier et de la Loire. C’est aux heures crépusculaires qu’il est le plus facile à observer. Il affectionne les rivières de taille moyenne qui ne s’assèchent pas en été.

Ne le répétez pas et surtout ne le faites pas ! 
Les cinéastes animaliers que je fréquente assidûment m’ont confié, en me faisant jurer le secret, un moyen fort simple et efficace pour voir ou filmer un castor travaillant sur son barrage. Il suffit d’aller provoquer une petite fuite en retirant quelques branches à l’ouvrage, de se mettre à bon vent et d’attendre. Bien vite notre animal apparaît à la surface de l’eau, inspecte le chantier et se met au travail.

Risques de confusion 
Le castor peut être confondu à la nage avec le ragondin, appelé également nutria. Le castor a une nage très coulée, le corps est presque immergé sauf la nuque et la moitié supérieure de la tête. Le ragondin nage en surface, la totalité de la tête et le haut du dos émergent. Le rapport de la longueur de la tête sur celui du corps (sans queue) est d’environ 1/5 pour le castor et d’1/3 pour le ragondin. A terre tout risque de confusion est exclus, le castor à une large queue plate en forme de pelle, le ragondin a une longue queue fine en forme de lime.

Comment constater la présence des castors ?

Elle est matérialisée par de nombreux indices, comme des chantiers de coupes d’arbres et d’arbustes pour satisfaire les besoins alimentaires ainsi que des coulées d’accès aux chantiers. Sur les berges, on peut observer des gîtes qui peuvent en fonction de la texture et de la hauteur de berge se présenter soit sous la forme de terrier, soit sous la forme de hutte de branches. Parfois, le castor construit sur les petits cours d’eau des barrages constitués de branchages mais aussi parfois de galets ou d’argile.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsEnfin d’autres indices plus rares peuvent être relevés, comme les canaux creusés par les castors pour relier deux points d’eau ou l’édification « d’échelle » de branches pour franchir un obstacle. Tous ces indices témoignent de l’aptitude d’aménageur du castor pour satisfaire ses besoins alimentaires, de déplacements et de sécurité.

Statut 
Le castor d’Europe est une espèce protégée sur l’ensemble du territoire national.

Menaces
Globalement l’espèce a atteint des effectifs en France qui la mette à l’abri des menaces, cependant quelques risques peuvent menacer l’espèce. Parmi les principaux, on peut citer :

– l’introduction illégale de castor canadien qui entre en compétition directe avec l’espèce européenne ;
– l’urbanisation sur certain fleuve qui empêche la circulation des animaux et par conséquent les échanges de population ;
– la destruction des milieux et la canalisation de certaines rivières.

La lutte contre les rongeurs aquatiques indésirables comme le ragondin ou le rat musqué constitue également un risque difficile à apprécier, notamment dans le cadre de luttes collectives par utilisation d’anticoagulants. La sélectivité des appâts et l’innocuité des toxiques n’ont jamais été testées sur le Castor. Localement, le piégeage (piège conibear utilisé contre le ragondin) peut, aussi, constituer une menace.

Article réalisé par Eric Tournier et Jean-Pierre Fleury.

Laisser un commentaire

 

Жихен - Tendresse Éternelle |
binsle120 |
Univers sans lisse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les maux avec des mots
| Iz avance
| mbuello