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Cœur de pigeon

Posté par othoharmonie le 2 octobre 2013


IA LEGENDE

Cœur de pigeon dans PIGEON - COLOMBE images-16

Lorsque le père Jacques perdit sa bonne femme, il resta avec deux fils, que son travail de simple journalier ne suffisait pas à nourrir. Comme ceux-ci étaient en âge de courir le pays, il leur dit : « Mes enfants, je vous donne à chacun un bissac, c’est tout ce que je peux faire pour vous, allez avec cela chercher votre pain. »

Les deux frères s’en allèrent, de porte en porte, implorer la charité. Comme c’était presque toujours à l’aîné qu’on faisait l’aumône, ce dernier, qui désirait garder tout pour lui, se fâcha un jour et dit à son frère : « Va de ton côté et moi du mien. »

Le plus jeune, du nom de Jean, s’éloi gna tout attristé, cheminant lentement à travers les sentiers des bois dans lesquels il s’attarda à manger des cornes ou des alizes. Le soir venu, s’étant égaré et ne sachant ou coucher, il eut l’idée d’imiter le petit Poucet et de grimper dans un arbre pour tâcher de découvrir un gîte. Bien lui en prit, car il aperçut une lumière et se dirigea de ce côté.

Un château s’offrit bientôt à sa vue. Il frappa timidement à la porte de ce logis pour demander à passer la nuit. Une belle dame vint lui ouvrir, et, en examinant le petit voyageur, son cœur s’attendrit. « Entre, mon enfant, s’écria-t-elle, viens réparer tes forces. » Elle lui fit servir un pigeon rôti, et, lorsqu’il eut bien mangé, elle lui dit d’aller prendre du repos.

Le lendemain matin, Jean, en se réveillant, sentit quelque chose de dur sous son oreiller. Il regarda ce que c’était et découvrit un sac renfermant cinquante écus. « Cet argent n’est point à moi, pensa-t-il, je ne dois pas y toucher. »

Afin de ne pas abuser de l’hospitalité de la bonne dame, il s’habilla promptement et voulut lui faire ses adieux ; mais apprenant qu’elle n’était pas levée, il pria les serviteurs de la remercier en son nom et, son bissac sur le dos, reprit la clef des champs.

La servante, en allant faire le lit et la chambre du voyageur, découvrit l’argent et le porta à sa maîtresse, en lui demandant ce que cela signifiait, et si elle voulait mettre son honnêteté à l’épreuve.

« Rassure-toi, répondit la dame, tu n’es pas en cause, il s’agit de l’enfant qui vient de partir et qu’il faut ramener au plus vite, car je veux l’adopter pour mon fils. »

Tous les domestiques se lancèrent à la poursuite du jeune garçon, qu’ils ne tardèrent pas à rattraper. « Retournez au château, lui dirent-ils, vous avez plu à notre maîtresse qui veut vous garder près d’elle. » L’enfant fut enchanté et revint sur ses pas.

La dame l’accueillit avec toutes sortes d’amitiés et lui dit : « Tu n’as pas pris l’argent qui se trouvait ce matin sous ton oreiller et qui, cependant, t’appartient. » 

— Comment cela ? Je ne possède pas une obole.

— Tu possèdes cinquante écus, et tous les matins tu en auras autant. Le cœur de pigeon, que tu as mangé hier soir et que tu ne pourras jamais digérer, procure chaque nuit cinquante écus à la personne qui l’a avalé. Mais d’ailleurs, ajouta-t-elle, tant que tu seras ici, tu n’auras pas besoin d’argent. Tu trouveras tout ce qu’il te faut, et je vais donner des ordres pour que de savants professeurs viennent te donner des leçons.

Au bout de quelques années, l’ancien cherchou-de-pain ne se reconnaissait plus lui-même. Au lieu du vagabond déguenillé c’était maintenant un beau jeune homme instruit, distingué et habile à tous les exercices d’adresse. Il est bon d’ajouter que, comme il était intelligent et travailleur, ses maîtres n’avaient pas eu beaucoup de peine à en faire un jeune homme accompli.

Sa bienfaitrice — qui n’était autre qu’une fée — l’aimait comme son fils et s’efforçait de lui rendre la vie aussi douce que possible. 

Le nouvel étudiant s’en allait souvent à la ville voisine habitée par le roi, et un jour qu’il se promenait sur les places publiques il entendit publier, à son de trompe, et au nom du souverain, que celui qui réussirait à faire rire la princesse sa fille, atteinte d’une maladie que le rire seul, au dire des médecins, pouvait guérir, obtiendrait sa main.

De retour à la maison, il raconta ce qu’il avait entendu publier, et la fée lui répondit :

— Il ne tient qu’à toi d’épouser la princesse et dès demain, si tu le veux, je te mettrai à même de la faire rire.

— Qu’inventez-vous pour cela ?

— Tu le verras demain, si tu es toujours décidé à tenter l’aventure.

Le lendemain, après le déjeuner, la fée lui demanda s’il avait réfléchi à sa proposition.

— Oui, dit-il, et j’attends ce que vous allez me donner pour faire rire la malade.

— Va dans la cour où tu trouveras une voiture qui marche seule, ce qu’on a pas encore vu. Monte dedans, va te promener à la ville, et, si la princesse te voit, je t’assure qu’elle rira de bon cœur. 

Notre curieux alla examiner la voiture qui avait aux quatre coins un moulin à vent destiné à faire tourner chaque roue. Des meuniers coiffés de bonnets de coton apparaissaient de temps en temps aux fenêtres des moulins, et tiraient la langue aux gens stupéfaits de voir fonctionner une pareille machine.

Jean monta dans le véhicule, qui se dirigea aussitôt vers la ville, escorté de tous les curieux qui l’avaient rencontré. Ceux-ci riaient tellement, en voyant les meuniers tirer la langue aux passants, qu’ils attirèrent la princesse aux fenêtres du palais.

Elle aussi, en voyant cette étrange chose partit d’un franc éclat de rire. Le roi, tout joyeux, se dirigea vers le char qui avait le privilège de désopiler la rate des gens, et lorsqu’il eut fait la connaissance du protégé de la fée il voulut le présenter à sa fille.

Le jeune homme sut se montrer tel qu’il était : instruit, distingué, et conquit promptement le cœur de la princesse.

Il revint souvent au palais où il était attendu avec impatience et où les noces ne tardèrent pas à avoir lieu.

images-121 dans PIGEON - COLOMBEII

Après quelques jours de mariage, la princesse s’aperçut que son mari trouvait chaque matin, sous son oreiller, cinquante écus, et elle en conçut une vive jalousie.

Comme elle avait une fée pour marraine elle alla lui conter ses chagrins.

— Tu es une sotte, lui dit la fée, l’argent de ton mari est à toi comme à lui puisqu’il ne te refuse rien, et qu’il est même le premier à t’offrir tout ce que tu peux désirer.

— C’est égal, ça m’humilie, et je voudrais que ce fût moi qui trouve tous les matins cinquante écus sous mon oreiller.

— Tu n’es pas raisonnable, et tu pourras bien un jour te repentir de ta jalousie.

— Tant pis ! je veux que ce soit moi et non lui qui apporte l’argent dans le ménage.

— Alors il faut pour cela, mon enfant, lui faire rendre le cœur d’un pigeon qu’il a dans l’estomac et d’où lui vient sa fortune. Je vais te donner un vomitif que tu lui administreras sans qu’il s’en aperçoive ; et lorsqu’il aura rejeté le cœur de pigeon, tu devras l’avaler.

La princesse emporta le médicament, et dès le lendemain le fit prendre à son époux qui, après avoir été très malade, sans en connaître la cause, vomit le cœur de pigeon que sa moitié avala prestement.

À partir de ce jour, ce fut la femme qui eut, chaque matin, cinquante écus sous son oreiller.

Le nouvel époux trouva la chose étrange et s’en alla à son tour la raconter à sa bienfaitrice, qui devina la jalousie de la jeune femme, mais n’en dit rien au mari.

— Ne t’inquiète pas de cela, dit-elle, j’ai à t’offrir un objet qui te dédommagera au centuple de ce que tu as perdu. C’est un chapeau qui s’appelle le chapeau des désirs, parce qu’il procure à celui qui le porte tout ce qu’il peut imaginer.

Le jeune marié rentra au palais couvert de son précieux chapeau. 

Sa femme s’aperçut bien vite que son mari possédait un nouveau don qui lui permettait d’obtenir à l’instant tout ce qu’il désirait. Elle l’interrogea de toutes les façons sans pouvoir se renseigner. Furieuse, indignée, elle retourna chez sa marraine pour lui conter ses nouveaux chagrins.

Cette fois, la fée se fâcha presque et la menaça d’un grand malheur. Mais l’enfant gâtée pleura tellement que la vieille en eut pitié, et lui apprit que son mari possédait le chapeau des désirs.

— Comment m’y prendre pour le lui dérober ?

— Tu le veux ? Eh bien ! advienne que pourra et écoute moi :

« Quand il fera très chaud, emmène ton époux dans une forêt éloignée, et, lorsqu’il voudra se reposer, mets sa tête sur tes genoux, de façon à pouvoir lui glisser dans les cheveux ce peigne magique. Il s’endormira aussitôt. Comme son sommeil sera long, tu pourras lui dérober son chapeau et rentrer chez toi pour le mettre en lieu sûr. » 

Dès le lendemain, il fit une chaleur accablante, la princesse manifesta le désir d’aller chercher la fraîcheur sous les ombrages des grands arbres.

On fit atteler deux superbes chevaux à un calèche, et la jeune femme donna l’ordre au cocher de les conduire dans l’endroit le plus désert d’une forêt qu’elle lui désigna.

Il se promenèrent longtemps et lorsque le prince, accablé de fatigue, demanda à se reposer sur la mousse, au bord d’un ruisseau, son épouse prit place à ses côtés, et tout doucement l’attira sur ses genoux.

Jean ne tarda pas à s’endormir au murmure de l’eau, aussitôt sa femme lui glissa le peigne magique dans les cheveux. Puis prendre le chapeau, courir à la voiture, donner l’ordre au cocher de rentrer au palais, fut pour elle l’affaire d’un instant.

Pendant ce temps, le pauvre abandonné dormait profondément et ne s’éveilla que le soir du deuxième jour, au moment où la lune apparaissait sous l’horizon.

Son premier soin fut de chercher son chapeau, qu’il ne trouva pas, puis d’appeler la princesse qui était partie. Se voyant seul et mourant de faim, il regarda autour de lui s’il ne découvrait pas quelques plantes capables de calmer ses douleurs. Il vit des asphodèles dont il arracha les racines ; mais il n’en eut pas plutôt mangé qu’il fut métamorphosé en âne.

III

Il y avait sept ans que le pauvre aliboron errait au hasard lorsqu’il entra dans la cour du château de son ancienne bienfaitrice.

La fée, en voyant cet animal pénétrer dans sa demeure comme s’il la connaissait, eut le pressentiment du malheur arrivé à son fils adoptif. De sa baguette, elle toucha l’âne qui redevint le beau jeune homme d’autrefois.

Bien que le mari de la princesse ne fût pas méchant, un désir de vengeance lui vint au cœur. Aussi, un jour qu’il traversait la forêt dans laquelle il s’était en dormi, il remplit ses poches de racines d’asphodèles, et continua sa promenade vers la ville.

Dirigeant ses pas vers le palais, il apprit que sa femme donnait un grand dîner, et qu’elle était dans ses appartements à faire sa toilette. Il se rendit près d’elle, la reconnut à peine tant elle avait engraissé et vieilli. Elle, au contraire, s’extasia sur sa bonne mine et lui demanda d’où il venait.

— J’arrive, dit-il, d’un pays où l’on trouve une plante qui conserve la jeunesse et rend la beauté quand on l’a perdue.

— Oh ! vous eussiez bien dû nous en apporter, s’écria la femme de chambre présente à l’entrevue, et qui avait toujours été la mauvaise conseillère de la princesse.

— Je ne vous ai point oubliées, et la preuve c’est que voici les racines de la plante en question.

Toutes les deux voulurent en manger et furent aussitôt changées en ânes. Le prince les fit conduire dans les écuries du palais et alla prendre place à la table du festin.

Comme l’on s’étonnait de la disparition de sa femme, il raconta la transformation qu’il avait subie, et la punition qu’il venait d’infliger.

Le dîner terminé il envoya chercher un meunier auquel il dit : « Voici deux ânes que tu conserveras pendant sept ans, ne les ménage pas, fais-les travailler, fouaille-les s’ils sont paresseux, et fait en sorte de me les rendre dociles et soumis. »

Au bout de sept années, on lui ramena les deux vieux ânes étiques qui, au moyen de la baguette de la fée, reprirent leur première forme, et devinrent deux personnes bien sages et corrigées de leurs défauts.

(Conté par Thurette Gautier du village de la Fresnais, commune de Bain.)

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Les «nourrisseurs» de volatiles

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2013

Les «nourrisseurs» de volatiles étaient la semaine dernière au centre d’un colloque auquel participaient des chercheurs.

Les «nourrisseurs» de volatiles dans PIGEON - COLOMBE images-12Le volatile a ses détracteurs, très nombreux. À l’image de ceux qui, par exemple, se sont amusés à constituer un «groupement d’éradication des pigeons parisiens» sur Facebook. L’oiseau a aussi ses ardents supporteurs, prompts à dénoncer les «rafles» et la «précarité» dont il est victime. Véritable passion urbaine, le pigeon était la semaine dernière au centre d’un colloque organisé à l’initiative de Natureparif (agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France) et du groupe de recherche interdisciplinaire «le pigeon en ville», dirigé par Anne-Caroline Prévot-Julliard, chercheuse au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle.

Cette première rencontre s’est notamment penchée sur le cas des «nourrisseurs». Ces personnes qui prennent soin des volatiles et agacent la plupart des parisiens. Qui le leur rendent bien. «Elles font bien souvent l’objet d’insultes, voire même parfois d’agressions physiques», relève Véronique Servais, professeur d’anthropologie. Accusés de générer des concentrations, les pros-pigeons «sont considérés comme des déviants, car ils s’écartent des normes sociales», décrypte la chercheuse.

Un «sacerdoce » coûteux 

Pas étonnant, à vrai dire, puisque nourrir les pigeons est une activité interdite par l’article 120 du règlement sanitaire départemental et passible d’une amende de 450€. «Avec cette loi, s’énerve Brigitte Marquet, fondatrice du site l’Ambassade des pigeons, les pouvoirs publics ont créé une véritable guerre civile entre les citadins. À Paris comme ailleurs, beaucoup d’anti n’hésitent pas à dénoncer les défenseurs des oiseaux à la police. Le nourrissage devrait être géré par la mairie, ça calmerait le jeu. Au lieu de cela, tout est fait pour encourager la détestation.»

«Ils croient bien faire, mais les nourrisseurs favorisent la concentration et la surpopulation des pigeons, estimés à 80.000, soit un pour 25 habitants, ce qui occasionne des dégâts sur les biens publics et privés à cause de l’accumulation de fientes», plaide de son côté la mairie de Paris.

Conséquence: «Les nourrisseurs souffrent d’un discrédit, note Véronique Servais. Ils ont le sentiment d’être traqués. Du coup, ils se font plus discrets, sortent de préférence la nuit, dans des lieux retirés et opèrent plus rapidement. Mais, pour autant, ils ne vont pas s’arrêter.» Car s’ils ont le sentiment d’avoir établi une véritable communication avec le volatile, ils se sentent plus encore investis d’une responsabilité.

«Le plus souvent, ils deviennent nourrisseurs par hasard, en jetant quelques miettes et puis au fur et à mesure, ils se rendent

images-13 dans PIGEON - COLOMBE

 compte du piteux état des pigeons et les voilà pris dans un engrenage: ils ne peuvent plus se désengager.» Beaucoup parlent ainsi d’un «sacerdoce», coûteux en temps et en argent. Impossible pour certains par exemple de partir en vacances. «Moi je les nourris avec mauvaise conscience, je me fais souvent insulter par des dames âgées et si je dois m’absenter, je délègue toujours ma fonction», témoigne anonymement une élégante sexagénaire.

Même s’il n’existe pas de profil type du nourrisseur, «on rencontre une majorité de personnes de plus de 60 ans et de femmes, mais aussi des hommes, des actifs comme des retraités ou des chômeurs», assure Véronique Servais . Et contrairement aux idées reçues, peu sont en fait marginalisés et isolés. «Ce sont des gens parfaitement normaux, insiste Brigitte Marquet, qui voient davantage la grâce que la crotte.»

source le figaro.fr 

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Pigeon, animal totem

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2013


Pigeon, animal totem dans PIGEON - COLOMBE telechargement-4Généralement, on donne le nom de colombe aux pigeons dont la robe est d’une blancheur immaculée. En réalité, il n’y a aucune différence entre les pigeons et les colombes, qui sont tous des columbidés du genre Columba.

La colombe blanche est le symbole universel de la paix et de la fraternité. L’histoire est bien lointaine puisqu’elle remonte au Déluge : Noé et tous ses animaux étaient coincés sur leur bateau depuis des lustres. Un jour, une colombe arriva qui portait dans son bec un rameau d’olivier. Un rameau d’olivier ! Sauvés ! Il fallait bien que cet olivier ait poussé quelque part, sur la terre ferme… Le monde n’était donc plus recouvert par les flots !

Qui suis-je ?

D’accord, je ne suis pas toujours facile. Je suis colérique. Susceptible. Ombrageuse. Jalouse.  OK, OK, OK, tout ça est vrai. Mais.

A côté de ça, je suis discrète, volontaire et combative.

Très travailleuse (voire trop), et plutôt indépendante (voire trop), je ne demande pas l’avis du monde entier avant de commencer quelque chose. Au contraire, j’aurais tendance à agir seule et en secret. Je n’aime pas non plus raconter mes ennuis au tout venant.  Pas plus que je ne déballerai mes sentiments sur la place publique. 

Si j’ai un peu l’air comme ça, l’air un peu trop…  brutale peut-être… C’est que… je suis méfiante. Et ce à quoi je crois, à quoi je tiens (que ce soit: des amis, des idées, des idéaux), j’y suis tellement attachée, j’ai une telle peur de le perdre, que j’en deviens effectivement assez susceptible et que j’ai plutôt difficile à en faire part. Aussi, j’évite de parler de ce que je fais, de qui je suis, de ce que je veux : j’ai trop peur que mes interlocuteurs ne soient pas d’accord avec moi et que, d’une façon ou d’une autre, ils me dévient de mon chemin.

Avec les autres…

C’est pour ça qu’avec les enfants, les malades, les vieilles personnes, je me sens très à l’aise. J’aime leur spontanéité, j’aime la façon dont ils dévoilent leurs sentiments, je n’ai pas l’impression qu’ils me cachent quelque chose. Et je serai beaucoup plus détendue, douce et patiente avec eux.

J’ai peu d’amis, et ceux-ci en sont d’autant plus importants.  Avec eux, je suis généreuse, vive et enjouée. L’amour est très important pour moi, peut-être même ce qu’il y a de plus important. J’essaie un peu de m’en protéger, parce qu’il peut me rendre très vulnérable. C’est aussi pourquoi je suis si travailleuse et j’attache tant d’importance à mon indépendance.

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Pigeons voyageurs à bord de paquebots

Posté par othoharmonie le 1 octobre 2013

 Pigeons voyageurs à bord de paquebots dans PIGEON - COLOMBE images-11Dix ans avant l’accident de la Champagne qui, à la suite d’une avarie, resta en détresse en pleine mer sans qu’on eût de ses nouvelles, plusieurs essais fructueux de correspondance en mer avaient été menés avec des pigeons voyageurs par le capitaine Reynaud, de la Bretagne

L’anxiété avait été grande lors de l’accident de la Champagne, et l’on s’était demandé s’il n’y aurait point un moyen pour que, en pareil cas, un navire pût faire connaître immédiatement la cause du retard qu’il subit, le danger qu’il court, la position où il se trouve. Au lendemain de l’événement, d’intéressants essais furent entrepris, à bord des paquebots en route, pour établir un service de correspondance avec la terre.

Mais dix ans auparavant, une tentative d’organisation de cette correspondance avait été tentée à l’aide de pigeons voyageurs, et des expériences avaient eu lieu à Saint-Nazaire ; malheureusement, elles n’avaient point donné les résultats attendus. Toutefois, des personnes s’occupant activement de colombophilie firent remarquer que ces expériences ne leur paraissaient point concluantes, par suite du manque de méthode. Pourquoi, étant donnée l’importance qui s’attachait à la question, n’en ferait-on pas de nouvelles ? Des exemples qu’on citait permettaient de supposer que les pigeons voyageurs, qui nous rendent déjà tant de services sur terre, étaient également capables de nous en rendre sur mer.

Les essais furent donc repris. Le capitaine Reynaud en prit la direction. Comment les messagers ainsi rendus à la liberté en pleine mer allaient-ils se comporter ? Regagneraient-ils le continent ? Dans quelles conditions allait s’effectuer le voyage ? Autant de questions posées. Dans une étude qu’il publia, le capitaine Reynaud y répondait. Ce n’étaient plus de sommaires renseignements qui étaient donnés. Toutes les expériences étaient indiquées avec précision, et l’on en pouvait conclure que la poste aérienne en mer pouvait être assurée par les messagers ailé.

« Au cours des expériences de 1898 et 1899, dit le capitaine Reynaud, des lâchers de pigeons ont été effectués à toutes les distances entre le Havre et une limite arbitraire fixée pour le moment à 1 000 kilomètres du point de départ. Dans les circonstances les plus défavorables et par le plus mauvais temps, les pertes n’ont jamais dépassé le chiffre de six pigeons sur dix lâchés. Par un beau temps, les rentrées se font avec la même régularité et une plus grande vitesse que sur terre. »

Une centaine de pigeons seulement avaient été mis, la première fois, à la disposition du capitaine au bord de la Bretagne. A 50 kilomètres en mer, il y eut un premier lâcher de quatre pigeons qui, quelques heures plus tard, rentraient au colombier avec les dépêches dont on les avait chargés. Le lendemain, laBretagne avait franchi 360 milles quand la vigie signala un voilier en perdition : le Bothnia.

On envoya un canot au secours de l’équipage et on ramena les naufragés après un sauvetage plein de péripéties émouvantes. Sept pigeons furent lâchés à ce moment. Ils portaient tous une courte dépêche annonçant le sauvetage du Bothnia, faisant prévoir le retard de l’arrivée à New-York de la Bretagne, qui était restée une demi-journée sur le lieu du sinistre, et indiquant le point où était abandonnée l’épave du navire naufragé qui, laissée à la croisée des grandes routes d’Europe à New-York et de la Méditerranée en Angleterre, était un danger pour la navigation. Le lâcher des pigeons eut lieu vers midi, par un vent violent qui rejetait les pauvres oiseaux vers le sud.

L’un d’eux tomba dans le golfe de Gascogne sur un steamer anglais, qui, dès le lendemain, fit câbler la dépêche en Amérique et à Paris. Le but poursuivi, qui était de faire connaître l’accident du Bothnia, était ainsi atteint. Un second pigeon fut recueilli par un cargo-boat qui vint croiser dans les parages où il espérait découvrir l’épave du Bothnia ; il réussit à la trouver, en effet, et la remorqua en Irlande. Deux autres reparurent à leur colombier deux ou trois jours après l’événement, blessés. Des trois autres on n’eut pas de nouvelles.

Trois jours plus tard, la Bretagne voguait dans les parages de Terre-Neuve. Il parut intéressant au capitaine Reynaud de savoir ce que deviendrait un pigeon français lancé dans les eaux américaines, à plus de 4 000 kilomètres de son colombier. L’expérience se fit à six heures du matin. Il est à remarquer que les passagères de la Bretagne, qui avaient pris les pigeons en grande amitié, protestaient chaque fois qu’on voulait livrer à l’aventure un de leurs favoris, et souvent le capitaine avait dû renoncer à ses essais, par galanterie.

telechargement-3 dans PIGEON - COLOMBEMais, ce jour-là, il fit constater que le temps était beau, bien que froid, et que le pigeon, lancé de grand matin, aurait une journée entière pour gagner la côte ou un navire. De plus, le capitaine demanda à une des passagères de donner elle-même la liberté au messager, ajoutant aimablement que « cela lui porterait évidemment bonheur ».

Une dépêche écrite en cinq langues priait la personne qui capturerait le pigeon d’en aviser télégraphiquement la Compagnie transatlantique. Le message, enfermé dans un tube en plume d’oie, fut assujetti à la queue de l’oiseau. On était à 3000 kilomètres du Havre, c’est-à-dire à la moitié du trajet. Le pigeon s’envola, non sans avoir été couvert de caresses.

Dès l’arrivée à New-York, avant même d’avoir débarqué, les passagers apprenaient que leur courrier les avait devancés. Il avait été recueilli à Noronton, dans le Connecticut. Le message dont il était porteur était parvenu à son adresse. Il est probable que le pigeon, ayant volé pendant la journée du lâcher, avait cherché le soir un refuge sur un navire qui se rendait en Amérique ; le lendemain, il repartait dans la même direction que la veille et tombait le soir épuisé de fatigue à Noronton, à 80 milles de New-York.

Huit jours après la Bretagne, pourvue de cinquante pigeons américains, recommençait à son retour les expériences faites au départ du Havre. Puis parvenu dans les eaux françaises, le paquebot lança la veille et le jour même de son arrivée, à des distances variant entre 600 et 100 kilomètres du Havre, une trentaine de pigeons français gardés à bord depuis trois semaines. Malgré ce long internement et le manque d’entraînement, les messagers regagnèrent en grand nombre le colombier, devançant le navire et annonçant son arrivée.

Les essais inaugurés sur la Bretagne furent continués sur d’autres paquebots de la Compagnie transatlantique. Le capitaine Reynaud poursuivit ses recherches sur la faculté d’orientation des pigeons voyageurs, sur le problème du vol des oiseaux, sur le mystérieux instinct qui les conduit à travers l’espace et les ramène au gîte. Il mit ainsi en évidence le fait que même en mer, alors qu’il n’est plus guidé par rien, qu’aucun point de repère ne s’offre à sa vue, le pigeon voyageur sait parfaitement se diriger. Sa vitesse moyenne est alors de 95 kilomètres à l’heure. S’il ne peut gagner la côte avant la nuit, il cherche un abri sur un navire et y trouve toujours de quoi manger.  

(D’après « La Joie de la maison », paru en 1903)

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