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La Dame à l’hermine

Posté par othoharmonie le 28 mai 2013

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La Dame à l'hermine dans HERMINE - VISON- BELETTE dame-a-lhermine-219x300La Dame à l’hermine est un tableau de 54 × 39 cm peint par Léonard de Vinci entre 1488 et 1490. Il est peint sur du bois de noyer, provenant du même tronc d’arbre que La Belle Ferronnière. Le fond du tableau a été repeint dans une couleur sombre à une époque tardive. Des analyses menées grâce à une caméra multi-spectrale en 2007 ont montré qu’à l’origine, « il s’agissait d’un bleu-gris modulé différemment de gauche à droite du tableau, ce qui permettait de donner une impression de profondeur ». Des repeints ont aussi été repérés (dans la zone inférieure notamment, ainsi que sur la coiffe ou sur la main droite). Le pelage de l’hermine a perdu de son éclat. En dépit des dommages subis, le tableau est néanmoins dans un meilleur état de conservation que plusieurs autres peintures de Léonard.

La peinture est acquise en 1798 par Adam Jerzy Czartoryski, pour sa mère la princesse Izabela Czartoryska et intégrée dans les collections de la famille Czartoryski en 1800. Entre 1830 et 1876, elle est accrochée à l’hôtel Lambert, siège de l’immigration polonaise libéral-aristocratique à Paris et propriété des Czartoryski, puis elle revient ensuite en Pologne, à Cracovie dans le nouveau musée Czartoryski. En 1914, la princesse Maria Ludwika la confie à la Gemäldegalerie de Dresde. Elle est restituée en 1920, puis saisie en 1939 par les nazis et envoyée au Kaiser Friedrich Museum à Berlin. En 1940 Hans Frank, gouverneur général de la Pologne non incorporée au Reich, demande qu’elle soit restituée à la ville de Cracovie et il l’accroche, par la suite, dans ses bureaux. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle est découverte par les troupes alliées dans la maison de Frank en Bavière. Elle revient en Pologne en 1946 et est actuellement exposée depuis le 12 mai 2012 au Château du Wawel à Cracovie en attendant la réhabilitation du musée Czartoryski dans la même ville, après avoir été exposée du 9 novembre 2011 au 5 février 2012 à la National Gallery à Londres, au sein de l’exposition temporaire « Léonard de Vinci, un peintre à la cour de Milan ».

La peinture est l’un des quatre portraits connus de femme peints par Léonard, les trois autres étant le portrait de la Joconde, celui de Ginevra de’ Benci et celui de la Belle Ferronnière. On pense que l’œuvre représente Cecilia Gallerani, la maîtresse de Ludovic Sforza, duc de Milan. Cecilia Gallerani (1473-1536) était devenue la maîtresse de Ludovic Sforza très jeune (vers 1488-1489). Leur liaison dura jusqu’au milieu de l’année 1492, après qu’elle eut donné naissance à un fils, César. En 1490, Ludovic Sforza épousa Béatrice d’Este, qui le contraint à mettre fin à cette relation. On peut donc dater le tableau soit des années 1488-1489 avant le mariage, soit un peu plus tard, si l’on admet comme Frank Zöllner qu’il puisse s’agir d’un cadeau d’adieu de Ludovic Sforza à son ancienne maîtresse.

Nous possédons une correspondance datant de 1498 entre Cecilia Gallerani et Isabelle d’Este faisant directement référence à ce tableau. Isabelle d’Este s’adresse ainsi à Cécilia : « Ayant eu aujourd’hui l’occasion de voir quelques tableaux de Giovanni Bellini, j’ai réfléchi à l’œuvre de Léonard avec le désir de la comparer et me souvenant qu’il avait fait votre portrait d’après nature, je vous prie […] de bien vouloir m’envoyer le portrait. »

Une inscription erronée figure dans le coin haut gauche de la toile, « LA BELE FERIONIERE. LEONARD D’AWINCI. », probablement une confusion faite par un restaurateur avec le portrait de profil du Louvre attribué par Bernard Berenson à Bernardino de Conti6, et considéré tout au long du xvie siècle comme un portrait authentique de la Belle Ferronnière.

Si nous analysons ce tableau :

Le tableau concentre toutes les innovations du portrait inspiré à Léonard par l’exemple d’Antonello de Messine : la pose de trois-quart, le visage tourné vers le spectateur, la grâce du geste de la main (depuis l’abandon du portrait de profil, les peintres sont devenus particulièrement attentifs aux gestes des mains) « la définition de la forme par la lumière », et « le sens du mouvement interrompu » (Cécilia semble tourner la tête comme si quelqu’un lui parlait). Cécilia porte une robe somptueuse, « préfigurant la mode espagnole, et peut-être rapportée de Naples par Ludovic Sforza » Sa tête est enveloppée d’un précieux voile transparent. Léonard a mis un soin tout particulier à rendre le collier de perles, ainsi que ses reflets noirs sur la chair rose du modèle. Le décalage entre la richesse des vêtements, le geste ferme et le visage encore juvénile ajoutent au charme du tableau.

Ce portrait très raffiné est à l’image de son modèle. Cecilia Gallerani avait appris très tôt le latin. Elle composait des poèmes, pour lesquels on la comparait à Sapho. Plus tard, Matteo Bandello la qualifiera même d’un des « grands phares de la langue italienne ».

Plusieurs interprétations iconographiques de l’hermine que tient la jeune femme ont été proposées. On y a vu le symbole de la pureté. Léonard de Vinci lui-même le rappelle dans le Manuscrit H : « L’hermine (…) se laisse capturer par les chasseurs plutôt que de se réfugier dans un terrier plein de boue, pour ne pas entacher sa pureté ». Ce pourrait être aussi un calembour sur son nom de famille, Gallerani, l’hermine en grec se disant galay, ou encore l’emblème du More, qui était « l’ermellino », une petite hermine, depuis qu’il avait été décoré de l’ordre d’ell’ermillino en 1488 par Ferdinand II de Naples… , même si Léonard souhaitait peindre une hermine.

Vraisemblance L’hermine est un petit animal au corps allongé de 16 à 31 centimètres, blanc en hiver, la queue noire toute l’année, de petites oreilles ourlées et liserées de blanc, un museau effilé (un peu comme un rat), des pattes ne dépassant pas 5 centimètres, qui servait d’animal de compagnie à cette époque, dont la ressemblance est proche de la belette de la même famille des mustélidés. La représentation de Léonard de Vinci est très vraisemblable, allongé sur un avant bras féminin d’une trentaine de centimètres, une main toute aussi féminine d’une vingtaine de centimètres, dont la tête ne dépasse pas l’épaule, en appui sur son membre antérieur. L’hermine est prisée à la fois pour la blancheur de sa fourrure d’été, (pelage brun au dessus, blanc jaunâtre en hiver), ainsi que pour sa plus petite taille par rapport au furet dont la taille est le double et les dents beaucoup plus dangereuses. C’est davantage le furet qui paraîtrait énorme, trois fois plus long que la main de la dame, et sa tête est très différente (plus proche d’un petit renard). La représentation du peintre semble assez fidèle.

La Dame à l’hermine a été choisie en illustration sur la couverture du coffret 15 Years After (2005) du projet musical Enigma, créé par Michael Cretu. image reprise pour la couverture de l’album Enigma: The Platinium Collection (2010) célébrant 20 ans de musique d’Enigma.

La Dame à l’Hermine a servi de base pour une œuvre de Street’Art effectuée par Mr Degri le mercredi 22 septembre 2010 en direct à la galerie l’Entrepôt Monaco dans le cadre de l’exposition « Gestes Urbains » pour l’œuvre de bienfaisance de la fondation Théodora.

 

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la pureté de l’Hermine

Posté par othoharmonie le 28 mai 2013

 

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La robe d’une blancheur immaculée qu’elle porte dans les pays de neige a fait de l’hermine un des symboles de la pureté. Mais ce mammifère, l’un des plus récents de notre faune, est surtout un carnassier, parfaitement adapté à la chasse aux campagnols.

L’hermine fait partie des mustélidés, famille de chasseurs remarquables probablement apparue  au début de l’éocène, il y a une cinquantaine de millions d’années. Les mustélidés descendent d’ancêtres communs à l’ensemble de l’ordre des carnivores, les miacidés, qui vivaient en Europe au paléocène, il y a environ 60 millions d’années. L’un des mieux connus de ces animaux est Miacis, trouvé en Allemagne, qui devait ressembler à la martre et était au moins en partie arboricole.

 la pureté de l’Hermine dans HERMINE - VISON- BELETTE hermine21-215x300   Dans la lignée des mustélidés, le genre Mustela apparaît au miocène, il y a une vingtaine de millions d’années, après la séparation du tronc commun avec les genres Martes et Gulo (martres et glouton). Au pliocène, on trouve la première hermine connue, Mustela plioerminea, datée de 4 millions d’années, dont on a mis au jour des fossiles dans plusieurs sites d’Europe et d’Asie. De la fin du tertiaire au début du quaternaire, période pendant laquelle apparaissent la plupart des mammifères contemporains, Mustela plioerminea évolue en Mustela palerminea.

    L’hermine actuelle, Mustela erminea, existe seulement depuis 500 000 ans environ. De son berceau d’origine, l’Asie, elle gagne bientôt l’Amérique du Nord, en passant par le détroit de Béring lors d’un abaissement du niveau des eaux.

    On peut certainement lier l’apparition de l’hermine, et probablement celle de la belette, Mustela nivalis, qui lui ressemble, à l’extension des paysages ouverts, propices aux rongeurs, et auxquels les forêts cèdent  la place avec le refroidissement du climat, au pliocène. Les premiersMustela, peut-être arboricoles, se spécialisent alors dans la capture des petits rongeurs terrestres susceptibles de pulluler dès qu’abondent les graminées. À l’arrivée des glaciations, l’hermine et la belette se sont maintenues dans les paysages devenus inhospitaliers pour de nombreuses autres espèces, car elles sont capables de poursuivre lemmings et campagnols jusque dans leurs galeries sous la neige. Elles se sont ainsi largement développées dans les zones tempérées et froides de l’hémisphère Nord, alors que la pression de la concurrence et de la prédation a considérablement limité leur extension vers le sud.

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Les couleurs de l’Hermine

Posté par othoharmonie le 28 mai 2013

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Les couleurs de l’Hermine dans HERMINE - VISON- BELETTE couleurs-d-elhermine L’été, l’hermine est brune avec le ventre jaunâtre. Mais l’hiver, son pelage devient d’une blancheur immaculée : seuls le bout de son nez et le pinceau terminal de sa queue restent noirs (ainsi que ses yeux !). Cependant, certains individus ne deviennent pas blancs. Les hermines qui restent brunes acquièrent souvent un pelage plus clair après la mue d’automne et leur ventre devient d’un blanc pur.

    Toutes les hermines muent deux fois par an. À l’automne, des poils de bourre nettement plus serrés viennent remplacer le pelage d’été, d’abord sur le ventre puis sur les flancs et enfin sur le dos et la tête. Le phénomène est sous la dépendance de la durée relative du jour et de la nuit. Les animaux habitant des latitudes nordiques muent de façon précoce et en quelques jours seulement. Sous des climats plus cléments, comme en Europe occidentale tempérée, la mue est plus tardive et dure de 4 à 6 semaines. À l’inverse, la mue de printemps commence plus tôt chez les animaux les plus méridionaux et débute par la tête pour se terminer par le ventre. Et les populations arctiques et subarctiques, qui vivent plus longtemps sur la neige, bénéficient d’une longue protection au niveau de leur ventre.

 Le changement de couleur est lié à la fois à l’hérédité et à l’influence du milieu extérieur. Il semble même que, dans une région donnée, le pourcentage d’animaux blancs puisse varier d’un sexe à l’autre ; et, dans les populations où le changement de couleur n’est pas général, les femelles sont plus souvent blanches que les mâles.

    Température minimale, enneigement, gel, altitude conditionnent également le changement de couleur. En Amérique du Nord ou en Eurasie, certaines populations deviennent blanches l’hiver et d’autres, plus méridionales, restent brunes : au niveau de la Biélorussie, entre la Pologne et les pays Baltes, la frontière passe entre 50° et 55° de latitude nord et correspond à la limite des zones où la neige tient plus de 40 jours par an. Vers l’ouest, la limite se situe autour de 51° aux Pays-Bas, là où l’influence maritime est encore forte. En Angleterre, les hermines restent brunes l’hiver, mais elles blanchissent en Écosse et au pays de Galles. En France, dans les zones de montagne, elles changent de couleur.

 La blancheur du pelage d’hiver est liée à l’absence de mélanine, le pigment qui le colore normalement. Quand la température descend au-dessous de 2 °C, les flancs de l’hermine deviennent blancs, et son corps tout entier blanchit si la température descend au-dessous de – 1 °C pendant la mue. Si la température fluctue à l’automne, les hermines peuvent devenir pie. C’est ce que l’on observe dans les zones de transition entre les populations blanches du Nord et les populations brunes du Sud.

    Si les hermines des zones froides et boréales deviennent blanches en hiver, c’est certainement pour mieux échapper à leurs prédateurs sur fond de neige, en particulier les rapaces, buse ou chouette, par exemple. Leur blancheur les avantage également pour rechercher les petits rongeurs qui, eux, ne changent pas de couleur en hiver, car, vivant sous la neige, ils ne s’exposent pas comme l’hermine aux regards des prédateurs aériens.

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L’hermine et l’homme

Posté par othoharmonie le 28 mai 2013


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L'hermine et l'homme dans HERMINE - VISON- BELETTE hermine13La fourrure de l’hermine, symbole de pureté morale, orne la robe des hauts dignitaires de l’Église, de l’État ou de l’Université. Mais l’animal est, pour certains chasseurs, un dangereux concurrent. Utilisée pour lutter contre les campagnols, elle a aussi commis de sérieux ravages là où les hommes l’ont introduite.

  « Il était une fois une hermine tout de blanc vêtue, poursuivie par un renard. Au cours de cette poursuite, les deux ennemis arrivèrent devant un ruisseau boueux. L’hermine avait deux solutions : se faire prendre par le renard ou passer dans le ruisseau et donc salir sa belle robe blanche. Elle choisit la première solution. » Telle est la légende qui explique la devise de la Bretagne : Kentoc’h mervel evit em lousa, « Plutôt mourir que de se souiller. » L’hermine stylisée est représentée sur de nombreux objets, ainsi que sur les armes de familles de la noblesse bretonne.

    Symbole de pureté morale, la fourrure blanche de l’hermine orne aussi depuis des siècles les tenues des plus hauts dignitaires, et bien sûr des rois. Pour satisfaire à ces modes, de nombreux pièges sont posés en Scandinavie, en Russie et en Amérique du Nord. Dans les années 1920 et au début des années 1930, l’État de New York fournit, à lui seul, 100 000 peaux d’hermine blanches par an. En 1937, le Canada envoie 50 000 peaux d’hermine en Grande-Bretagne, pour les cérémonies du couronnement de George VI. Pendant la décennie 1970, de 40 000 à 100 000 hermines et belettes à longue queue sont capturées chaque année aux États-Unis et au Canada. Et au Kamtchatka, en Sibérie, de l’hiver 1937-1938 à l’hiver 1963-1964, les captures d’hermines fluctuent entre 4 000 et 12 000 par an. Aujourd’hui, les peaux d’hermine sont moins recherchées, peut-être à cause du minutieux travail que demandent l’assemblage et la préparation de fourrures de si petite taille.

 Au début du XIXe siècle, l’arrivée en Nouvelle-Zélande des Européens amenant avec eux divers animaux et défrichant les terres a eu des conséquences désastreuses sur la faune locale. Plus de 150 populations différentes d’oiseaux indigènes de l’archipel ont disparu ou sont menacées de disparition. On ne connaît pas les chiffres pour les lézards et les insectes, mais ils sont certainement du même ordre de grandeur, voire pire. Les actions conjuguées de l’homme, du chien, du rat, du cochon ont provoqué l’anéantissement de nombreuses espèces qui n’étaient pas habituées à se méfier d’eux.

    L’hermine a, quant à elle, été introduite en Nouvelle-Zélande après 1884, dans le but d’enrayer la pullulation de lapins. Elle commet de nombreux dégâts sur les espèces d’oiseaux qui nichent à terre, surtout dans l’île du Sud ; elle s’attaque, par exemple, aux poussins des kiwiset dévaste les nids du mohoua . Comme elle peut  nager sur 1 km ou 1,5 km, elle a aussi été capable d’aller s’installer sur des îles proches de la Nouvelle-Zélande.

    Aujourd’hui, les oiseaux néo-zélandais qui ont survécu sur la grande île sont ceux qui étaient capables de réagir. Leur dynamique de population diffère de celle des espèces identiques qui vivent sur des îlots côtiers où elles n’ont encore jamais vu ni belette, ni hermine, ni rat, ni chat. Les populations qui côtoient les hermines produisent davantage de jeunes par nichée, commencent à se reproduire plus tôt en saison et pendant plus longtemps. Elles dépensent donc nettement plus d’énergie, mais compensent ainsi les pertes importantes dues à la prédation. Par ailleurs, si certaines populations craignent encore l’hermine, la déforestation et la destruction de leurs habitats sont  aujourd’hui une menace bien plus grave pour elles.

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