Proche du cheval, la Licorne

Posté par othoharmonie le 29 septembre 2012

 

La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire généralement décrite comme proche du cheval et de la chèvre et de couleur blanche, possédant un corps chevalin, une barbiche de bouc, des sabots fendus et une grande corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique.

Proche du cheval, la Licorne dans CHEVAL 220px-DomenichounicorndetailLa licorne est mentionnée depuis l’Antiquité grecque, sous le nom de monocéros. Elle devint l’animal imaginaire le plus important du Moyen Âge à la Renaissance, que ce soit dans l’iconographie des bestiaires médiévaux qui la décrivent comme un animal sylvestre très féroce, symbole de pureté et de grâce, que seule une vierge peut capturer, ou dans les encyclopédies où sa corne possède le pouvoir de purifier l’eau de tout poison et de guérir les maladies. Des objets présentés comme d’authentiques « cornes de licorne » s’échangèrent durant ces périodes.

On découvrit peu à peu que ces « cornes de licorne » étaient en réalité des défenses de narval, et que les multiples descriptions qui avaient été faites de la licorne correspondaient aux déformations d’animaux comme le rhinocéros et l’antilope. La croyance en l’existence de la licorne fut discutée jusqu’au milieu du XIXe siècle et de tous temps, la bête intéressa des théologiens, médecins, naturalistes, poètes, gens de lettres, ésotéristes, alchimistes, symbolistes et historiens.

La licorne blanche telle que nous la connaissons est une créature chimérique légendaire et non pas un mythe car elle n’est pas liée à la création du monde, à des gestes héroïques ou la fondation d’une ville, mais le résultat d’un mélange entre tradition orale et écrite, récits de voyageet description des naturalistes. De nombreux auteurs ont développé des théories plus ou moins sérieuses qui s’opposent quant à ses origines, à tel point qu’Odell Shepard suggère non sans humour dans son ouvrage The lore of the unicorn, publié en 1930, que l’origine de la licorne devait se trouver dans l’Atlantide ou les montagnes de la lune.

L’une des peintures de Lascaux a été qualifiée de « licorne » en raison de deux traits rectilignes sur son front, mais il s’agit vraisemblablement de la reproduction d’un animal bien réel, probablement le lynx.

Selon l’auteur ésotériste Francesca Yvonne Caroutch, l’origine de licorne se confondrait avec la nuit des temps. Issue du chamanisme, elle était, semble-t-il, fabriquée artificiellement pour le culte de la fertilité, pratique qui perdure dans les confins du Kham, au Tibet oriental, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Symbole cosmique dans la civilisation mésopotamienne, de fécondité et de fertilité dans la civilisation indo-aryenne, on la retrouverait dans les plus anciennes cosmogonies et des textes religieux et philosophiques aussi bien chinois qu’indiens ou perses. La licorne serait aussi mentionnée en Himalaya, Mésopotamie, et Crète préhellénique. Il n’existe toutefois aucune preuve historique véritable pour étayer cette théorie.

 dans CHEVALSelon une autre étude plus récente, la licorne serait issue de l’ancien paganisme européen, du dieu gaulois cornu Cernunnos et de la mythologie nordique. Sa présence en Orient aurait été rare et tardive, propagée par les nouvelles voies commerciales, et les points communs avec des mythes hindous ne seraient dus qu’à de mauvaises traductions. Quelques références à la licorne et à sa symbolique se trouveraient dans la mythologie nordique car pendant le Ragnarök, Freyr succombe devant Surt qu’il affrontait avec une épée en bois de cerf « armé d’une seule ramure ainsi qu’un cerf à l’hallali », et la lance Gungnir (gravé des runes de la Loi) pourrait aussi être assimilée à la corne de licorne. Il s’agit d’une interprétation que rien ne peut confirmer.

Deux études universitaires dont la thèse de Bruno Faidutti s’opposent aux théories sur l’origine antique de la licorne. Les créatures orientales comme le qilin chinois ne pourraient pas être à l’origine de la licorne occidentale dont la figure résulte d’un travail sur les premiers bestiaires et les textes gréco-romains, eux-mêmes probablement issus de l’observation d’animaux exotiques réels. Les liens entre licorne européenne et licorne asiatique sont donc remis en cause car ces deux légendes auraient deux origines très différentes : les licornes asiatiques étaient fabriquées en liant par le fer et le feu les cornes de certaines chèvres angora, cette corne artificielle était donc courte et ressemblait à deux chandelles tressées, tandis que la licorne européenne blanche est une création du haut Moyen Âge, empruntant beaucoup au Physiologos et un peu aux textes gréco-romains, et portant une longue corne torsadée. Bruno Faidutti affirme toutefois que, bien que les déformations d’animaux réels expliquent en grande partie l’origine des multiples descriptions de la licorne, l’histoire de cette créature est bien plus complexe qu’un choix entre l’observation d’un « rhinocéros dans la brume » ou d’une « antilope vue de profil ».

On compte des centaines, voire des milliers de miniatures de licornes avec la même mise en scène inspirée du Physiologos : la bête est séduite par une vierge traitresse et un chasseur lui transperce le flanc avec une lance. Nulle part ailleurs la licorne n’est liée de cette façon à la virginité des jeunes filles. La « capture de la licorne » semble issue de la culture de l’amour courtois, liée au respect de la femme, aux loisirs délicats, à la musique et à la poésie et tous ces récits comme leurs illustrations seraient d’inspiration chrétienne, la licorne y représentant la trahison envers le Christ, flanc percé par une lance comme dans l’épisode biblique de la Passion de Jésus-Christ.

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