Cheval : le mythe du centaure

Posté par othoharmonie le 22 septembre 2012

 

Statue représentant un homme-cheval : tête et buste d'homme, corps, membres et queue de cheval, vu de dessous.Le « mythe du centaure » désigne « le couplage parfait entre l’instinct et la raison, entre l’intelligence et la force brute », tel qu’il est symbolisé par l’image d’un buste humain rattaché à un corps, une croupe et des membres de cheval. Le Dictionnaire des symboles affirme que tous les rites, mythes, poèmes et contes évoquant le cheval ne font que mettre en relief cette relation entre le cavalier et sa monture, considérée, en termes psychanalytiques, comme représentant celle du psychique et du mental : « s’il y a conflit entre eux deux, la course du cheval mène à la folie et la mort, mais s’il y a accord, la course se fait triomphale ». Pour le cavalier, il s’agit de contrôler l’instinct (la partie animale) grâce à l’esprit (la partie humaine). Carl Gustav Jung note une relation d’intimité entre le cavalier et sa monture, il soutient dans Métamorphoses de l’âme et ses symboles que « le cheval semble représenter l’idée de l’homme avec la sphère instinctuelle à lui soumise […] les légendes lui attribuent des caractères qui reviennent psychologiquement à l’inconscient de l’homme : [ils] sont doués de clairvoyance […] ils guident les égarés […] ils ont des facultés mantiques [… ils voient] aussi les fantômes ». Le cheval semble donc pour lui métaphoriser la libido, l’énergie psychique émanant de l’inconscient, et la part animale de l’homme. Selon Marie-Louise von Franz, le cheval représente l’énergie psychique animale, instinctuelle, considérée dans son essence la plus pure et souvent liée à l’ombre, notamment dans Le Cycle du Graal.

Dans sa Psychanalyse des contes de féesBruno Bettelheim explique l’attirance de nombreuses petites filles pour les chevaux-jouets qu’elles coiffent ou habillent, et plus tard la continuité de cette attirance à travers la pratique de l’équitation et les soins aux chevaux, par le besoin de compenser des désirs affectifs : « en contrôlant un animal aussi grand et puissant que le cheval, la jeune fille a le sentiment de contrôler l’animalité ou la part masculine qui est en elle ». Freud voit lui aussi le cheval comme un « symbole du psychisme inconscient ou de la psyché non-humaine », la bête en l’homme.

Selon l’écuyer du cadre noir Patrice Franchet d’Espèrey, le mythe du centaure contient « tout ce qui est lié au cheval dans l’imaginaire », la quête du cavalier étant d’obtenir l’accord parfait avec sa monture, pour « ne faire qu’un » avec elle. Il est rappelé dans tous les traités d’équitation, du xvie siècle au xxe siècle, traduisant la maîtrise de l’homme sur la nature.

Une Réponse à “Cheval : le mythe du centaure”

  1. Manuella dit :

    c’est un superbe mythe qui montre bien la relation forte entre le cheval et son cavalier. c’est un joli hommage à ces animaux.

    Manuella

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