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Cheval, animal de guerre

Posté par othoharmonie le 16 septembre 2012

 

Cheval, animal de guerre dans CHEVAL 220px-Black_StallionLe cheval est « l’animal de guerre par excellence » : Georges Dumézil l’associait uniquement à la deuxième fonction indo-européenne, mais cette affirmation doit être nuancée à la lumière de découvertes plus récentes, puisque le cheval participe aussi à la fonction royale et aux cultes de la fertilité. Il s’appuie notamment sur les Romains, qui associaient sans ambiguïté le cheval à la fonction guerrière, par opposition aux ânes et aux mulets, animaux agricoles. Le rituel d’October Equus vouait ainsi le cheval à Mars. Les Equiria, courses hippiques dédiées à Mars, avaient peut-être aussi une fonction agraire. C’est dans les épopées celtiques que cet aspect guerrier du cheval est le plus mis en avant, associé à la robe alezane. Si l’initiation de la chevalerie a un rapport étroit avec cette perception de l’animal, le symbolisme du cheval comme « monture privilégiée de la quête spirituelle » ne doit pas pour autant y être négligé.

L’image du cheval comme animal de domination militaire s’ancre si bien qu’en France, avec la venue de la troisième République, aucun chef d’état n’ose plus se présenter à cheval. Elle demeure toutefois dans le défilé militaire du 14 Juillet. Lorsque des ouvriers grévistes font reculer des cavaliers, le signe de domination du monde ouvrier sur l’armée est fort. Bien que la répression par des cavaliers appartienne au passé dans la plupart des pays, cette image symbolique perdure.

300px-Bors_and_Lionel dans CHEVALSymbole royal

Le lien entre le cheval et la royauté existe dans de nombreuses civilisations, notamment chez les Perses. Certains mythes comme celui d’Hippodamie, en Grèce antique, font du cheval un moyen d’accession au mariage royal. Un rite d’intronisation irlandais consistait à sacrifier une jument blanche, la faire bouillir, et à partager sa chair dans un banquet. Le prétendant au trône devait ensuite se baigner dans le bouillon de l’animal et en ressortait investi de pouvoir secrets. La jument sacrifiée symbolise ici la terre, et le roi le ciel. Les oreilles de cheval du roi Marc’h, souvent assimilées à une marque animale honteuse dans les plus anciennes interprétations, sont plus probablement une marque de royauté légitimisant la fonction du souverain dans la société celtique.

Les rois occidentaux commandent souvent leur propre statue ou portrait équestre : le dos du cheval fait office de trône et rehausse leurs qualités de bonté, de majesté et de puissance souveraine. La représentation de cheval avec un membre antérieur levé est celle de l’autorité royale prête à s’abattre sur les opposants. Le cheval blanc est le plus prisé dans ce rôle, le célèbre cheval blanc d’Henri IV de France n’y étant sans doute pas étranger : il « attire le regard et focalise l’attention ». De plus, la symbolique de la robe blanche est plus chargée que chez les chevaux d’autres couleurs. Durant les troubles politiques, la destruction des représentations de rois à cheval a valeur de contestation.

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Cheval, Compagnon d’aventures

Posté par othoharmonie le 16 septembre 2012

Cheval, Compagnon d'aventures dans CHEVAL 220px-Plunging_bronco%2C_Bar_Diamond_Bar_rangeEnfourcher sa monture, tant dans la littérature qu’au cinéma, est souvent vu comme le point de départ pour l’aventure. C’est le cas dans les romans de Chrétien de Troyes : Erec, par exemple, choisit un cheval et une épée en « suivant un élan créatif qui le mène vers sa propre réalisation » et entame ainsi sa quête initiatique vers le pouvoir et la pureté. L’image du chevalier errant, recherchant l’aventure et les hauts faits en parcourant le monde à cheval, y est étroitement liée.

La plupart des épopées font du cheval l’allié fidèle et dévoué du héros qu’il assiste quels que soient les dangers. Bayard, cheval-fée donné à Renaud de Montauban, demeure ainsi son fidèle protecteur et allié même lorsque Renaud le trahit en le livrant à Charlemagne, qui ordonne ensuite de le noyer.

Dans les contes, le cheval n’est jamais le héros de l’histoire, même lorsqu’il donne son nom au conte comme cela peut être le cas avec Le petit cheval bossu. À l’inverse d’autres animaux des contes qui ne sont que des « masques des faiblesses humaines », les pouvoirs du cheval paraissent illimités et sa loyauté envers son maître est toujours sans failles.

Dans les westerns, le cheval est omniprésent, permettant au cow-boy de rêver durant les longues heures qu’il passe en selle. Le symbolisme du cheval merveilleux des mythologies s’y retrouve largement : bien souvent, le cheval de l’ouest sauvage est capable de galoper des heures durant sans jamais se fatiguer, n’obéit qu’à son maître voire a de l’affection pour lui, et se révèle extraordinairement intelligent. Henri Gougaud dit à ce propos qu’« un cow-boy sans sa monture n’est qu’un centaure brisé en deux, une âme séparée d’un corps, un être sans existence profonde, trop seul, trop maladroit pour tenir à notre inconscient le discours que nourrit un rêve millénaire. Le véritable héros de western, c’est le cheval, la plus noble conquête du cinéma ».

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Cheval et/ou symbole sexuel

Posté par othoharmonie le 16 septembre 2012

Cheval et/ou symbole sexuel dans CHEVAL 170px-Dunstan_and_the_Devil_-_Project_Gutenberg_eText_13978Paul Diel parle du cheval comme d’un symbole de « l’impétuosité du désir », et de nombreux textes, notamment les épopées grecques, content comment des dieux se changent en chevaux pour s’accoupler. Dans l’épopée finlandaise KalevalaLemminkäinen interrompt une réunion de jeunes filles, monté sur son coursier, et enlève Kylliki. Pour Henri Gougaud, le cheval symbolise là « l’énergie sexuelle libérée sans contrainte ». Carl Jung lie le Diable dans son rôle de dieu jetant l’éclair (« le pied de cheval ») au rôle sexuel et fécondant de l’animal : l’orage féconde la terre et l’éclair revêt un sens phallique, faisant du pied de cheval « le dispensateur du liquide fécondant », et du cheval un animal priapique dont les empreintes de sabots « sont des idoles qui dispensent bénédiction et abondance, fondent la propriété et servent à établir les frontières ». Ce symbolisme se retrouve dans le fer à cheval porte-bonheur.

Le cheval est un animal phallique, ne serait-ce que par l’ambiguïté du mot chevaucher, largement partagée par plusieurs langues. Cette image est issue de la proximité entre le cavalier « qui a la bête entre les jambes » et se déplace par des mouvements cadencés, et le coït au cours duquel on retrouve la griserie, la sueur et les sensations d’une chevauchée équestre. Les satyres de la mythologie grecque, connus pour leur côté lubrique, étaient à l’origine partiellement hippomorphes, puisque dotés d’une queue, d’oreilles et de pieds de cheval.

Certains poètes utilisent le mot « pouliche » pour désigner une jeune femme fougueuse. D’après Jean-Paul Clébert, le cheval blanc joue un rôle érotique dans les mythes relatant des enlèvements, des rapts et des viols de femmes étrangères. L’hippomane, structure flottante trouvée dans le liquide amniotique des juments, s’est longtemps vu attribuer des vertus aphrodisiaques bien qu’il ne possède aucune propriété particulière.

Pédérastie

Une proximité entre le cheval et la pédérastie en Grèce antique a été relevée par Bernard Sergent. La conduite du char apparaît comme partie intégrante de l’initiation d’un éraste à son éromène. En Scandinavie médiévale, l’homosexuel passif était qualifié de « jument », ce qui équivaut à une insulte, tandis que l’homosexuel actif était valorisé dans son rôle d’étalon. Le cheval-jupon, masque de carnaval souvent animé par des confréries masculines et connu depuis le Moyen 220px-Wilhelm_Tr%C3%BCbner_Kentaurenpaar_im_Wald dans CHEVALÂge, pourrait avoir eu un lien avec des initiations (ou un bizutage) entre pédérastes.

Viol

Tout comme le satyre, le centaure est réputé pour son appétit sexuel insatiable, allant jusqu’à enlever des femmes pour les violer. En raison de sa proximité symbolique (érotisme, peur du piétinement et de la morsure) mais aussi étymologique avec le cauchemar, le cheval est considéré comme un animal incube dans bon nombre de pays, c’est-à-dire un violeur de femmes. Cette perception est évidente dans Le Cauchemar de Füssli, où « le cheval vient du dehors et force l’espace intérieur ». La simple présence de sa tête et de son cou entre les rideaux symbolise le viol, tandis que son corps demeure à l’extérieur, dans la nuit. Carl Jung rapporte le cas d’une femme que son mari avait très brutalement prise par derrière, et qui rêvait souvent « qu’un cheval furieux sautait sur elle, lui piétinant le ventre de ses pattes de derrière ».

Selon certaines versions de la naissance de Merlin, l’incube qui l’a enfanté possède des pieds de cheval.

 

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Le Cheval et ses Liens avec les éléments

Posté par othoharmonie le 16 septembre 2012

Le Cheval et ses Liens avec les éléments dans CHEVAL 220px-Teppo_works_up_a_sweat_in_early_SpringLe cheval a cette particularité d’être associé à chacun des trois éléments constituants (terre, eau et feu) et des astres (soleil et lune), apparaissant comme leur avatar ou leur ami. À l’inverse des trois autres éléments, qui répondent à l’étymologie du cheval comme animal en mouvement, la terre apparaît toutefois éloignée de son symbolisme. Le cheval chtonien positif, capable de guider son cavalier dans les régions souterraines et infernales, est surtout présent en Asie centrale, notamment à travers le mythe de Tchal-Kouirouk.

Gilbert Durand distingue plusieurs types d’animaux, comme le chtonien, l’ailé et le solaire. Le cheval apparaît « galopant comme le sang dans les veines en jaillissant des entrailles de la terre ou des abysses de la mer ». Porteur de vie ou de mort, il est lié au « feu destructeur et triomphateur » comme à « l’eau nourricière et asphyxiante ». Carl Jung cite parmi « les chevaux de feu et de lumière représentés par le quadrige mystique » un motif particulier, celui des signes des planètes et des constellations. Il ajoute que « les chevaux représentent aussi les quatre éléments ».

Des quatre éléments, l’eau est celui que l’on retrouve le plus souvent associé au cheval, que l’animal soit assimilé à une créature aquatique, qu’il soit lié à des êtres féeriques comme les kappa du Japon, ou qu’il soit monture de divinités des eaux. Il peut naitre lui-même de l’eau ou bien la faire jaillir sur son passage. Cette association peut relever autant de l’aspect positif et fécondant de l’eau que de ses aspects dangereux.

Pour Marc-André Wagner, cette association remonte à la préhistoire indo-européenne. Pour Ishida Eiichiro, sa large diffusion dans toute l’Eurasie de la Méditerranée au Japon pourrait remonter à un ancien culte de la fertilité et aux premières sociétés agricoles, où l’animal de l’eau était au départ le taureau. Le cheval s’est substitué à ce dernier avec l’expansion de son usage. Marlene Baum fait remonter la première association eau-cheval aux peuples scandinaves de la Baltique et de la mer du Nord, qui utilisent aussi des kenning comme « cheval des vagues » pour désigner les plus longs bateaux des vikings. Cette proximité pourrait découler d’une « entente symbolique entre deux corps mobiles », le cheval permettant à l’homme de traverser les flots grâce à sa force et sa compréhension des éléments.

Au-delà de toute légende, l’imagination populaire associe fréquemment les chevaux et les vagues déferlantes sur les rivages. Traditionnellement, la marée au Mont Saint-Michel est censée arriver « à la vitesse d’un cheval au galop », bien qu’en réalité le galop du cheval soit cinq fois plus rapide.

Le cheval révélateur d’eau

220px-Rando_cheval_Puy dans CHEVALLe mythe le plus fréquent est celui du cheval qui révèle l’eau, tel Pégase faisant jaillir la source Hippocrène, le cheval sourcier du dieu Balder selon le folklore scandinave, le cheval blanc de Charlemagne creusant une source pour désaltérer les soldats en campagne, la jument de Bertrand du Guesclin découvrant les eaux de la Roche-Posay, ou encore Bayard, créateur de nombreuses fontaines portant son nom dans le massif central. Une explication possible réside dans une croyance partagée dans toute l’Eurasie, selon laquelle le cheval perçoit le cheminement des eaux souterraines et peut les révéler d’un coup de son sabot.

Des vertus sont parfois associées à ces eaux nées sous le sabot du cheval. L’Hippocrène acquière le don de changer qui y boit en poète, ce qui revient symboliquement à l’image d’un enfant buvant à la source, un « éveil des forces impulsives et imaginatives ». À Stoumont, le cheval Bayard aurait laissé son empreinte sur un bloc de quartzite. L’eau stagnante dans la cuvette de ce Pas-Bayard est réputée soigner les maladies de la vue et les verrues.

 

Le sacrifice du cheval dans l’eau

Le sacrifice du cheval dans l’eau semble avoir été pratiqué par bon nombre de peuples indo-européens. Il participe généralement à des rites de fécondité : les Perses effectuaient ce type de sacrifice en l’honneur de la déesse Anahita, et les russes noyaient un cheval volé dans la rivière Oka, comme offrande saisonnière au « Grand-Père », génie des eaux. En Grèce antique, le sacrifice avait pour but de se concilier les bonnes grâces de Poséidon avant une expédition maritime. Les habitants de l’Argolide sacrifiaient ainsi des chevaux harnachés au dieu, les précipitant dans le fleuve la Dine selon Pausanias. Dans l’Iliade, les Troyens sacrifient des chevaux au fleuve Scamandre, vu comme une divinité.

Le cheval et la pluie

220px-Fo_marcuss72_01Le cheval de la pluie est vu comme un démon de la fécondité au rôle positif. En Afrique tout particulièrement, il assiste les divinités. C’est le cas chez les Ewes, où la monture du dieu de la pluie est vue comme une étoile filante. Les Kwore, initiés Bambara, connaissent un rituel pour appeler la pluie, dans lequel ils enfourchent un cheval de bois symbolisant les montures ailées de leurs génies lutant contre ceux qui veulent empêcher l’eau régénératrice de tomber du ciel.

Dans la religion nordique ancienne, les valkyries montent des chevaux de nuage dont la crinière fait tomber la rosée dans les vallées et la grêle dans les forêts. En basse-Autriche, l’apparition d’un géant sur un cheval blanc présage l’arrivée de la pluie.

L’air

Chevaux du vent

220px-Knabstrupper_BaronUne conception archaïque donne au vent des traits hippomorphes, l’alliance du cheval et du vent est souvent née d’une qualité commune : la vitesse. Carl Jungparle de rapidité du vent dans le sens d’intensité, « c’est-à-dire que le tertium comparationis est encore le symbole de libido. … le vent un sauvage et lubrique coureur de filles. » Il ajoute que les centaures sont aussi des dieux du vent.

Les vents sont symbolisés par quatre chevaux dans les pays arabes, où l’on dit par ailleurs qu’Allah a créé l’animal à partir de cet élément. En Chine, le dieu des vents Vâyu chevauche. En Grèce, Éole était initialement perçu comme un cheval, et Borée se fait étalon afin d’engendrer douze poulains légers comme le vent avec les juments d’Érichthonios ce qui illustre l’image épique et mythologique du vent fécondateur de juments.

Une croyance tibétaine reprise par le bouddhisme fait du cheval du vent une allégorie de l’âme humaine. Plusieurs antécédents sont retracés. Il y a longtemps eu confusion entre klung rta (cheval de rivière) et rlung rta (cheval du vent). « Cheval de rivière » pourrait être le concept original, la dérive vers « cheval du vent » aurait été renforcée par l’association du « cheval idéal » (rta chogs) avec la rapidité et le vent.

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Le Cheval Ouranien

Posté par othoharmonie le 16 septembre 2012

Le Cheval Ouranien dans CHEVAL 220px-Dagr_by_ArboL’association du cheval au soleil est connue dès l’âge du bronze : il semblerait que plusieurs peuples aient imaginé puis représenté le soleil sur un char afin de signifier son déplacement. L’ajout du cheval devant ce char pourrait aussi découler, selon Ernest Jones, de la perception première du cheval par l’homme comme celle d’un animal « brillant » : la racine linguistique indo-européenne pour signifier la brillance, MAR, aurait donné le mot anglais pour la jument, « mare ». La plupart des récits mythologiques témoignent d’une évolution dans cette association. D’abord assimilé lui-même à un cheval, souvent blanc, le soleil est anthropomorphisé pour devenir une divinité dont le cheval est un attribut. Ce cheval solaire est l’animal du culte phallique, de la fécondité et de la reproduction. En Chine, le cheval est typiquement yang.

Venceslas Kruta explique de nombreuses représentations artistiques chevalines de la période de Hallstatt par un lien avec une divinité solaire. Plusieurs auteurs supposent même que les premiers peuples celtes connaissaient un cheval solaire divin ou une divinité cavalière sidérale à la course rapide, et que le cheval était symbole du dieu solaire, ou du moins d’Eochaid Ollathair dans ses fonctions de maître du ciel.

La plus ancienne attestation du cheval solaire figure dans le rituel sacrificiel de l’Ashvamedha, en Inde, qui comporte un hymne issu du Rig-Veda, disant que les dieux ont « façonné le cheval de la substance du soleil ». De plus, le soleil y apparaît sous les traits d’un cheval ou d’un oiseau. Le védisme connaît aussi un char solaire tiré par un ou sept animaux, les coursiers d’Indra ont « des yeux brillants comme le soleil ». Ils s’attèlent d’eux-mêmes à leur char au joug d’or, leur rapidité dépasse la pensée. Le nom du cheval indien, asha, a un rapport étroit avec la lumière pénétrante, incarnant le dharma et la connaissance. Les ashvins, jumeaux divins à tête de cheval nés de ces animaux, sont liés au cycle du jour et de la nuit. Ratnasambhava, symbole solaire, est représenté à cheval.

Chez les anciens scandinaves, cette association apparaît sur des dessins rupestres et de nombreux objets, le plus connu étant le Char solaire de Trundholm. Chez les germains, les mythes de Skinfaxi et d’Árvak et Alsvid renvoient à une monture cosmique dont la crinière créé le jour, et à un char solaire hippomobile, mais peu de liens pertinents sont connus quant à d’éventuels cultes solaires équins. Les peuples de l’Oural et de l’Altaï associent la terre au bœuf et le ciel au cheval mâle solaire.

Dans la mythologie grecque, Apollon remplace Hélios et son char attelé aux chevaux du soleil, mais conserve le cheval comme attribut. Le mythologie romaine popularise les coursiers du char d’Hélios en les nommant et en rapportant le mythe de Phaéton199. Des cultes solaires et des courses en l’honneur de cet astre témoignent de cette association durant l’Antiquité, tant chez les romains à travers les courses de chars, que chez les Perses, à Salente, ou encore chez les grecs en Laconie et à Rhodes.

Un char solaire est attesté dans la Bible, (Deuxième livre des Rois, II), attelé de chevaux de feu, il emporte Élie dans le ciel. Verticaux et aériens, les chevaux marquent ici une rupture entre le monde céleste et le monde terrestre. L’Hortus Deliciarum, encyclopédie chrétienne médiévale, présente une miniature où un char solaire est traîné par des chevaux, probablement une reprise d’un thème antique.

220px-Muybridge_race_horse_animated dans CHEVALLe tonnerre et l’éclair

Gilbert Durand note que l’animal s’associe à « l’effroi devant la fuite du temps symbolisée par le changement et par le bruit », le plus souvent en lien avec les constellations aquatiques, le tonnerre et les enfers. Les « chevaux du tonnerre » sont caractérisés par leur galop bruyant, un son « isomorphe du rugissement léonin ». Carl Jung relève aussi cette analogie entre le cheval et l’éclair, et cite le cas d’une hystérique terrorisée par l’orage, qui voyait un cheval noir immense voler jusqu’au ciel à chaque fois que la foudre frappait. Les mythologies connaissent aussi des associations éclair-cheval, notamment avec le dieu hindou Yama. Enfin la cuisse du cheval était réputée détourner les éclairs « selon le principe similia similibus ».

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