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La Coccinelle Asiatique

Posté par othoharmonie le 28 août 2012

 

Par Bruno Scala, Futura-Sciences

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La coccinelle asiatique n’est plus la bienvenue en Europe. Introduite à la fin des années 1980 pour lutter contre les pucerons, elle s’attaque également aux coccinelles locales, fragilisant les populations. Le symbole d’une introduction non maîtrisée.

La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est l’un des meilleurs exemples de lutte biologique mal contrôlée. Cet insecte fut importé en Europe et aux États-Unis dans les années 1980 et les premières populations ont été détectées en Belgique au début des années 2000. Elle y est maintenant installée durablement et fragilise très fortement les populations de coccinelles locales.

 Harmonia axyridisCette espèce invasive est particulièrement vorace et c’est précisément pour son appétit qu’elle a été importée en Amérique du Nord puis en Europe, en tant qu’agent de lutte biologique contre les pucerons qui s’attaquent aux jardins et cultures. Mais en réalisant sa tâche, l’’insecte est entré en compétition avec ses cousines européennes dont les populations sont désormais en déclin, ce qui n’était pas exactement l’effet escompté… Ou comment un antinuisible devient nuisible à son tour.

Sept espèces de coccinelles locales en déclin sur huit étudiées

En Angleterre et en Belgique, où les études ont eu lieu, il existe respectivement vingt-cinq et trente-huit espèces de coccinelles connues. Des programmes de science participative visant à les recenser y ont été mis en place avant même l’introduction de H. axyridis. Une base de données précieuse pour les scientifiques car les citoyens ont réalisé des comptages (vérifiés par un biologiste expert) avant et après l’arrivée de l’organisme invasif. Au total, plus de 150.000 enregistrements ont été effectués.

Les scientifiques ont néanmoins concentré leur analyse sur huit espèces communes aux deux pays et ont ainsi déterminé que pour cinq d’entre elles en Belgique et sept en Angleterre, le nombre d’individus avait chuté suite à l’arrivée du spécimen asiatique. Seule Coccinella septempunctata a résisté à l’envahisseur, comme l’expliquent les chercheurs dans la revue Diversity and Ditribution.

Prédation et compétition pour l’habitat et la nourriture

H. axyridis entre en effet en compétition avec les autres espèces, dont elle partage les niches écologiques en chassant les mêmes proies et en vivant sensiblement au sein des mêmes habitats. Mais, de surcroît, forte d’une taille plus importante, la coccinelle asiatique s’attaque également aux autres espèces. Une thèse confortée par la résistance de C. septempunctata, insecte d’assez grande taille et dont l’habitat est sensiblement différent de H. axyridis.

Fichier:Pupe de Harmonia axyridis.jpgUne introduction ratée donc et qui n’est pas sans conséquences, à plus grande échelle. De plus, il n’est pas garanti que H. axyridis soit capable d’assurer les services écologiques initialement sous la responsabilité des autres coccinelles. En effet, elle s’attaque davantage aux pucerons en champs alors que certaines coccinelles locales ont également une action sur les ravageurs d’arbres et arbustes.

Enfin, comme le rappellent les auteurs de l’étude, les espèces invasives font partie des cinq facteurs les plus néfastes pour la biodiversité. Il est déjà difficile de lutter contre les introductions involontaires. Toutefois, on continue à sciemment perturber les écosystèmes en pensant ensuite pouvoir les maîtriser. Or, l’expérience montre que l’on se trompe…

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Coccinelle, carrosserie chic

Posté par othoharmonie le 28 août 2012

 

Fichier:Harmonia axyridis.jpg

En attendant le grand envol vers la plaine, les coccinelles s’accouplent en altitude. Au bout d’une semaine de bains de soleil quotidiens, les mâles sont prêts. Les mouvements de leurs antennes sont de plus en plus démonstratifs. Quand la température atteint 15 °C, ils commencent à chevaucher leurs congénères sans distinction de sexe. Escalader une demi-sphère lisse n’est pas une mince affaire, même quand on dispose pour s’arrimer de six pattes équipées de deux puissants crochets chacune. Chutes et roulades ponctuent ces approches acrobatiques.


C’est à l’odeur que les mâles reconnaissent finale ment la nature de leur conquête. Ils ne persisteront à s’y accrocher que si elle est bel et bien du sexe op posé. Entre coccinelles, les jeux de parfums sont à la fois subtils et lourds de conséquences. Une femelle peut refuser l’accouplement si elle sent dans l’odeur de son prétendant que celui-ci est mal nourri. Elle cherchera alors à désarçonner son cavalier. En d’autres circonstances, c’est un mâle concurrent qui déstabilisera, puis remplacera le soupirant insuffisamment accroché.

Une fois bien réveillées, les femelles coccinelles peuvent transporter sur leur dos, au gré de leurs expéditions printanières, leur partenaire en pleine besogne. Et les appariements de s’enchaîner au fil des jours, assurant aux femelles une riche collection de spermatozoïdes qu’elles vont garder au chaud dans une poche ventrale. Disponibles à tout moment pour féconder les oeufs, ils conserveront leur fertilité pendant en tout cas deux mois.

Fichier:Harmonia axyridis taches et W frontal.jpgPeu à peu, les séances d’étirement se multiplient. Les coccinelles écartent les deux pans de leur carapace colorée pour libérer leurs ailes membraneuses qu’elles déplient avec les plus grandes précautions. Souvent, elles les traînent un moment déployées derrière elles avant de s’envoler. Bientôt, les courants aériens disperseront les coccinelles, mâles d’abord, femelles ensuite, qui au hasard des vents finiront par redescendre en plaine. Leur atterrissage est imminent. Le carnage va commencer…

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Coccinelle, demoiselle vorace

Posté par othoharmonie le 28 août 2012

 

Sous ses airs gais et débonnaires, la coccinelle révèle un terrible appétit. Une aubaine pour jardiniers et agriculteurs… mais pour les pucerons, quel cauchemar !

Coccinelle, demoiselle vorace dans COCCINELLE 251px-CoccinelleAsiatiqueLilleMai_2008Dictons populaires, BD, porte-clés, timbres, voitures : la coccinelle est partout ! Si cet insecte porte-bonheur jouit d’une si bonne réputation, c’est d’abord qu’il est extraordinairement utile. Depuis que l’homme cultive la terre, chaque printemps la coccinelle vole à son secours. Affamée par un jeûne de plusieurs mois, la belle arrondie n’a qu’une seule idée : croquer, sucer, engloutir du puceron.

Sa stratégie est d’une redoutable efficacité. La coccinelle se pose au petit bonheur la chance sur une feuille de rosier ou d’ortie. Comme un fauve en chasse, elle adopte les mêmes habitudes que ses proies : elle longe les nervures où les pucerons aiment s’abreuver. Elle monte comme eux pour ex­plorer l’extrémité supérieure des tiges en pleine croissance et le bord des jeunes feuilles.

Si rien ne se présente, il ne lui reste qu’à s’envo­ler et poursuivre ailleurs sa quête. Mais au cas où elle détecte une gouttelette de miellat, indice de l’activité d’un puceron, la coccinelle adopte un comportement nouveau. Elle change sans arrêt de direction. Elle opère des virages serrés pour explorer méthodiquement les alentours immé­diats. Et si un puceron s’approche à moins d’un centimètre, elle lui fiche en un instant ses deux mandibules dans le corps. 

Un petit puceron s’avale tout rond. Si la proie est plus grosse, la coccinelle lui injecte des sucs digestifs dans le corps avant d’en aspirer tout le jus. Vidé de sa substance, le puceron se dégonfle comme une baudruche. Et si cette première rencontre la met en pré­sence d’une colonie de ces insectes, la coccinelle enchaîne les attaques meurtrières. 

Face à l’irruption de cet ogre, les pucerons ne sont pas totalement démunis. Leur vue, apparemment meilleure que celle de la coccinelle, leur permet d’es­quiver les attaques. Ils peuvent aussi se laisser tout simplement tomber hors de sa portée. Enfin, un pu­ceron attrapé se débat vigoureusement, voire aban­donne pour se sauver une patte entière dans les mâ­choires ennemies. Certains projettent même sur leur agresseur un enduit visqueux qui l’aveugle momen­tanément et lui fait lâcher prise. 

On le voit, la partie n’est pas gagnée d’avance. Il faut parfois à la coccinelle plusieurs tentatives pour arriver à ses fins. Reste que son retour dans les champs et les plates-bandes provoque une véritable hécatombe chez les pucerons. Et ce n’est que le début…

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Coccinelle et mise au point

Posté par othoharmonie le 28 août 2012

 

Toutes les coccinelles ne sont pas rouges à points noirs. Plus d’une centaine d’espèces hautes en couleur mais pas toujours à points peuplent jardins, prairies et forêts.

La plus populaire des coccinelles, celle que nous avons suivie pour ce dossier, est rouge à sept points. C’est Coccinella septempunctata. Le nombre de points ne renseigne en rien sur l’âge de la bête. Née avec deux, cinq, sept, quatorze ou vingt-deux points suivant son espèce, une coccinelle garde le même assortiment jusqu’à sa mort.

 

Jaunes, noires, orange

Coccinelle et mise au point dans COCCINELLE 220px-Adalia.bipunctata.7222Parmi les 3’000 coccinelles recensées de par le monde, plus d’une centaine vivent chez nous. On en connaît des oranges, des jaunes, des noires avec des points rouges ou sans point du tout ! Quelques-unes ont même des robes variables d’un indi­vidu à l’autre ou alors une carapace velue et mate. Souvent, le nombre de ces points a été intégré au nom savant de l’espèce. Cela permet, au passage, de se familiariser avec la numérotation latine : saluons ainsi Hippodamia tredecimpunctata, Anisosticta novemdecimpunctata, Adalia bipunctata ou encore Coccinula quatuordecimpustulata !

 N’allez pas croire que toutes ces coccinelles fré­quentent les jardins en dévorant des pucerons. Il y a les amatrices de cochenilles, les herbivores, les fo­restières qui pour certaines ne vivent qu’au sommet des arbres, sans parler des coccinelles des marais ou des landes…

Hormis l’architecture de leurs antennes, de leurs palpes et de leurs pattes, la plupart des coccinelles partagent une caractéristique spectaculaire : leur couleur vive qui les rend très visibles.

 

En fait, ce curieux camouflage à l’envers qui semble conçu au mépris de toute prudence révèle une stratégie défensive originale. Pourquoi la salamandre ou la guêpe ont-elles des taches jaunes ? Pour mettre en garde les prédateurs. La guêpe pique, la salamandre dégage un mucus toxique. Il en va de même pour une grande partie des coccinelles, qui produisent des subs­tances amères et vénéneuses. D’ailleurs, des scienti­fiques un peu tordus ont ravitaillé exclusivement en coccinelles une nichée de mésanges bleues : aucun des malheureux poussins n’est arrivé à terme. Ces demi-baies rouges et noires, c’est du poison !

L’oiseau qui s’y sera laissé prendre une fois s’en souviendra : couleur vive égale pas bon ! Pour ren­forcer l’effet répulsif, une coccinelle malmenée peut même produire un jus jaune et nauséabond qui dégoûtera les plus affamés.

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