Chat blanc et le Québec

Posté par othoharmonie le 11 mai 2012


Chat blanc et le Québec dans CHATLa croyance envers les lutins a gagné l’Amérique du Nord avec les colons français, particulièrement la province de Québec, où ils prendraient la forme d’animaux (entre autres le chien et le lapin). Les chats blancs sont les plus réputés pour être des lutins, bien que tout animal vivant près des foyers humains puisse être considéré comme tel. Ils sont bons ou mauvais, leur est attribué le contrôle bénéfique de la météo et le rasage de la barbe du maître de maison avant qu’il ne s’éveille le dimanche, mais aussi, s’ils sont fâchés, son harcèlement à travers des tours tels que l’émoussage d’une faux et le remplissage des chaussures avec des cailloux. Ils détesteraient le sel, et éviteraient de le traverser s’ils en trouvent répandu au sol. Les lutins acadiens, québécois et de Nouvelle-Angleterre partagent tous un lien avec les chevaux, mais une tradition importée d’Écosse ou d’Irlande est relevée à Kippens : celle de sortir avec du pain dans ses poches pour éviter leurs tours. Le folklore américain propre à Detroit connaît le nain rouge (en français dans le texte), originaire de Normandie.

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Chat d’Egypte

Posté par othoharmonie le 11 mai 2012

 

Chat d'Egypte dans CHAT jessica-chat-egyptien-imgLe chat est un mammifère carnivore, répandu dans le monde entier. Ses pattes sont garnies de griffes rétractiles et il marche sur ses doigts : c’est un digitigrade. Le chat vit volontiers en compagnie de l’homme. Comme il a un grand souci de son indépendance et de son confort, on l’accuse facilement d’égoïsme. Dans les FORÊTS d’Europe, il existe des chats sauvages qui sont de véritables fauves. On retrouve le mot « chat » dans des expressions familières comme donner sa langue au chat : renoncer à chercher la bonne réponse; avoir un chat dans la gorge : être enroué; il n’y a pas un chat : il n’y a personne; etc.

Les Égyptiens avaient apprivoisé un chat sauvage : le chat ganté, dont descend notre chat domestique, et ils l’honoraient d’attentions tout à fait particulières. Le chat domestique ne fut introduit en France qu’au Moyen Age. Considéré comme un ANIMAL précieux, il figurait souvent dans les inventaires de successions. A l’opposé, certains voyaient en lui l’incarnation du Diable et le considéraient comme l’animal favori des sorcières. En faisant d’un chat le héros de son célèbre conte, Le Chat botté, Perrault a parfaitement traduit le double sentiment de respect et de crainte éprouvé, à cette époque, pour ce félin qui rappelle, par tant de points, son grand frère, le TIGRE.

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Les poissons-clowns

Posté par othoharmonie le 10 mai 2012

 

Les poissons-clowns sont de taille modeste ; adultes leur taille varie de 6 cm à 16 cm. Les pères vivent avec leurs jeunes. Les  Amphiprion polymnuspoissons-clowns sont hermaphrodites ; tous mâles à la naissance, ils pratiquent la protandrie. La vie en société des poissons-clowns est basée sur une hiérarchie dirigée par une femelle, toujours plus grande que le mâle.

Les caractéristiques qui les distinguent des autres sous-familles sont de 50 à 78 rangs d’écailles, des opercules généralement dentelées, une nageoire dorsale composée de 10 épines — neuf ou 11 dans de rares cas — et généralement 14 à 20 rayons souples.

Leur couleur, globalement dans les tons orange, varie du jaune-orangé à l’orange sombre voire rose. Certaines espèces ont de 0 à 3 bandes verticales blanches ou une bande dorsale.

Les poissons-clowns se rencontrent communément dans les eaux chaudes de la zone Indo-pacifique et en mer rouge. Ils sont absents dans l’Atlantique et des Caraïbes. Bien que la plupart des espèces aient des aires de répartition limitées d’autres sont largement distribués.

Les poissons-clowns sont des espèces qui fréquentent les lagons et les récifs coralliens jusqu’à 40 m de profondeur.

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En 2001, K.L. Tang a confirmé que la sous-famille des Amphiprioninae est monophylétique. Le genre Premnas a été fusionné à Amphiprion, et est considèré comme un synonyme plus récent.

voici un liste de poissons clown issue de Wikipédia :

 

 

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Les poissons-chats

Posté par othoharmonie le 10 mai 2012

 

La plupart des poissons-chats sont adaptés à un mode de vie benthique. En général, ils sont peu dynamiques, ce qui signifie qu’ils vivent principalement dans la zone inférieure en raison de leur petite vessie natatoire et leur crâne particulièrement  Pléco commun (Hypostomus plecostomus)lourd. Il existe une grande variété de formes chez les Siluriformes, même si la plupart ont un corps cylindrique avec un ventre plat permettant l’alimentation benthique.

Leur tête aplatie leur permet de creuser le substrat et peut-être leur sert d’hydroglisseur. La plupart des poissons-chats ont une bouche extensible qui ne contient pas de dents incisives. Ils s’alimentent généralement par succion ou par aspiration au lieu de mordre et de couper leurs proies. Toutefois, certaines familles, notamment des Loricariidés et des Astroblepidés, ont une bouche en ventouse qui leur permettent de se fixer à des objets se déplaçant rapidement dans l’eau. Les poissons-chats ont également une maxillaire réduite à un soutien à barbillons, ce qui signifie qu’ils sont incapables de faire saillir leur bouche, contrairement à d’autres poissons, tel que les carpes.

 

Les poissons-chats possèdent jusqu’à quatre paires de barbillons : nasal, maxillaire (de chaque côté de la bouche), et deux paires de barbillons au menton, bien que des paires de barbillons peuvent être absentes, selon les espèces. Leurs barbillons jouent un rôle important dans la détection de la nourriture compensant leurs petits yeux très peu performants. Ils sont particulièrement importants chez les espèces nocturnes ou celles qui affectionnent les zones sombres et ombragées ou les eaux troubles. Comme d’autres Ostariophysi, ils se caractérisent par la présence d’un appareil de Weber. Leur appareil wébérien et leur petite vessie permettent d’améliorer leurs sens ainsi que leur reproduction.

 

Les poissons-chats n’ont pas d’écailles, leur corps est souvent doté d’une simple peau. Chez certaines espèces, la peau est couverte d’un mucus favorisant la respiration cutanée. Mais chez certains poissons-chats, la peau est couverte de plaques osseuses appelées scutes formant une sorte d’armure. On la trouve notamment chez les loricarioidés et chez les espèces du genre Sisor d’Asie, l’armure est principalement composée d’une ou de plusieurs rangées de plaques dermiques. Des plaques semblables se trouvent chez des espèces de Lithodoras. Ces plaques sont peut-être soutenues par des excroissances des vertèbres, comme chez les scoloplacidés et les Sisor, mais les excroissances ne s’unifient pas en plaques ou en forme d’armure externe. En revanche, dans les sous-familles Doumeinae (famille Amphiliidae) et hoplomyzontines (Aspredinidae), l’armure est formée uniquement par des excroissances vertébrales qui forment des plaques. Enfin, l’armure latérale des doradidés, des Sisor et des Hoplomyzontines compose la ligne latérale de l’osselet hypertrophié avec la lamina dorsale et ventrale.

Tous les poissons-chats, à l’exception des Malapteruridés (poissons-chats électriques), possèdent une colonne vertébrale solide et creuse formant des rayons osseux aux nageoires dorsale et pectorale. Pour se défendre, ses épines peuvent être exorbitées et maintenues vers l’extérieur et peuvent infliger de graves blessures. Plusieurs espèces de poissons-chats peuvent utiliser ces rayons osseux comme une piqûre de protéines, si le poisson est irrité. Ce venin est produit par les cellules glandulaires dans le tissu épidermique couvrant les épines. Chez les Plotosidés, et chez les espèces du genre Heteropneustes, cette protéine est si forte que si un homme a le malheur de se faire piquer, notamment par celle de Plotosus lineatus, elle peut s’avérer fatale.

 

Poisson-chat commun (Ameiurus melas)Les poissons-chats juvéniles, comme la plupart des poissons, ont relativement une grosse tête, les yeux et les nageoires postérieures sont médianes par rapport aux adultes. Ces jeunes peuvent être facilement classés dans leur famille, en particulier ceux avec des nageoires dérivés ou la forme du corps; dans certains cas, l’identification du genre est possible. Les caractéristiques connus chez la plupart des poissons-chats, la position de la bouche et des nageoires, la forme des nageoires, la longueur des barbillons montrent peu de différence entre les jeunes et les adultes. Pour de nombreuses espèces, la pigmentation est également similaire chez les jeunes et les adultes. Ainsi, les jeunes ressemblent généralement déjà à un poisson-chat et se développent dans leur forme adulte sans véritables distinctions. Les exceptions à cette règle sont les Ariidés, où les jeunes conservent longtemps leur sac vitellin durant le stade juvénile, et de nombreux Pimelodidés, qui peuvent avoir des barbillons plus allongés et des nageoires en filaments ou une coloration variante.

Le dimorphisme sexuel est visible chez environ la moitié des familles de poissons-chats. La modification de la nageoire anale en pénis, ainsi qu’en structures accessoires de l’appareil de reproduction a été décrite chez des espèces appartenant à 11 familles différentes.

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Poissons-Anges

Posté par othoharmonie le 10 mai 2012

 

En zoologie, le nom vernaculaire Poisson-ange désigne plusieurs espèces de poissons, pour la plupart marins.

 Pomacanthus navarchus Comme par exemple Le Poisson-ange amiral (Pomacanthus navarchus ) est une espèce de poissons de la famille des pomacanthidé. Il est réparti dans l’Indo-Pacifique, mais principalement dans le Pacifique Ouest. La taille maximum de pour cette espèce est de 14 cm

 

Ou l’Ange de mer impérial

ou Poisson-ange empereur (Pomacanthus imperator) est un poisson de l’océan Indien, Pacifique et de la mer Rouge. Il peut mesurer jusqu’à 38 cm.

Poissons-Anges dans POISSON 220px-Pomacanthus_imperator_juvenileIl vit jusqu’à 5 ans en aquarium.

Lorsque l’on veut acquérir un Pomacanthus imperator, il est préférable de l’acquérir juvénile car en vieillissant, l’acclimatation devient délicate. C’est un poisson territorial qui demande donc un aquarium d’une grande capacité.

 

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Le château de l’Ours

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

 (Montluçon)

(Extrait d’un récit paru au XIXe siècle)

Au temps des premières croisades – l’Histoire ne précise pas la date – la vieille cité de Montluçon était gouvernée par Archambaud, comte de Montluçon, qui, comme beaucoup d’autres paladins, s’en alla combattre en Palestine, où il succomba. En partant pour la Terre Sainte, Archambaud avait laissé au Château de Montluçon, sous la garde de son écuyer Raimbaud, qu’il croyait fidèle, sa femme Ermengarde et ses enfants. Odile de Montluçon, charmante blonde de seize ans en était l’aînée.

Le château de l'Ours dans OURS de-l-ours-et-des-mouches-a-mielTant qu’Ermengarde vécut, Raimbaud dissimula ses noirs desseins. Mais la veuve d’Archambaud mourut et dans la nuit qui suivit son trépas, l’écuyer indigne ne craignit pas de satisfaire, par la violence, la brutale passion qu’il avait pour Odile. Afin de cacher son forfait, Raimbaud fit boire un narcotique à sa victime, l’enferma dans un cercueil et simula des obsèques.

Peu de temps après, par une nuit noire, il enferma Odile, en compagnie d’une vieille servante, dans le sauvage château des sires de Lignerolles, dont il voulait en faire son tombeau et où elle mit au monde un fils. L’enfant, élevé au milieu des bois, grandissait et errait souvent sur les rochers d’alentour, vêtu d’une peau de fauve, effrayant par sa vue les pâtres du voisinage, qui baptisèrent alors le manoir du nom de Château de l’Ours.

Un jour, sur les bords du Cher, il fit la rencontre d’un vieil anachorète habitant l’ermitage de Ste-Radegonde, auquel il conta les souffrances et la triste odyssée de sa mère. L’ermite, un ancien preux qui avait porté la colichemarde et la cotte de mailles, en informa quelques seigneurs voisins, vassaux de celui de Montluçon, les conduisit au Château de l’Ours et, tous ensemble, s’emparèrent de Raimbaud, au moment où celui-ci venait une fois de plus torturer ses victimes. Le crime de l’écuyer traître et félon, ayant été dévoilé aux habitants de la cité, on le pendit, haut et court, aux créneaux du château de Montluçon.

Odile, ramenée dans la demeure seigneuriale, se retira ensuite dans un couvent de la ville, où elle finit ses jours. Quant à son fils, il s’illustra plus tard en Palestine sous le nom de chevalier Sarrazin.

Telle est la tragédie dont furent témoins les quelques murs qui subsistent encore. Pour l’édification des touristes, promeneurs ou pêcheurs qui hanteront encore ces parages, nous avons tenu à rappeler la légende qui flotte autour de ces ruines archéologiques.

 

 

 

 

 


 

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L’Ours d’Esope

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

De l’Ours et des Mouches à miel.
L'Ours d'Esope dans OURS de-deux-amis-et-de-l-ours  Un Ours pressé de la faim, sortit du bois, pour chercher de quoi manger. Ayant trouvé en son chemin des ruches à miel, il se mit à les lécher. Une Abeille sortit de la ruche, et fit une piqûre très douloureuse à l’oreille de l’Ours, qui de rage renversa toutes les ruches à miel. Alors les Abeilles irritées de cet outrage, sortent en foule de leurs ruches, s’acharnent sur l’Ours, et le piquent jusqu’au sang, pour se venger de leur ennemi, et du dégât qu’il avait fait à leurs ruches ; de sorte que l’Ours honteux et enragé, fut contraint de songer à la retraite, condamnant en lui-même sa brutalité et son emportement qui lui avaient attiré tant d’ennemis.

analyse de fables d’Esope

 

 barre de séparation

D’un Jardinier et d’un Ours.
Il y avait autrefois un Jardinier qui aimait tant les jardinages qu’il s’éloigna de la compagnie des Hommes pour se donner tout Esope_Lion_Ours_Renard_Tome_II-84da7 dans OURSentier au soin de cultiver les plantes. Il n’avait ni Femme ni Enfants, et depuis le matin jusqu’au soir il ne faisait que travailler dans son jardin, qu’il rendit aussi beau que le paradis terrestre. À la fin, le bonhomme s’ennuya d’être seul dans sa solitude. Il prit la résolution de sortir de son jardin pour chercher compagnie. En se promenant au pied d’une montagne, il aperçut un Ours dont les regards causaient de l’effroi. Cet animal s’était aussi ennuyé d’être seul et n’était descendu de la montagne que pour voir s’il ne rencontrerait point quelqu’un avec qui il pût faire société. Aussitôt qu’ils se virent, ils sentirent de l’amitié l’un pour l’autre. Le Jardinier aborda l’Ours qui lui fit une profonde révérence. Après quelques civilités, le Jardinier fit signe à l’Ours de le suivre et l’ayant mené dans son jardin, lui donna de fort beaux fruits qu’il avait conservés soigneusement et enfin il se lia entre eux une étroite amitié. Quand le Jardinier était las de travailler, et qu’il voulait se reposer, l’Ours par affection demeurait auprès de lui et chassait les Mouches de peur qu’elles ne l’éveillassent. Un jour que le Jardinier dormait au pied d’un arbre et que l’Ours selon sa coutume écartait les Mouches, il en vint une se poser sur la bouche du Jardinier, et quand l’Ours la chassait d’un côté, elle se remettait de l’autre, ce qui le mit dans une si grande colère qu’il prit une grosse pierre pour la tuer. Il la tua à la vérité, mais en même temps il écrasa la tête du Jardinier. C’est à cause de cela que les gens d’esprit disent qu’il vaut mieux avoir un sage ennemi qu’un ami ignorant.

 

 

 

 

barre de séparation

De deux Amis et de l’Ours.

 

220px-Aesop-fables-rare-Book-titlepage  Deux voyageurs faisant chemin ensemble, aperçurent un Ours qui venait droit à eux. Le premier qui le vit monta brusquement sur un arbre, et laissa son compagnon dans le péril, quoiqu’ils eussent été toujours liés jusqu’alors d’une amitié fort étroite. L’autre qui se souvint que l’Ours ne touchait point aux cadavres, se jeta par terre tout de son long, ne remuant ni pieds ni mains, retenant son haleine, et contrefaisant le mort le mieux qu’il lui fut possible. L’Ours le tourna et le flaira de tous côtés, et approcha souvent sa hure de la bouche et des oreilles de l’Homme qui était à terre ; mais le tenant pour mort, il le laissa et s’en alla. Les deux voyageurs s’étant sauvés de la sorte d’un si grand péril, et des griffes de l’Ours, continuèrent leur voyage. Celui qui avait monté sur l’arbre, demandait à son compagnon, en chemin faisant, ce que l’Ours lui avait dit à l’oreille, lorsqu’il était couché par terre.  » Il m’a dit, répliqua le Marchand, plusieurs choses qu’il serait inutile de vous raconter ; mais ce que j’ai bien retenu, c’est qu’il m’a averti de ne compter jamais parmi mes amis que ceux dont j’aurai éprouvé la fidélité dans ma mauvaise fortune. « 

analyse de fables d’Esope

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Baleine et cachalot

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

CACHALOT                                       

Grand cachalot (Physeter macrocephalus)Le cachalot est le plus grand cétacé à dents : le mâle peut atteindre 20 mètres de longueur. Sa tête, énorme, s’ouvre sur une bouche dont seule la mâchoire inférieure porte des dents normalement développées. Très voisin de la baleine, il est, comme elle, un mammifère aquatique. Les cachalots vivent en troupes nombreuses. On les rencontre dans toutes les mers du globe. Nageant avec rapidité, ils se nourrissent principalement de calmars. Les intestins du cachalot renferment une concrétion, l’AMBRE gris, qui est peut-être le résultat de la dégradation des mollusques dont se nourrit l’animal.

La CHASSE des cachalots, comme celle des BALEINES, se pratique depuis le XIVe siècle. Elle était particulièrement dangereuse. Un navire spécialisé, le baleinier, parcourait les MERS à la recherche de sa proie. Lorsqu’un cachalot était en vue, on menait à la mer de petits canots, les doris. Ceux-ci s’approchaient de l’ANIMAL et, dressé à l’avant du canot, le harponneur lançait son arme. Si le harpon s’enfonçait dans la chair de l’animal, la poursuite commençait, longue et exténuante, dans le dessein d’épuiser le CÉTACÉ et de le ramener jusqu’au baleinier. Aujourd’hui, la chasse des cachalots se pratique dans de véritables navires-usines, munis de canons, qui amarrent et dépècent leurs prises en toute sécurité.                                                                                                                                                                        

 

BALEINE                                   

Baleine et cachalot dans BALEINE 320px-Dirk_Claesen_-_Sperm_WhaleLongue de 25 à 30 m, pesant 150 tonnes et plus, la baleine bleue est un mammifère CÉTACÉ. Sa tête, énorme, s’ouvre sur une bouche immense, garnie de fanons ; son corps, trapu, s’amincit brusquement vers la queue. La baleine, qui a un gosier étroit, se nourrit de petits CRUSTACÉS (CREVETTES) qu’elle avale par centaines de kilos. Les baleines vivent en troupeaux, dans les MERS FROIDES. Elles ont le plus souvent un seul petit qui pèse 6 tonnes à sa naissance. Alors qu’en 1930, on comptait encore dans le monde 300.000 baleines, les zoologistes estiment qu’il ne reste plus actuellement que 1.000 baleines bleues. Leur CHASSE est aujourd’hui soumise à une sévère réglementation, mais malheureusement celle-ci n’est pas respectée…

ANIMAL monstrueux, la baleine a, de tout temps, impressionné les hommes. Ainsi le prophète Jonas, plus de 700 ANS av. J.-C., fut, dit-on, avalé par un énorme POISSON qui fut, par la suite, assimilé à une baleine. Au XIXe siècle, l’écrivain Herman Melville a mis en scène une fabuleuse baleine blanche. Moby Dick – c’est son nom et le titre de ce roman – a arraché jadis la jambe du capitaine Achab qui la poursuit, depuis, sans relâche. Hélas ! lorsqu’il la rattrapera enfin, ce sera pour mourir, le cou enserré dans le filin du harpon qu’il vient d’enfoncer dans le flanc de son ennemie, Cette « baleine » était, en fait, un CACHALOT.

 

 

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L’abeille et Napoléon

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012


L'abeille et Napoléon dans ABEILLES guepe-abeile-300x208L’abeille est un insecte hyménoptère. Sa tête porte des antennes et des yeux à facettes : son thorax, 3 paires de pattes et 2 paires d’ailes ; son abdomen, segmenté, est, chez la femelle seulement, muni d’un aiguillon. Les abeilles vivent en colonies, appelées essaims, qui s’installent dans des ruches. Un essaim peut compter jusqu’à 70.000 abeilles. Il comprend une mère ou reine, 200 à 300 mâles ou faux bourdons et des milliers d’ouvrières qui sont chargées de nourrir la reine et les futures abeilles et vont butiner les fleurs pour fabriquer le miel et la cire. On appelle apiculture l’ÉLEVAGE des abeilles.

L’abeille, symbole de l’activité laborieuse et de la fécondité, fut choisie par NAPOLÉON 1ER pour remplacer les FLEURS de LIS de la monarchie. Il fit représenter l’INSECTE de dos, les ailes entrouvertes et les pattes écartées. Ces abeilles ornent de nombreuses tapisseries et meubles Empire. Le grand manteau impérial comportait des abeilles d’or sur fond d’azur. La petite histoire raconte que Louis XVIII, à la Restauration, dut faire découper sur tous les tapis et tentures les abeilles impériales, ce qui nécessita, on s’en doute, un très gros travail…

 Insecte représenté montant, les ailes étendues et prêt à prendre son vol. Symbole de la concorde, de l’obéissance et du travail ; l’ABEILLE est toujours soumise à une reine. On dit que cet insecte est l’emblème des hommes qui travaillent dans leur jeunesse, afin d’acquérir des biens pour l’âge avancé. Il indique aussi la prévoyance, qualité qu’il partage avec la fourmi.

Dans l’alphabet hiéroglyphique de l’Égypte, l’ABEILLE symbolise la royauté tandis que l’idée de roi est représentée, dans les inscriptions cunéiformes de l’Assyrie, par un signe idéographique rappelant, par sa forme, une origine égyptienne. (Oppert).

L’empereur Napoléon Ier fit broder des ABEILLES d’or sur le manteau de velours pourpre qu’il porta à son couronnement en 1804. Le blason impérial était porté sur un manteau d’azur. Il décréta que les grands dignitaires de l’Empire porteraient un chef d’azur, semé d’ABEILLES d’or, dans leur écu.

L’ABEILLE reconnaissant un roi, une autorité à laquelle elle est soumise, on la représente comme l’emblème de l’obéissance et du travail.

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Abeille, emblème des empereurs

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

abeilleDans le fascicule du 13 mai 1900 de l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, M. Philibert Audebrand dit ceci : « Voici de quelle façon j’ai entendu expliquer l’adoption des mouches d’or comme complément des armoiries de l’Empire. On était arrivé à l’heure où, prenant au sérieux le titre d’empereur, le soldat de la République s’occupait d’organiser une Cour et de décrasser des enfants du peuple pour en faire une noblesse. Premier point, pour briller sur un trône, il fallait un manteau de roi. La tradition transmise par M. de Narbonne Pelet, voulait que ce vêtement fût en velours, agrémenté de pourpre et d’hermine. Rien de plus facile à se procurer. Va donc pour le velours, mais de quel emblème devait-on l’historier ? On avait besoin d’attributs qui fussent au moins l’équivalent des fleurs de lys capétiennes. L’aigle ? On avait l’aigle des Romains ; mais brodée, même en petit format, sur un manteau, l’aigle n’y produisait qu’un effet ridicule. Voyez-vous Joséphine, Hortense, ou la très belle Pauline Borghèse, elle-même, enveloppées d’oiseaux ? Ce serait pour le coup qu’on aurait à essuyer les critiques de Madame de Staël et les brocards des duchesses du faubourg Saint-Germain !

Il y avait donc à imaginer autre chose. On se creusa la tête. Talleyrand, consulté, réfléchit. Quel est celui des insectes, qui, au point de vue de la conquête, ressemble le plus à l’oiseau déprédateur des Césars ? Eh ! pardieu, ça va de soi, c’est l’ABEILLE. Ne voit-on pas que, sans souci des principes de la propriété, elle se moque des haies, des murs, des frontières et qu’elle butine partout ? Ajoutez qu’elle enrichit son maître en ce qu’elle fait du miel avec la fleur d’autrui. Dites aussi qu’étant, comme le chante si bien Anacréon, un petit serpent ailé, elle est très décorative. Sur ce, Louis David, le grand peintre, entendu à son tour, l’ABEILLE fut adoptée. Le manteau avait son ornement et son blason. » Ce racontar, que M. Audebrand a trouvé dans les brochures du temps, est-il l’expression de la vérité ou seulement une légende faite après coup ? On l’ignore.

Parmi les objets divers trouvés dans le tombeau de Childéric Ier, père de Clovis, découvert à Tournai en 1653, et donné depuis à Louis XIV, par Philippe de Schönborn, électeur de Mayence, en 1665, figurent deux ABEILLES d’or. Il y en avait une plus grande quantité ; le reste à disparu dans le vol du 5 novembre 1831, commis à la Bibliothèque royale de Paris.

Il est donc vraisemblable que Napoléon Ier s’était inspiré de cette découverte pour adopter les ABEILLES destinées à figurer tant sur son manteau que sur les écus de ses grands dignitaires et des bonnes villes de l’Empire.

d’après le Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason
Comte Alphonse O’Kelly de Galway — Bergerac, 1901

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Le Loup-Garou !

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

Une Histoire de Loup-garou 

Louvigny de Montigny (1876-1955)

– J’sus pas histoireux, non, vous savez que j’sus pas histoireux, répétait le chasseur Jos. Noël, chaque fois qu’il était sollicité de raconter quelques-unes de ses aventures qu’il rapportait volontiers après s’être fait prier un brin, et qu’il exagérait invariablement à chaque répétition.

De sorte que ses histoires étaient devenues fameuses et que les étrangers se faisaient un régal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, c’est que gascon comme à peu près tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont l’évocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas d’émouvoir aussi ses auditeurs.

Le Loup-Garou ! dans LOUP 220px-Loup-garou-LebrunJos. Noël, c’est le braconnier terrible, chassant également au poil, à la plume, et aussi adroit à dépister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachés à la terre, l’appellent avec mépris et tout bas « un métis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif l’humilie cependant, car Jos. Noël s’estime « pire qu’un sauvage. »

Aussi est-il ravissant de le voir rentrer d’une expédition où il a pu « faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement, à la façon des oiseaux. Il a son nid – sa masure – sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu’il ait reçu, il y a quelques années, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l’idée qu’ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologue géographique qu’est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s’appliquer à ces nappes d’eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s’affichent aujourd’hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Équerre ou Carrée.

Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qui s’y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chênaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c’est qu’il s’y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d’avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c’est à l’arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaît alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses « ravages » de chevreuils, ses « débarcadères » de loutres et ses « battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l’univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu’avec toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades, j’allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos. Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin : ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu’il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme à l’attente d’un héritage après la sortie du collège.

Fichier:Lycaon-Nathan.jpgPar un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l’embouchure du lac Poisson-Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle.

Fatigués nous aussi de deux heures d’aviron, nous mîmes une sourdine à notre gaieté lorsqu’il s’agit de faire le portage de cinq milles qui nous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel.

Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d’attendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait être délicieuse à entreprendre par une belle aurore d’été.

– I’mouillerait à boire deboute, prononça vivement Jos. Noël, i’ ventrait à m’dévisser la tête de d’sus les épaules, i’ ferait un temps à m’vendre au iable que jamais j’passerai la nuit su’ c’chemin-cite.

– Et pourquoi ça ?

– Pourquoi ?… Pourquoi ?… Tenez, j’sus pas histoireux, j’pas d’affaire à vous dire pourquoi ; mais croyez-moué qu’on a autant d’acquêt à continuer not’ bauche jusqu’au boute.

Et ayant en un clin d’oeil fait tourner le canot sur ses épaules, le guide cria : Ever up ! – celui, dans sa langue hétéroclite, invitait à se mettre en route. Il allait même partir lorsque nous lui demandâmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras.

– Eh ben, v’là ! L’loup-garou ravaude toutes les nuits par icite et j’ai pas envie de l’rencontrer encore une fois.

– Tiens, tiens, l’ami Jos. Noël qui a vu le loupgarou. Elle est inattendue, celle-là, et faut nous dire comment cela s’est fait.

– J’sus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous décider à partir, écoutez ben et escusez-là.

Remettant alors son canot sur la touffe d’aulnettes verdissant le rivage, Jos. Noël alluma sa pipe et commença d’une voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincérité :

– Vous allez voir, à un mille et quèques parches d’icite, le creek Doré qui servait à la drave des Edwards, y’ a sept ou huit ans. C’est su’ c’creek que j’ai blanchi plus que j’blanchirai pas dans toute ma vie.

C’était su’ la fin d’février. J’venais d’déouacher un ours tout justement au lac Vaseux, à la décharge du Poisson-Blanc, d’ous qu’on d’sort. C’était une fantaisie qui avait pris à un big bug d’Bytown d’avoir une peau d’ours, et j’étais allé li qu’ri, à la raquette, pendant qui s’soûlait au village.

J’trouve mon dormeux dans sa ouache, j’l’assomme et l’emmêne dans ma traîne. Le long du ch’min, mon chien Boulé fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. J’le caboche, au vol, et pis l’entraîne avec l’autre.

Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point l’Poisson-Blanc et pis on le n’traverse pas en criant ciseau. C’qui fait qu’on arrivait su la breunante quand j’lâchai l’lac pour prendre le portage, en plein ous qu’on est dans l’moment d’à c’te heure.

La noirceur timbe tout d’un coup ; l’temps s’brumasse, s’pesantise et i’ commence à neiger, à mouiller, pis au bout d’une minute i’ timbait pus inque d’la pluie, à siaux.

Comme j’voulais pas rester su’ la route, à pas plus d’huit milles de chez nous, j’poigne mes jambes et j’me mets à marcher, mais au bout d’un mille, ça marchait pus, pantoute.

Ça calait comme une swamp, la traîne collait à terre, j’étais trempe comme an’ lavette et au bout d’mon respire.

Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ça a l’air pas mal ch’nu d’rester en chemin… D’un autre côté, j’voulais pas m’en aller allège à la maison et laisser mes deux animaux dans l’bois ousque les loups ou les renards les auraient étripés. J’avais peur itou de c’sauvage de Tanascon, de c’trigaudeux qui passe son temps à ravauder pour faire des canailleries.

Pis j’pense aussi tout d’un coup qu’on s’trouvait faire su’ l’Mardi Gras et qu’il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village… J’me rattelle, mais ça pouvait plus avancer.

Toujours qu’pour lorse j’gagne l’vieux chanquier, qui avait été abandonné l’printemps d’avant, pour passer la nuit à l’abri, ou tant seulement me r’niper un p’tit brin et attendre qu’la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d’meure, ces pluies d’hiver : quand ça commence, ça finit pus.

J’fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j’avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j’étais à moquié mort d’éreintement et que j’cognais des clous d’six pouces et demi, j’me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans un chanquier.

J’accote la porte avec une bonne bûche, j’étends quéques branches de cèdre su l’bed qu’les hommes du chanquier avaient laissé correct, j’plie mon capot d’sus, j’snob mon fusil à la tête, et dors garçon !…

Ben sûr plusieurs heures plus tard, – parce que l’feu était éteindu, – mon chien Boulé, qui s’était couché avec moué, m’réveille en grognant… J’écoute et ça rôdait autour du chanquier. J’entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d’faire des belles gestes avec… Et pis les archements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j’entends un tas de r’niflages avec des grognements d’ours.

J’compte ben qu’c’est pas la peine d’vous dire si i’ faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d’feu, par c’te nuit mouillée.

J’me dis : C’est drôle qu’un ours ait sorti de sa ouache de c’temps-cite ; mais l’crapet a p’t’être ben cru que c’était l’printemps, rapport à la pluie, et fatigué de se licher la patte, i’aurait aussi ben voulu recommencer à manger pour tout de bon. Toujours que j’m’assis su l’bed, j’décroche mon tisonnier, j’y rentre deux balles par-dessus la charge de posses qu’i avait déjà et j’me dis qu’si l’vingueux venait roffer trop proche, j’y vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idées.

J’me disais : J’voué rien, c’est ben clair, mais si l’ours rentre dans l’chanquier ousqu’i’ sent son pareil et pis l’chevreux mort, i’ pourra pas faire autrement que d’faire canter la porte et j’watcherai l’moment d’le garrocher.

Ben, j’avais pas aussitôt dit ça qu’l’animal était entré dans la cabane sans qu’la porte eusse canté d’une ligne.

Ça bite le iable ! que j’dis. Et j’étais ben sûr qu’i’étais rentré, par c’qu’i marchait en faisant craquer l’plancher comme si un animal de deux cents se s’rait promené su’ l’side walk…

La peur, ça m’connaît pas, mais j’vous persuade qu’j’aurais une tapée mieux aimé m’voir à danser quelque rigodon d’Mardi Gras et à passer la diche avec mes voisins du lac Long.

Pis, c’était d’voir mon Boulé ; lui qu’i’ aurait pas kické d’s’engueuler avec un cocodrile enragé, le v’là qui s’racotille, qui s’colle su moué, la queue entour les jambes, et si ébiscaillé qu’i’ devait pus avoir formance de chien en toute.

J’le poigne pour tâcher d’le sacrer en bas, d’le soukser, pas d’affaire. I’s’grippe après moué, et s’met à siller comme un chien qu’i’ aurait attrapé l’aspe et qu’il aurait senti sa mort.

Tandis c’temps-là, l’animal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et j’me trouve tout d’un coup face à face avec une paire de z’yeux d’flammes, qui remuaient, tenez, pareils à des trous d’feu dans une couverte de laine ; c’était pas des yeux d’ours, c’est moué qui vous l’dis. Le v’là qui s’met à grogner, pis à rire, pis à brailler, pis à s’rouler su’l’dos, à planter l’chêne, à swingner qui timbe dans son jack. I’ achevait pus d’culbuter, l’maudit.

Débarque donc, véreux d’chien, que j’dis à Boulé.

Mais i’était collé au bed, i’ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur…

Vous pensez qu’j’étais pas gros, moué non plus, avec c’te gibier dans c’te noirceur d’enfer… J’avais les cheveux dret su’ la tête ; l’eau m’coulait dans l’dos et même que j’me tenais la gueule pour empêcher mes dents d’faire du train…

À la fin, y’a un sacré boute, que j’dis. J’griffe mon fusil et j’vise l’animal dans ses yeux de feu : V’lan ! L’coup part pas… Ah ben, ça y est, c’est l’iable qui nous a ensorcelés. Mais avant d’me laisser emporter tout rond par le gripet, j’voulais au moins essayer l’aut’coup, et pour pas l’manquer, j’attends que l’animal arrive au ras moué.

Comme si i’avait diviné mon idée, le v’là qui arrive aussitôt… Ah ! mon blasphème ! que j’dis, puisque t’en veux, poigne-le. Et, mes vieux, c’coup-là partit en faisant un éclair qui m’fit voir une bête effrayante avec un corps d’ours, une grande queue et haut su pattes comme un veau.

Mais aussitôt l’éclair passé, v’la-t-i pas que j’entends appeler mon nom, oui :

Jos. Noël ! Jos. Noël !

et par une voix que j’connaissais d’puis des années, par Ti-Toine Tourteau.

Là, j’vous l’dis, j’ai eu peur, un peu croche. Et, ma foi d’gueux ! j’aurais aimé mieux m’voir entouré d’une gang de chats tigrés en furie que d’me savoir face à face avec c’pendard, c’vendu au mistigris, c’t’étripeur d’poules noires, c’te chasseur de galeries… c’te tout c’que vous voudrez d’maudit. On rencontre pas des églises à tous les pas dans l’bois et pis on n’a pas toujours le temps d’faire ses dévotions all right ; mais j’vous dis que c’pendard-là nous escandalisait tous et qu’pas un chrétien voulait y parler sans avoir quéque médaille bénite dans l’gousset : un sacreur qui faisait lever les poêles… c’est bien simple, un sorcier qui méritait d’être cruxifié su’ un poteau de télégraphe.

C’était lui, l’possédé, qui m’parlait, sûr comme vous êtes là, avec un’ voix d’mourant :

– Tu m’as tué, Jos. Noël, tu m’as tué, mon Dieu, mon Dieu.

- Pardon…

– Hein, c’t’y toué, Ti-Toine, c’t’y toué ? qu’ j’y criais quasiment plus mort que lui. Mais lève-toi donc, animal, es-tu mort ?…

Batème ! répond donc ; as-tu envie que l’iable m’emporte avec toué ? I’ continuait à s’lamenter :

– J’vas mourir, j’vas mourir.

– Torrieux d’sarpent, veux-tu m’faire mourir de peur ? Réponds donc une bonne fois. C’t’y toué, Ti- Toine Tourteau ?

– Oui,… oui,… tu m’as tué,… j’vas mourir.

– Ous tu d’viens ?…

I’ répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante.

J’ai p’t’-être ben rêvé, que j’me dis, en fin d’compte ; l’gars est p’t’être ben malade ; ça s’peut ben que j’me trouve chez lui… Quoi penser dans un ravau pareil ? J’essaye d’allumer une allumette, mais i’s’cassaient à mesure que j’les frottais su’ l’mur.

Ah ben, y’a des sacrées imites, que j’dis. J’saute en vas du lite pour voir si c’était du lard ou du cochon, mais v’là que j’timbe su’ un corps étendu cont’ la cambuse. Des grands doigts fretes comme d’la glace m’attrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang.

– Tu m’as tué, soupirait-il encore, tu m’as tué…

Fallait inque m’égratigner… une goutte de sang.

Ah ! sainte bénite ! j’me rappelle tout d’un coup qu’on délivre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et j’y d’mande ben vite :

– T’es-tu loup-garou ?

I’répétait :

– Tu m’as trop fait mal, tu m’as tué… oui, j’sus loup-garou…

C’est tout c’que j’ai entendu parce que je revins à moué inque le sourlendemain, ou plutôt le lendemain, puisque c’ravau-là s’était passé l’mercredi des Cendres.

220px-Loup_garou_02 dans LOUPDepuis sept ans que c’pendard de Tourteau faisait pas ses pâques, i’avait viré en loup-garou à la première heure du huitième carême qui i’allait encore commencer comme un chien. C’est l’matin du jeudi qu’j’ai été trouvé à la porte du chanquier par Tanascon qui s’vante encore d’m’avoir sauvé la vie, parce que c’jour-là i’ m’a volé mon chevreux pis mon ours…

– Et Ti-Toine Tourteau ? demandâmes-nous sans rire à Jos. Noël qui ne parlait plus.

– On l’a jamais r’vu.

– Et le chantier en question, il doit être fort intéressant à visiter…

– Pour ça, y’a pas d’trouble, vous l’voirez point. La première chose que j’ai faite a été d’y mettre une allumette qui a pris celle-là, j’en réponds…

Voyant que nous n’allions pas réussir à décider notre guide, nous fîmes le sacrifice de notre nuit en forêt, dédommagés d’ailleurs par la narration qui avait dissipé notre lassitude.

Et Jos. Noël, morne encore du souvenir évoqué, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi d’une haleine, dans le silence de la veillée fraîchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles à la confidence des oiseaux commençant à rêver, les yeux au ciel où fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des étoiles. 

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Petite grenouille verte

Posté par othoharmonie le 8 mai 2012

L’eau de la terre

 

Rainette méridionale (Hyla meridionalis)Une grenouille vivait au bord d’un trou rempli d’eau, près d’un ruisseau. C’était une petite grenouille verte, discrète, ordinaire. Elle avait envie de devenir extraordinaire et réfléchissait au moyen de se faire remarquer. À force d’y penser, elle eut une idée. Elle se mit à boire l’eau de son trou, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et elle commença à grossir. Ensuite elle se mit à boire l’eau du ruisseau, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et elle grossissait de plus en plus. En suivant le lit du ruisseau, elle arriva à la rivière, et elle se mit à boire l’eau de la rivière, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte ! Et comme la rivière se jetait dans le fleuve, elle alla près du fleuve, et elle se mit à boire l’eau du fleuve, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte !
Et la grenouille gonflait, gonflait !

Comme le fleuve se jetait dans la mer, la grenouille alla jusqu’au bord de la mer, et elle se mit à boire l’eau de la mer, à boire, à boire…, et elle la but jusqu’à la dernière goutte qui était la dernière goutte d’eau de toute la terre. Son ventre, ses pattes, sa tête étaient gorgés d’eau, et même ses yeux, qui devinrent tout globuleux. La petite grenouille était maintenant extraordinaire, gigantesque ; sa tête touchait le ciel !
Les plantes avaient soif, les animaux avaient soif, et les hommes aussi avaient terriblement soif. Alors tous se réunirent pour chercher un moyen de récupérer l’eau de la terre.

« Il faut qu’elle ouvre sa large bouche afin que l’eau rejaillisse sur la terre.
– Si on la fait rire, dit quelqu’un, elle ouvrira la bouche, et l’eau débordera.
– Bonne idée » dirent les autres.
Ils préparèrent alors une grande fête, et les animaux les plus drôles vinrent du monde entier. Les hommes firent les clowns, racontèrent des histoires drôles. En les regardant, les animaux oublièrent qu’ils avaient soif, les enfants aussi. Mais la grenouille ne riait pas, ne souriait même pas. Elle restait impassible, immobile. Les singes firent des acrobaties, des grimaces, dansèrent, firent les pitres. Mais la grenouille ne bougeait pas, ne riait pas, ne faisait même pas l’esquisse d’un sourire.

Petite grenouille verte dans GRENOUILLE 220px-Hyla_arborea_%28Marek_Szczepanek%29Tous étaient épuisés, assoiffés, quand arriva une petite créature insignifiante, un petit ver de terre, qui s’approcha de la grenouille. Il se mit à se tortiller, à onduler. La grenouille le regarda étonnée. Le petit ver se démena autant qu’il put. Il fit une minuscule grimace, et… la grenouille éclata de rire, un rire énorme qui fit trembler tout son corps ! Elle ne pouvait plus s’arrêter de rire, et les eaux débordèrent de sa bouche grande ouverte. L’eau se répandit sur toute la terre, et la grenouille rapetissa, rapetissa.

La vie put recommencer, et la grenouille reprit sa taille de grenouille ordinaire. Elle garda juste ses gros yeux globuleux, en souvenir de cette aventure.

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Passage sous un âne….

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

Passage à travers les arbres et sous un âne (Provence)

(D’après « Superstitions et survivances », paru en 1896)

 

Quand on quittait la gare de Sanary, sur le chemin de fer de Nice à Marseille, à neuf kilomètres environ de Toulon, et qu’on se dirigeait vers le village d’Ollioules, on rencontrait à la fin du XIXe siècle, à une centaine de mètres de la voie, sur le bord d’un petit sentier rural, un chêne, qui était d’ailleurs d’une assez belle venue, mais dont le tronc présentait une disposition assez bizarre

Wild albino donkeys.jpgUn témoignage de l’époque relate qu’à un endroit donné de sa hauteur, il est partagé en deux, par une fente de plus d’un mètre de longueur, de 3 à 8 centimètres d’ouverture, comme s’il était constitué par deux branches qui, après s’être séparées, se seraient réunies de nouveau. Cette disposition n’est pas un jeu de la nature, mais bien l’œuvre de l’intervention humaine ; en y regardant de près, on voit que, primitivement, le tronc de cet arbre a été fendu en deux, et que l’hiatus est le résultat de la cicatrisation accidentelle d’une partie de la fente.

Il n’est pas rare de rencontrer dans les champs, en Provence, des arbres qui présentent cette disposition. C’est le plus souvent des chênes, mais cependant on constate que des frênes, des noyers, des ormes, des peupliers, des pins même, ont été ainsi fendus intentionnellement, puis ont été entourés d’un lien, pour que les parties séparées se réunissent.

Quand on cherche à savoir pourquoi certains arbres ont été ainsi traités, on ne tarde pas à apprendre que c’est parce qu’ils ont servi à la pratique d’une vieille superstition des paysans provençaux, qui croient fermement qu’en faisant passer, à un moment donné, un enfant à travers un tronc d’arbre fendu, on peut le guérir de telle ou telle maladie.

C’est surtout contre les hernies des petits enfants que ce passage à travers le tronc d’un arbre est considéré comme efficace ; et voici comment la crédulité publique conseille de procéder : il faut prendre un jeune arbre d’apparence bien vigoureuse, le fendre dans sa longueur, sans l’arracher ni pousser la fente jusqu’aux racines ; puis, écartant les deux parties de l’arbre, faire passer entre elles, à trois ou sept reprises différentes, dans une même séance, le petit hernieux. Une fois cela fait, les deux portions de la tige sont rapprochées très exactement et maintenues en contact à l’aide d’un lien très fortement serré. Si ces parties se recollent bien, et que l’année d’après l’arbre a repris la solidité de sa tige, l’enfant est guéri ; si, au contraire, la fente ne s’est pas soudée, on peut prédire que l’enfant restera hernieux toute sa vie.

Les hernies ne sont pas seules susceptibles de guérir sous l’influence de cette pratique bizarre ; nombre d’autres maladies sont traitées de la même manière en Provence ; et la crédulité populaire n’est pas encore disposée à penser que le moyen manque d’efficacité. J’ai trouvé dans mes investigations touchant les Provençaux, d’autres pratiques thérapeutiques qui me paraissent être des variantes de celles dont je viens de parler et se rattacher à la même idée. C’est ainsi, par exemple, que dans un grand nombre de villages, à Signes, à La Cadière, etc., le jour de la fête patronale, pendant qu’on porte processionnellement le saint de la localité à travers les rues, les mères font passer leurs enfants au-dessous de la châsse, pour les fortifier ou les guérir des maladies futures qui pourraient les atteindre.

Dans d’autres cas, on place un enfant débile sous la châsse d’un saint, pendant que le prêtre chrétien dit la messe ; absolument comme on faisait dans la cérémonie du taurobole, chez les anciens Romains, pendant que le prêtre païen faisait un sacrifice. Enfin, dans quelques-uns, comme, par exemple, au village de La Garde, près de Toulon, le jour de la fête de saint Maur, les valétudinaires, les mères de famille qui veulent fortifier leur enfant, et même les jeunes femmes qui veulent être fécondes, se placent aussi près que possible de la niche du saint pendant la messe.

Le nom du saint chrétien invoqué est quelquefois si spécial, qu’on voit d’une manière transparente l’adaptation d’une idée thérapeutique à la cérémonie religieuse. Féraud affirme ainsi, dans son Histoire des Basses-Alpes, que dans l’église de Ganagobie, dans les Basses-Alpes, il y a une tribune où se trouve un autel de saint Transi. Les mères, dont les enfants étaient valétudinaires, déposaient le pauvret sur cet autel, pendant l’invocation ; elles suspendaient un de ses vêtements, en guise d’ex-voto, sur le mur voisin, lorsque la guérison avait été obtenue.

Passage sous un âne.... dans ANE 220px-Burro_en_El_BierzoIl est une autre manière d’agir qui est encore plus singulière, et qui cette fois ne touche en rien, en apparence, aux choses de la religion. Je veux parler du remède populaire de quelques Provençaux pour guérir le Coburni(la coqueluche) d’une manière certaine et infaillible, si on en croit les bonnes femmes. Pour obtenir cette guérison de la coqueluche, il faut faire passer l’enfant sept fois de suite sous le ventre d’un âne, en allant de droite à gauche, et sans jamais aller de gauche à droite ; car si on oubliait cette précaution, les passages en sens inverse se neutralisant, on n’obtiendrait pas le résultat désiré.

Dans certains villages, il y a des ânes plus ou moins renommés pour leur vertu curative. Il y a quelques années, il y en avait un au Luc qui jouissait d’une telle réputation, que, non seulement il servait à tous les enfants de la localité, mais encore les enfants de Draguignan et même de Cannes, étaient, maintes fois, amenés au Luc, c’est-à-dire faisaient un voyage de plus de soixante kilomètres, pour bénéficier du traitement.

Enfin, je ne dois pas oublier de rapporter ici une variante de la donnée que nous étudions et qui ne manque pas d’originalité. Dans beaucoup de villages de Provence, le jour de Saint-Eloi, après avoir fait bénir les bêtes, il y a une procession dans laquelle la statue du saint est portée sur l’épaule de quatre vigoureux gaillards. Pendant que cette procession est en marche, on voit nombre de paysans et de paysannes armés d’un bâton au bout duquel ils ont attaché un petit bouchon de paille, s’approcher de la statue, se glisser entre les quatre porteurs et, passant leur bâton par dessous le brancard, vont frotter la face du saint avec ce bouchon de paille, habituellement des brins d’avoine sauvage.

Cette paille a dès lors la propriété de guérir les animaux malades ; aussi est-elle conservée avec soin dans la maison comme un remède miraculeux. Dans le village de Signes, de La Cadière, etc., près de Toulon, c’est à la procession de l’Ascension, dite procession des vertus, que cette pratique se fait.

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La Mule du diable et…

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

 le seigneur Geoffroi le Mauvais (Deux-Sèvres)

(D’après « Revue de l’Aunis » paru en 1869)

On voyait autrefois sur la rive gauche du Thoué, à peu de distance de la ville de Thouars, un château en ruines dont les sombres murailles contrastaient singulièrement avec le riant paysage qui les entourait. Ses tours éventrées, asile des corbeaux et des oiseaux de nuit, ses fossés fangeux, où les reptiles grouillaient en paix au milieu des ronces, lui donnaient un aspect des plus sinistres. Ce vieux logis féodal s’appelait le château de Marsais. A la fin du XIIIe siècle, il était habité par un seigneur cruel et batailleur, redouté de tous ses voisins. On comptait par centaines les victimes qu’il avait tuées en combat singulier. Il s’appelait Geoffroi mais le peuple avait ajouté à ce nom une épithète bien méritée : partout on le nommait Geoffroi le Mauvais.

Grand noir du berry.jpgPersonne n’osait s’aventurer sur la terre de ce farouche châtelain. Un soir d’hiver il arriva quelque chose d’insolite à Marsais. Geoffroi sommeillait depuis quelques minutes au coin de son feu, lorsqu’un bruyant son de trompe se fit entendre à la porte du château. La nuit était proche. L’arrivée d’un visiteur, à pareille heure surtout, était quelque chose de si étrange que le seigneur réveillé en sursaut s’élança d’un bond, pour donner l’ordre de courir sus à l’insolent qui venait troubler son repos. Au moment où il arrivait à la fenêtre, un spectacle singulier frappa ses regards : le pont s’abaissait de lui-même et la herse se relevait devant un chevalier qui arrivait monté sur une mule noire. Les serviteurs, accourus pour barrer le passage à l’inconnu, restaient cloués sur place et s’inclinaient sans oser lever la tête.

L’apparition du personnage avait en effet quelque chose d’effrayant. Revêtu d’une armure aussi sombre que la nuit, il s’avançait lentement en étendant le bras comme pour commander le silence. Sous la visière de son casque, on voyait, à l’endroit où devaient se trouver les yeux deux lueurs éclairant d’une façon sinistre la vaste cour du château. Les yeux de la mule lançaient aussi des sortes de flammes. Parvenu en face du seigneur, l’inconnu s’arrêta et lui adressa la parole en ces termes :

« Geoffroi, je viens de bien loin pour t’offrir le combat. Jusqu’à présent tu as toujours été heureux, mais le destin se lasse de t’être favorable. Il faut enfin que tu sois vaincu ». Le seigneur lui répondit : « Je n’ai pas l’habitude de me battre avec ceux que je ne connais pas. Qui es-tu ? Montre-moi ta figure ». Et l’étranger de lui rétorquer : « Je te croyais brave : je me trompais. Si tu veux voir mes traits, viens à minuit dans la forêt, au carrefour des Trépassés. Je suis le chevalier maudit. Oseras-tu croiser le fer avec moi ? ». Geoffroi lui répondit : « Il suffit. Tu ne saurais m’effrayer. Je me battrais avec le diable même, si je me trouvais en face de lui. A minuit, chevalier de la sombre figure, je t’enverrai rejoindre le roi des ténèbres, qui est sans doute un de tes proches ». L’inconnu se contenta de lui dire : « En attendant, tu peux faire préparer ta fosse ». A ces mots, le chevalier maudit disparut en laissant derrière lui un sillon de fumée. Malgré sa grande bravoure, Geoffroi le Mauvais n’était pas sans inquiétude. Ce sombre personnage, pensait-il, est sans doute Satan lui-même. Comment faire pour le battre ? Tout à coup une pensée lui vint : « Je le vaincrai », s’écria-t-il !

Le seigneur de Marsais croyait beaucoup au diable et fort peu à Dieu. Il avait cependant conservé, dans son château, une petite chapelle dans laquelle on célébrait quelquefois le service divin. Il se dirigea de ce coté et courut au bénitier. Il tressaillit de joie en voyant qu’il était encore à moitié plein. L’eau bénite versée dans le fourreau de son épée devait lui assurer la victoire. A minuit il arrivait au carrefour des Trépassés. L’inconnu s’y trouvait déjà. Debout à côté de sa mule, il attendait son adversaire. Suivant sa promesse, il avait le visage découvert. L’horrible expression de ses traits ne pouvait laisser aucun doute dans l’esprit : c’était bien le souverain de l’enfer. Geoffroi se plaça en face de lui et tira précipitamment son épée. Aussitôt le diable poussa un cri de douleur ; l’eau bénite venait de frapper sa figure. Couvert de brûlures, aveuglé, il était hors d’état de se défendre. « Je suis vaincu », s’écria-t-il avec rage. « Comme preuve de ta victoire je te laisse ma mule. Prends-la sans crainte, elle te rendra de grands services. C’est une bête précieuse ; elle ne se lasse jamais et n’a pas besoin de nourriture ; il ne faut pas même lui donner à boire » Sans attendre la réponse de Geoffroi, le démon disparut. La mule était restée à la même place. Le seigneur de Marsais ne savait trop s’il devait accepter ce singulier cadeau. Il finit cependant par se décider à l’emmener.

La Mule du diable et... dans ANE 220px-BaudetD%C3%A9sir%C3%A9Le diable avait dit vrai ; sa monture était infatigable. Geoffroi s’en servit pour la reconstruction de son vieux château. Elle fut employée au transport des matériaux. Les ouvriers ne pouvaient suffire à mettre en œuvre les pierres qu’elle apportait sans trêve ni repos, le jour et la nuit. L’édifice s’élevait comme par enchantement à la grande satisfaction de Geoffroi, mais au grand effroi des paysans de la contrée. En voyant monter si vite les hautes tours du château, ces derniers se signaient et disaient tout bas que c’était une œuvre infernale. Comme pour donner raison à leurs propos, le seigneur acheva sa construction sans relever la chapelle qu’il avait démolie. Le travail se termina pourtant sans accident et Geoffroi put s’installer dans sa nouvelle demeure. Il l’habitait depuis quelques jours, lorsqu’un soir un valet d’écurie croyant bien faire donna de l’avoine à la mule. Celle-ci, mise aussitôt en fureur, lança contre la muraille une si terrible ruade que le château s’ écroula tout entier, en ensevelissant sous ses ruines le seigneur et ses gens.

Le chevalier maudit apparut, dit-on, alors au milieu des ruines. « Je suis vengé », s’écria-t-il. Il s’élança ensuite sur sa mule, qui prit en galopant le chemin de Maranzais. On voit encore, sur le piédestal de la croix Mathon une trace de son passage. C’est l’empreinte du fer de la monture de Satan. La mule avait voulu renverser la croix en passant, mais elle n’avait réussi qu’à entamer légèrement la pierre.

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L’âne analysé par Esope

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

L'âne analysé par Esope dans ANE de-l-ane-du-chevalDe l’Âne et du Cheval.
Un Cheval couvert d’une riche housse, allait trouver son Maître à la guerre. Un Âne le vit passer ; alors il ne peut s’empêcher de soupirer, et d’envier le bonheur de l’autre. Suis-moi, lui dit le Cheval qui s’en était aperçu, et tu partageras la gloire dont je vais me couvrir. Le Baudet ne se le fit pas dire deux fois et le suivit. Il arrive au camp ; et d’abord soldats, armes, pavillons, le bruit des tambours, le font tressaillir d’aise. Mais quelques jours après, lorsqu’il vit le Cheval obligé de porter son Maître dans la mêlée, au risque de mille coups, il sentit diminuer sa joie, et pensa à ce qu’il avait quitté. Un moment après il baissa les oreilles, et tourna le dos. Puis, malgré tout ce que l’autre put lui dire pour l’engager à rester, il courut au grand trot reprendre le chemin du moulin.

 

De l’Âne et du Cheval.
Un Homme avait un Cheval et un Âne, et comme ils voyageaient ensemble, l’Âne, qui était beaucoup chargé, pria le Cheval de le soulager, et de prendre une partie de son fardeau, s’il voulait lui sauver la vie ; mais le Cheval lui refusant ce service, l’Âne tomba, et mourut sous sa charge : ce que voyant le Maître, il écorcha l’Âne, et mit sur le Cheval toute sa charge avec sa peau ; alors le Cheval s’écria :  » Ô que je suis malheureux ! je n’ai pas voulu prendre une partie de sa charge, et maintenant il faut que je la porte toute entière, et même sa peau. « 

Analyse des Fables d’Esope

 barre de séparation

 De l’Âne couvert de la peau d’un Lion.

 Un Âne ayant trouvé par hasard la peau d’un Lion, s’en couvrit le dos sur-le-champ, et se para de cette dépouille. Les autres bêtes qui le virent en cet équipage, et qui le prirent d’abord pour un véritable Lion, en furent alarmées, et se mirent à fuir de toute leur force. Le Maître à qui appartenait l’Âne, le cherchait de tous côtés, et fut tout étonné quand il le vit déguisé de cette sorte. L’Âne accourut vers son Maître, et se mit à braire. Sa voix et ses longues oreilles qu’il n’avait point cachées, le firent connaître malgré son déguisement. Son Maître le prit, et le condamna à son travail ordinaire.

Analyse des Fables d’Esope

 

 barre de séparation

Du Mulet et du Loup.

 Le Mulet voyant un Loup venir à lui, et craignant d’être pris, feignit d’avoir une épine au pied et d’être fort tourmenté du mal que lui causait cette épine.  » Hélas ! mon ami, dit-il en s’adressant au Loup, je ne puis résister à la violence de la douleur que je sens ; mais puisque mon malheur veut que je sois bientôt dévoré par les oiseaux de proie, je te prie, avant que je meure, de m’arracher cette épine que j’ai au pied, afin que j’expire plus doucement.  » Le Loup consentit à lui rendre ce bon office, et se mit en posture. Alors le Mulet lui donna un si grand coup de pied, qu’il lui enfonça le crâne, lui cassa les dents, et se mit à fuir. Le Loup se voyant dans un état si pitoyable, ne s’en prenait qu’à lui-même.  » Je le mérite bien, disait-il ; car de quoi est-ce que je me mêle ? Pourquoi ai-je voulu m’ingérer mal à propos de faire le Chirurgien, moi qui ne suis qu’un Boucher ? « 

Analyse des Fables d’Esope

barre de séparation

D’un Âne chargé d’éponges.
  Un Âne chargé de sel se plongea dans une rivière, et si avant que tout son sel se fondit. Quelques jours après, comme il repassait chargé d’éponges près du même gué, il courut s’y jeter, dans la pensée que le poids de sa charge y diminuerait comme il avait diminué la première fois ; mais le contraire arriva. L’eau emplit les éponges, et de telle sorte qu’elles s’enflèrent. Alors la charge devint si pesante, que le Baudet qui ne pouvait plus la soutenir, culbuta dans le fleuve, et s’y noya.

Analyse des Fables d’Esope

  barre de séparation

Du Grammairien qui enseignait un Âne.
Un Grammairien se glorifiait d’exceller dans son art au point que, moyennant un salaire convenable, il s’engageait à instruire non seulement des Enfants, mais même un Âne. Le Prince, apprenant la folle témérité du personnage, lui dit :  » Si je te donnais 50 ducats, répondrais-tu de pouvoir en dix ans faire l’instruction d’un Âne ?  » Dans son imprudence, il répondit qu’il acceptait la mort si, dans cet espace de temps son Âne n’arrivait pas à lire et à écrire. Ses amis étaient étonnés de ses paroles : ils lui reprochaient de s’engager à faire une chose non seulement malaisée et difficile, mais même impossible, et ils craignaient qu’à l’expiration du délai il ne fut mis à mort par le Prince. Il leur répondit :  » Avant le terme, ou l’Âne mourra, ou le Roi, ou moi.  » Cette fable montre aux gens qui sont exposés à un danger que le délai souvent leur vient en aide.

 

Analyse des Fables d’Esope

de-l-ane-et-du-chien dans ANE

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L’âne, vu par Esope

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

 Vieux bardotDe l’Âne qui porte une Idole.
   Un Âne chargé d’une Idole passait au travers d’une foule d’Hommes ; et ceux-ci se prosternèrent à grande hâte devant l’effigie du dieu qu’ils adoraient. Cependant l’Âne, qui s’attribuait ces honneurs, marchait en se carrant, d’un pas grave, levait la tête et dressait ses oreilles tant qu’il pouvait. Quelqu’un s’en aperçut, et lui cria :  » Maître Baudet, qui croyez ici mériter nos hommages, attendez qu’on vous ait déchargé de l’Idole que vous portez, et le bâton vous fera connaître si c’est vous ou lui que nous honorons « .

Analyse des Fables d’Esope

De l’Âne et du Lion.

  L’Âne paissait un jour dans la compagnie d’un Coq. Un Lion vint pour attaquer l’Âne. Le Coq chanta. On dit que le Lion a une horreur naturelle du chant de cet animal. Le Lion se mit à fuir. L’Âne, qui s’imagina follement que le Lion le redoutait, le poursuivit à toute outrance ; mais quand le Lion se vit assez éloigné pour ne plus craindre le chant du Coq, et pour ne le plus entendre il revint sur ses pas, se jeta sur l’Âne et le dévora.  » Malheureux que je suis, s’écria-t-il, en se voyant aux derniers abois, de quoi me suis-je avisé de vouloir faire le vaillant, et pourquoi ai-je voulu m’exposer au combat, puisque je ne suis point né de parents guerriers ? « 

Analyse des Fables d’Esope

 barre de séparation

De l’Âne et du Chien.

  Le Chien flattait son Maître, et le Maître y répondait en le caressant de son côté. Ces caresses réciproques donnèrent de la jalousie à l’Âne, qui était maltraité et battu de tous ceux de la maison. Ne sachant quelles mesures prendre pour soulager sa misère, il s’imagina que le bonheur du Chien ne venait que des caresses qu’il faisait à son Maître, et que s’il le flattait aussi de la même sorte, on le traiterait comme le Chien, et qu’on le nourrirait de même de viandes délicates. Quelques jours après, l’Âne ayant trouvé son Maître endormi dans un fauteuil, voulut venir le flatter, et lui mit les deux pieds de devant sur les épaules, commençant à braire, pour le divertir par une mélodie si harmonieuse. Le Maître réveillé par ce bruit, appela ses Valets, qui chargèrent l’Âne de coups de bâton, pour le récompenser de sa civilité, et des caresses trop rudes qu’il avait faites à son Maître.

analyse d’Esope

 

  barre de séparation

De l’Âne et du Cheval.

  Un Cheval richement paré, rencontra dans son chemin un pauvre Âne qui gémissait sous le poids de sa charge. Le Cheval, que son riche harnais rendait insolent, remplissait l’air de hennissements, et criait à l’Âne de se retirer et de lui faire place. L’Âne saisi de frayeur, se rangea promptement sans répliquer. Le Cheval allait à la guerre ; il en revint si harassé et si usé, que son maître le voyant hors d’état de lui rendre aucun service, le vendit à un Paysan qui le mit à un chariot pour porter du fumier. L’Âne le rencontra au bout de quelque temps, et lui demanda, tout étonné d’un changement si étrange, ce qu’il avait fait de son beau harnais, de sa riche housse, de son mors doré, qui le rendaient si fier et si superbe, et qui lui inspiraient tant de mépris pour ceux qui ne voudraient maintenant faire aucune comparaison avec lui.

L'âne, vu par Esope dans ANE esope

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L’âne chez Buridan

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

 philosophe français du XIVème siècle

Le paradoxe de l’âne de Buridan n’apparaît dans aucune des œuvres connues de Jean Buridan, bien qu’il soit tout à fait cohérent avec la théorie buridanienne de la liberté et de l’animal.

L'âne chez Buridan dans ANEBuridan ne discute pas du problème particulier mais son apport est qu’il plaida pour un déterminisme moral où, sauf pour l’ignorance ou l’embarras, un humain qui fait face à des comportements possibles doit toujours choisir le plus grand bien. Buridan considère que la volonté peut retarder le choix pour déterminer plus complètement les résultats possibles de l’option. Des présentateurs ultérieurs ont satirisé cette vue en un âne assoiffé et affamé, positionné à égale distance entre un seau d’eau et un seau d’avoine. L’âne meurt de faim et de soif alors qu’il hésite entre ses deux désirs.

Le paradoxe de l’âne de Buridan est la légende selon laquelle un âne est mort de faim et de soif entre son picotin d’avoine et son seau d’eau, faute de choisir par quoi commencer.

On ne peut, à proprement parler, faire de ce cas de figure un paradoxe logique ; il s’agit plutôt d’un cas d’école de dilemme poussé à l’absurde, et ces deux traits caractérisent le phénomène de double contrainte.

Mais ça vous rappelle certainement quelque chose ? Sûrement…

C’est un état que nous connaissons tous ! Ou bien encore, comme si une force surnaturelle vous manipulait comme de vrais pantins. Cette légende est  à rapporter à l’homme, pris entre plusieurs choix. Mais en ce qui concerne l’âne je ne pense pas qu’il soit si  « âne » que cela pour se laisser mourir de faim.

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Ane, animal de trait

Posté par othoharmonie le 7 mai 2012

Ane, animal de trait dans ANE 220px-Sixt_fer_%C3%A0_cheval_xAvec sa grosse tête, ses longues oreilles et sa robe généralement grise, l’âne, de plus en plus rare dans nos régions, reste un animal précieux dans les pays des bords de la Méditerranée et en Orient. C’est un solipéde dont la taille varie selon les pays et les races. Il vit très longtemps, surtout dans les pays chauds où il atteint fréquemment 40 ANS. Son braiment est caractéristique. On traite d’ « âne » une personne ignorante et têtue. Le « dos d’âne » est une bosse sur une route. « Faire l’âne pour avoir du son » : faire le naif pour obtenir quelque chose. « COQ à l’âne » : passer d’un sujet à l’autre, sans aucune logique.

Bien avant le CHEVAL, l’âne a été utilisé comme ANIMAL de trait. Les Grecs, déjà, formaient leurs convois militaires avec des ânes. Symbole de la sobriété et de l’humilité, l’âne tient une grande place dans la littérature. L’âne de Buridan, dont le nom est passé dans le langage courant pour désigner les indécis, se laissa mourir de faim, rapporte une fable, entre un seau d’EAU et un seau d’AVOINE, incapable de se décider à choisir entre les 2. C’est également monté sur un âne que le grand saint Germain, évêque d’Auxerre, visitait ses paroisses. Une NUIT, alors qu’il se reposait dans un presbytère, on lui vola sa monture. Mais le voleur ne put aller loin : à la sortie du village, la bête refusa d’avancer et ne consentit à trotter que pour revenir vers son maître.

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Lion d’Esope 1

Posté par othoharmonie le 6 mai 2012

Lion d'Esope 1 dans LION du-lion-de-l-ours-et-du-renardDu Lion et de la Mouche.
Une Mouche défia un Lion au combat, et le vainquit : elle le piqua à l’échine, puis aux flancs, puis en cent endroits ; entra dans ses oreilles, ensuite au fond de ses naseaux ; en un mot, le harcela tant, que de rage de ne pouvoir se mettre à couvert des insultes d’un insecte, il se déchira lui-même. Voilà donc la Mouche qui triomphe, bourdonne, et s’élève en l’air. Mais comme elle vole de côté et d’autre pour annoncer sa victoire, l’étourdie va se jeter dans une toile d’Araignée et y reste.  » Hélas ! disait-elle, en voyant accourir son ennemie, faut-il que je périsse sous les pattes d’une Araignée, moi qui viens de me tirer des griffes d’un Lion ? « 

Analyse des Fables d’Esope

BARSEPA - feuilles d'automne

De l’Homme et du Lion.

Un Homme et un Lion voyageaient ensemble, et disputaient, chemin faisant, sur les avantages de leur espèce. Au fort de la dispute, il aperçurent un bas-relief qui représentait Hercule étouffant un Lion.  » Cette figure, dit l’Homme, en se tournant vers le Lion, peut t’apprendre que les Hommes sont plus forts que les Lions. – Votre raisonnement porte à faux, répliqua le Lion ; car si nous avions parmi nous des Lions Sculpteurs, on verrait beaucoup plus d’Hommes terrassés et étouffés par les Lions, que de Lions par les Hommes.  » Cette raison ne convainquit point l’Homme, qui s’opiniâtra toujours de plus en plus à défendre son opinion. Le Lion fatigué de cette dispute, se jeta sur l’Homme et le mit en pièces.  » Tu vois bien maintenant, lui dit-il, lequel est le plus fort de l’Homme ou du Lion. « 

Analyse des Fables d’Esope

 BARSEPA - feuilles d'automne

Du Lion, du Sanglier et des Vautours.
    Le Lion et le Sanglier acharnés l’un sur l’autre s’entre-déchiraient. Cependant des Vautours regardaient attentivement le combat, et se disaient les uns aux autres :  » Camarades, à bien juger des choses, il n’y a ici qu’à gagner pour nous. Ces Animaux-ci ne quitteront point prise, que l’un des deux ne soit par terre. Ainsi, ou Lion, ou Sanglier, voici la proie qui ne peut nous manquer.  » Ils n’y comptaient pas à tort ; car ils l’eurent en effet et même plus grosse qu’ils ne pensaient. Le Sanglier fut étranglé sur l’heure par le Lion, et celui-ci que l’autre avait percé d’un coup de ses défenses, mourut quelques jours après de sa blessure, de sorte que les Vautours profitèrent de l’un et de l’autre.

 Analyse des Fables d’Esope

cerfeau dans LION

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Lion des neiges

Posté par othoharmonie le 6 mai 2012

Le lion des neiges (peut s’écrire Gang Seng en utilisant la Translittération Wylie) est un animal légendaire du Tibet. Il incarne les valeurs de courage et de gaité et symbolise la vivacité, une des quatre dignités de la voie de Shambhala et un des quatre éléments (on lui associe la Terre) avec le dragon, le tigre et le garuda.

« Le lion des neiges réside à l’Est et représente la joie inconditionnelle, la tranquillité de l’esprit, la sérénité. Il a la beauté et la dignité qui découlent d’un corps et d’un esprit en parfaite symbiose. Le lion des neiges possède la jeunesse, l’énergie vibrante de la bonté et un sens inné du plaisir. Parfois, le trône de Bouddha est dépeint accompagné de huit lions des neiges, représentant dans ce cas les huit disciples-Bodhisattva de Gautama Bouddha, le bouddha historique. Le lion est associé au courage, à la domination des montagnes et à la Terre »

— Les quatre Dignités, Rudy Harderwijk

 

Dans le rugissement du lion des neiges figurent le grand vide (Sanskrit: Śūnyatā), le courage et la vérité, et parce qu’il est synonyme du Buddhadharma, les enseignements de Bouddha tout comme la liberté du karma ou l’Éveil.

Le cri du lion est si puissant qu’il peut vaincre jusqu’à sept dragons.

Lion des neiges dans LION 220px-Snow_Lions_protect_the_entrance_to_the_Potala_PallaceLe lion dans l’art Bouddhique

Le lion est un animal sacré, symbole du pouvoir royal, dans beaucoup de cultures, de l’ancienne Égypte aux empires grec et romain ainsi que, plus à l’Est, la Perse et l’Inde. Le lion des neiges est le protecteur de Bouddha et il est souvent présent dans les représentations artistiques de chaque côté du trône. Le corps de l’animal est blanc comme la neige alors que la crinière, la queue et les boucles sur ses pattes sont bleues ou vertes. Si la plupart des lions des neiges sont asexués dans l’art bouddhiste, quand ils sont représentés sous la forme de deux lions affrontés, le lion de droite est le mâle et celui de gauche la femelle.

Deux lions des neiges affrontés sont représentés au centre de l’ancien drapeau du Tibet. Ils tiennent entre leurs pattes deux « joyaux ». Celui du haut, tricolore, symbolise les Trois joyaux du bouddhisme : le Bouddha, le Dharma et le Sangha ; celui du bas, bicolore, représente selon le gouvernement du Tibet en exil l’attachement manifesté par les peuples à la discipline personnelle et la bonne conduite morale (selon l’optique bouddhiste, les dix vertus élevées et les seize façons de se comporter avec humanité).

 

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