Vipère et pharmacie

Posté par othoharmonie le 13 mai 2012

 

 Vipère du GabonOutre leur utilisation dans la préparation de la thériaque, on considérait au XVIIe siècle que la chair de vipère était le meilleur antidote aux envenimations causée par cette espèce ou par d’autres. Les animaux, dans certaines régions étaient élevés dans des vipèreries, lieux qui survécurent jusqu’au XIXe siècle. L’ignorance autour de leur biologie en faisait de véritables panacées.

Certains médecins ou pharmaciens de cette époque, comme Moïse Charas qui publie une étude assez sérieuse à leur sujet en 1670, en avaient fait leur spécialité. Sa pratique est encore empreinte du poids des connaissances du Moyen Âge et d’un peu d’alchimie. Il se spécialise notamment sur les vipères. Outre leur utilisation dans la préparation de la thériaque, on considérait à son époque que la chair de ces animaux était le meilleur antidote aux envenimations causées par cette espèce ou par d’autres. L’ignorance autour de leur biologie en faisait de véritables panacées. Charas publie en 1669 les Nouvelles expériences sur la vipère, les effets de son venin, et les remèdes exquis que les artistes peuvent tirer du corps de cet animal où il étudie son anatomie, sa reproduction et ses mœurs et, même s’il continue à propager certaines croyances erronées, il établit notamment une meilleure connaissance de leurs vertus thérapeutiques. Charas fut d’ailleurs en opposition avec Francesco Redi au sujet de la formation du venin, Charas affirmant que la salive de l’animal devenait toxique seulement si celui-ci était en colère, tandis que Redi pensait qu’elle était constamment toxique.

C’est probablement Francesco Redi (1626-1697) qui fut l’un des premiers à démontrer comment le venin de la vipère était injecté et qu’il était sécrété par une glande située dans la tête de l’animal.

Le venin de vipère est quelquefois utilisé dans des préparations pharmaceutiques visant à dissoudre un éventuel bouchon de cérumen.

L’ancrod est un extrait de venin d’une vipère de Malaisie (Calloselasma rhodostoma) ayant une activité anticoagulante importante par destruction rapide du fibrinogène, protéine intervenant dans la formation des caillots. L’ancrod a été testé dans différentes maladies et semblent avoir une certaine efficacité dans les accidents vasculaires cérébraux pris très précocement.

La chair de vipère était réputée, au XVIIe siècle, avoir des vertus revigorantes permettant d’allonger la durée de vie. Elle n’était pas consommée comme telle, mais donnée à manger à de la volaille, cette dernière aboutissant sur la table des élites.

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