L’enfant au lama blanc

Posté par othoharmonie le 5 mai 2012

 

L'enfant au lama blanc dans LAMA au-pays-du-grand-condorSous la lune, la cordillère et ses ombres étaient effrayantes, mais le petit Indien ne connaissait plus la peur de la nuit et des ombres. Il avait seulement froid, très froid. Le vent rude et glacé soufflait et à avançait dans la nuit. Comment dormir quand il fait si froid et que l’on est si seul ?

 Soudain, il trébucha contre une grande masse gisant devant lui. Il se pencha et reconnut un lama. Il pensa à sa mère et crut que l’animal était mort de faim comme elle. Il toucha la tête du lama qui bougea en geignant. « Il vit! » s’écria joyeusement le petit Indien qui n’était plus seul.

 D’une patte du lama, le sang coulait. « Un animal a dû l’attaquer », se dit l’enfant et il courut jusqu’à la rivière qu’il avait passée un instant plus tôt. Là, il déchira un pan de sa chemise, le trempa dans l’eau puis il cueillit des herbes dont sa mère lui avait appris les bienfaits. Revenu près du lama, il lava soigneusement la plaie, y déposa les herbes et fit un pansement avec un autre morceau de sa chemise dont il ne restait plus grand-chose. Alors, seulement, le petit Indien s’aperçut que le lama était blanc, sa blancheur immaculée luisait sous la lune; c’était le lama le plus beau qu’il avait jamais vu de sa vie.

Et, de nouveau, il pensa à sa mère si belle et il se blottit contre le lama en pleurant. Le lama dressa sa tête et frotta doucement les cheveux de l’enfant avec son museau. Le petit Indien cessa de pleurer, il s’enfouit dans la laine épaisse et chaude et tous deux s’endormirent.

 L’aurore et le bonheur réveillèrent le petit Indien. Le lama blanc le contemplait de ses gros yeux ronds et doux. L’enfant entoura son long cou de ses deux bras. « Nous ne nous quitterons jamais! » Il alla à la rivière, revint, nettoya la plaie, changea le pansement, cueillit de l’herbe qu’il donna à manger au lama dans son chullou. Pour lui-même il construisit un petit four de mottes d’argile, dans lequel il fit rôtir des pommes de terre arrachées dans un champ. Durant une semaine, ils vécurent ainsi. L’enfant parlait au lama tout le jour de sa maman, de son hameau déserté à cause de la famine, lui contait des légendes dont sa mère l’avait bercé le soir.

 Le lama écoutait l’enfant, la nuit tombait, les rapprochant l’un de l’autre, et le sommeil les enveloppait.

Un matin, le lama se leva et marcha. Le petit Indien pensa que le moment était venu de descendre parmi les hommes et son cœur se serra. Le lama se tourna vers lui comme pour demander de le suivre et ils avancèrent sur le chemin.

 Nadèjda Garrel – Au pays du Grand Condor Gallimard.

Une Réponse à “L’enfant au lama blanc”

  1. Molieres Christophe dit :

    Juste une question; qu’est ce qu’un CHULLOU? je ne trouve pas la réponse sur le WEB. Merci.

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