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La rumeur sur le Loup

Posté par othoharmonie le 29 février 2012

            

A la source d’une peur, on trouve bien souvent une rumeur. Et au bout d’une rumeur, naît la peur. Il n’en est pas allé différemment de la peur du loup. Un jour on lui prête quelques méfaits, le lendemain chacun relaye ces croyances. Les médias les premiers.

La rumeur sur le Loup dans LOUP 320px-Czechoslovakian_Wolfdog_pairLa rumeur est toujours intimement liée à la peur. C’est sur la peur que la rumeur repose, mais, en contrepartie, elle entretient la peur et s’en fait le relais. Quand ce cercle vicieux est enclenché, c’est presque le mouvement perpétuel qui s’instaure entre ces deux pôles. Le loup n’a pas échappé à ce tourbillon infernal. Les premières accusations lancées à l’encontre de cet animal qui dérange ont lancé le processus. Des siècles de rumeurs, ensuite, ont créé de toutes pièces, petit à petit, l’animal cruel et sanguinaire qui erre encore aujourd’hui et connaît de beaux jours dans notre inconscient collectif. Il n’est pas rare de nos jours que le loup fasse l’objet de rumeurs, même dans des contrées dont il a totalement disparu. La peur se vend bien. Les médias le savent… Ils l’exploitent.                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   La « peur du sauvage » ou le témoin d’une société

 Loup gris commun (Canis lupus lupus)Pour comprendre une rumeur et, éventuellement, la combattre, il est donc avant tout indispensable de comprendre le groupe dans lequel elle surgit. Ainsi, Kapferrer espère faire naître une « radioscopie de la France profonde révélée par ses rumeurs ». De grands domaines de crispations semblent en dessiner les contours révélateurs : la peur de l’étranger, la peur pour les enfants, la peur pour la santé, la peur du changement, mais surtout, pour le cas qui nous occupe, la peur du retour à l’état sauvage. Les rumeurs de fauves semant la terreur dans les campagnes sont monnaie courante. « A l’évidence, elles reflètent un désarroi aigu du monde rural, c’est-à-dire ceux qui sont au front, face à la nature, cette même nature qu’un combat millénaire a réussi à faire reculer, à maîtriser, à rendre productive. Loin de se sentir soutenu par l’arrière, par ceux qui, de Paris, de la ville, prennent les décisions qui les concernent, ils se sentent lâchés. » (KAPFERRER, 1987, 184). Un éleveur parle des loups à un journaliste de « Terre Sauvage » : « J’en ai tué et je recommencerai. Vous croyez que c’est drôle de voir mourir ses brebis ? Vous croyez que les écolos de Paris accepteraient de vivre comme nous ? » (NICOLINO, 2003, 64). Le malaise profond du monde rural est indéniable, particulièrement en ce qui concerne l’écologie.                      

« Le loup-garou de Paris« , comme bon nombre de grands films, a contribué à donner du loup une image démoniaque. Ph.: www.  euroloup.com                                        

51604H3EH6L._SL500_AA300_ dans LOUPCes rumeurs sont unanimes selon Kapferrer, « on » nous envoie des bêtes sauvages. Pour ce qui est du retour du loup dans le Mercantour, l’accusation est portée haut et fort à l’encontre des écologistes. La thèse du retour naturel du loup est sévèrement réfutée par les éleveurs. « L’écologiste est la bête noire du paysan. Il tend à vouloir le supplanter dans ce qui fonde l’identité de la paysannerie : la gestion de l’environnement naturel. Le monde rural vit très mal les parachutages d’écologistes dans la campagne française : l’arrivée subite de ces experts en chambre lui parait être une insulte à sa propre compétence et à des siècles de traditions et d’expériences rurales, durement acquises sur le tas. Il est significatif que les « envoyeurs » des bêtes sauvages soient des écologistes : ce sont eux qui pilotent les avions et les hélicoptères. Le survol par avion est normal : l’écologiste dispose de larges moyens, puisqu’il est soutenu par le gouvernement, moyens qui font défaut à l’agriculture. D’autre part, on survole un pays comme on survole un dossier. A la différence des paysans qui connaissent à fond le dossier nature pour y plonger leurs mains dès l’aube, l’écologiste plane dans l’abstraction et légifère de façon irresponsable. Il est un apprenti sorcier. Ses décisions portent un grave préjudice à ceux qui connaissent véritablement la nature, qui vivent dans la nature, les paysans, les sociétés de chasse. En lâchant l’animal sauvage, on tue l’animal domestique, on rend impraticable la nature qu’il fallut tant de siècles pour contrôler. Pour le monde rural, rien n’est plus symbolique de l’utilité ou de l’inutilité des écologistes que la réimplantation d’animaux sauvages sous leur égide : lynx dans les Vosges, vautours en Cévennes. Ces actes séduisent les citadins : pour eux, la nature est un concept, l’état sauvage une compensation à l’état artificiel de leur environnement de béton. » (KAPFERRER, 1987, 184-185). A cet égard, il est important de signaler que, dans le cas qui nous occupe, les loups sont bien revenus en France naturellement, faute de quoi, ils auraient été abattus en toute légalité. La thèse est officielle et appuyée d’arguments solides. (voir : Espèce protégée ? Le droit ne suffit pas !)

640px-Canis_lupus_meute_Gramat« Derrière ce discours naturaliste, il y a un discours social, mettant à nu les rapports que le monde rural entretient avec son environnement. Dix années plus tôt, dans le cadre d’une enquête sur le loup en Limousin, les chercheurs citent une réflexion presque machinale des habitants : « Les loups vont revenir. » Cette phrase est un symbole. La campagne française se désertifie. Les villages abandonnés se multiplient ; les voies secondaires de la SNCF se ferment une à une. Les loups n’auront plus peur du bruit et de la présence raréfiée de l’homme. La nature redevient hostile. Les rumeurs de Bête expriment un désarroi profond. Dans les ruines des villages abandonnés, les bêtes vont revenir. Au niveau le plus profond, ce que craignent les ruraux, c’est le retour de la sauvagerie : dire que les bêtes sont de retour, c’est aussi porter un jugement sur les rapports sociaux, ou plutôt, leur absence. Laisser la France aller en friche, c’est s’engager lentement sur le chemin qui mènerait de façon inéluctable à l’Etat sauvage. » (KAPFERRER, 1987, 185-186).

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Nouvelles peurs du loup

Posté par othoharmonie le 29 février 2012

 

Que devient le loup parmi les nouvelles peurs ? La concurrence des grands dangers du XXIe siècle ne l’éclipse pas. Au contraire, elle lui donne une nouvelle dimension : de nos jours, c’est la dégradation de l’environnement et du monde sauvage qui inquiète.                                                                                                                                           

Un loup à reflets roux vu de faceAu XXIème siècle, on s’aperçoit avec horreur d’un échec important dans l’entreprise humaine : on n’a pas pu éradiquer la peur ! Tous les espoirs, jusqu’ici reposés sur la science, s’effondrent peu à peu. Il est courant d’entendre que, si les peurs changent, la peur reste ! Celle-ci ne se porte plus aujourd’hui sur des éléments naturels, mais bien sur les entreprises par lesquelles l’homme s’est dressé contre l’Ordre de la Nature. C’est pourquoi, afin de remédier à ces peurs tout à fait rationnelles, des mesures commencent timidement à être prises au niveau international. C’est bien là que se rejoignent les anciennes et les nouvelles peurs : le monde sauvage, jusqu’alors terrifiant, apparaît comme fragile. Le loup dont on a voulu à tout prix se protéger pendant des centaines d’années devient une espèce à protéger pour sauvegarder les équilibres naturels et la bio-diversité. Pendant ce temps, à en croire les spécialistes la peur du loup perdure dans nos inconscients. De son côté la rumeur, alimentée et relayée par les médias, utilise et entretient les peurs. Jusqu’où?                                                                                                                                                                

 

Le loup est mort, vive la peur

Nouvelles peurs du loup dans LOUP 320px-New_Guinea_Singing_Dog_profileLes nouvelles propositions pour l’agriculture s’entendent sur un consensus en trois piliers : « meilleure garantie de la sécurité sanitaire des aliments, multifonctionnalité (terme consacré pour désigner la protection de l’environnement, des paysages, de l’emploi rural, de l’aménagement du territoire et du bien-être animal) et développement durable… » (BERTHELOT, 2001, 39). C’est dans ce cadre que devra s’appliquer la prochaine réforme de la PAC (politique agricole commune) pour répondre aux attentes des citoyens, ou, en l’occurence, à leurs nouvelles peurs.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

La peur du loup est en passe de se muer en peur de l’absence du loup. Légitime inquiétude les

Il s’agira pour l’homme de cesser ses protestations systématiques contre l’ordre de la Nature, de refuser toute douleur (effort compris), afin de retrouver une véritable dignité humaine. « La recherche, la transformation de la Nature, la transgression des interdits sociaux antérieurs sont alors légitimes et féconds s’ils témoignent d’une humanité en train de grandir et non de régresser. » (VIVERET, 2001, 96).                                                                                                 

320px-Canis_lupus_signatus_%28Kerkrade_Zoo%29_28 dans LOUPAinsi, la peur qui accompagne aujourd’hui le loup est-elle contradictoire. De quoi a-t-on le plus peur aujourd’hui ? Du retour d’un prédateur disparu? Ou de l’extinction progressive de la nature sauvage, de la biodiversité et des équilibres naturels, accompagnée d’une gestion sanitaire de plus en plus douteuse des animaux domestiques ? Il faudra faire des choix. A partir de là, les questions soulevées par les nouvelles peurs trouveront de nouvelles réponses. Les peurs et menaces nouvelles concernent aujourd’hui un enjeu beaucoup plus universel : pas seulement l’écologie, mais aussi l’homme et la Nature au plus profond d’eux-mêmes ! Si auparavant la peur avait pour objet la vie d’hommes, elle se porte de nos jours sur la vie « des » hommes ou de l’Homme. Les dérèglements de la Nature nous concernent tous. Pas un homme n’échappe aux lois de la Nature. Pas un être vivant ! La Nature est une entreprise universelle dont nous faisons tous partie !

Pollution de l’air, des mers (Erika, Prestige…), de la terre (déchets nucléaires), accidents industriels (Minimata, Sévéso, Bhopal, Tchernobyl…), catastrophe sanitaire de l’élevage intensif (vache folle, dioxine, peste aviaire…), OGM, clonage, désertification, criminalité financière… Voilà les peurs d’aujourd’hui ! Ne sont-elles pas au moins aussi inquiétantes que les peurs d’antan ? Et c’est cela que l’on nomme progrès ? « Quel progrès ? N’est-ce pas plutôt le résultat d’une conception exponentielle de la croissance ? D’un délire productiviste proprement irrationnel ? ». (RAMONET, 2001, 7). Dans cette conception, il semble que la rationalité ait succombé à son propre culte.

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LOUP

Posté par othoharmonie le 29 février 2012

LOUP dans LOUP 320px-Meute_loups_alphaLe loup est un mammifère carnivore de la famille des canidés. Il a la taille d’un grand CHIEN, la tête pointue surmontée de 2 oreilles droites mais relativement courtes, des yeux obliques et une queue touffue qui tombe vers le SOL. La couleur de son pelage varie, selon les races et selon les SAISONS, du roux au noir. Le loup vivait dans toute l’Europe et le Nord de l’Asie et de l’Amérique; il est de nos JOURS en voie de disparition et, dans certains pays, sa CHASSE est réglementée. FROID de loup : grand froid. Faim de loup : grand appétit. A pas de loup : sans bruit.

ANIMAUX solitaires, les loups, l’HIVER, se réunissaient en bandes qui ravageaient les campagnes et n’hésitaient pas, poussés par la faim, à s’attaquer à l’homme. La terreur qu’ils inspiraient est à l’origine de la légende des loups-garous, sorte de sorciers qui, la NUIT, se transformaient en loups. Cette croyance subsista jusqu’au-delà du Moyen Age puisqu’en 1591, le tribunal de Dole condamna un homme au bûcher, sur l’accusation d’être un loup-garou. L’Histoire connaît pourtant des loups sympathiques. Et, tout d’abord, la louve qui nourrit de son lait le jeune Rémus et son frère Romulus, futur fondateur de Rome. Il y a aussi, dit-on, les loups qui protégèrent de ses ennemis la filleule de Louis XI en se disposant en cercle autour d’elle.

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