Le peuple renard

Posté par othoharmonie le 21 janvier 2012

Même si la cause lupine peut paraître, à priori, éloignée de celle de l’ami Goupil, c’est pourtant bien du même combat dont il s’agit.

  Loup grisToujours classé NUISIBLE dans nos peu évolutifs et souvent arbitraires textes, confectionnés, dirait-on, par des amis des chasseurs, afin de leur complaire bassement, le renard est aussi un animal persécuté.

 Pourtant, à part dans les lieux d’où la rage n’a pas été éradiquée, le renard ne devrait guère nous inquiéter et susciter tant d’illégitimes craintes.

 Victime, tout comme le loup, de préjugés tenaces et de médisances ancestrales, le renard, et ce, depuis Cro-Magnon où on commença à l’étriper pour sa viande, n’a jamais cessé d’être une proie.

 Dans l’antiquité déjà, considéré comme nuisible, on tuait sans remords cette bête réputée sale, méchante, et fort rusée que l’on situe à mi-chemin entre la vermine répugnante et la créature infernale, cynique et perfide.

 Ainsi le renard est un monstre de duplicité, qui doit périr au plus vite par le fer et le feu car lui aussi est accusé d’être en concurrence suspecte avec l’homme. Pour cela, avant d’entrer en guerre, les Assyriens et les Perses le chassaient au cours de leurs manoeuvres préliminaires.

 Urocyon littoralisAu Moyen-Age, « Renart » est une menace. On dit qu’il véhicule la rage et, ses sanglantes équipées dans les basses-cours n’arrangent rien à l’affaire.

 A la Renaissance, on l’apprécie surtout en fourrure, tout comme de nos jours.

Aussi ou davantage éliminé que le loup, comment se fait-il que le renard n’ait pas disparu de nos paysages ?

 C’est sans doute que le renard est méfiant, intelligent, et que les multiples facultés d’adaptation de cet opportuniste, lui ont permis de survivre dans les pires conditions. C’est un être hypersensible qui perçoit, démultipliées, les odeurs, les bruits, les images…

 Tout comme le loup, le renard est un mythe vivant. Notre culture judéo-chrétienne est imprégnée de sa présence, et dès le Moyen-Age on le découvre dans les églises et les poèmes épiques.

 Le Roman de Renart a été composé et recomposé dans tous les pays européens. Décrit comme solitaire, vindicatif et rebelle, ce canidé devint célèbre par sa malice.

 En fait, le renard n’est pas vraiment un solitaire obstiné comme on a voulu nous le faire croire et, s’il le devint c’est par la force des choses et non parce qu’il est associal, tant s’en faut. Une fois constitué leur couple et consommé leur union, Mr et Mme Renard ne se quittent plus et font preuve d’une grande tendresse l’un envers l’autre, si leur existence, semée d’embûches et de pièges mortels, leur en laisse le temps…

  Cerdocyon thousDoté d’un naturel jaloux, messire Goupil remet vertement à leur place, les individus susceptibles de mettre à mal l’équilibre et l’harmonie de son couple.

 En Europe, la haine ancestrale du loup et du renard est toujours aussi présente.

Abandonnant les campagnes trop peuplées de fusils et de pièges, le renard a élu domicile dans nos villes. Maintenant, il habite aussi bien à Rome qu’à Paris.

 Le renard nouveau est urbain; Londres, par exemple, compte plusieurs dizaines de milliers de renards dans ses banlieues (plus de soixante mille recensés par les scientifiques) Vivant sous les planchers des maisons, dans les combles, les jardins ou les parcs, dans le métro ou dans les tunnels ferroviaires, il détrône à présent le peuple Rat.

 

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