Eléphant 4

Posté par othoharmonie le 21 novembre 2011

Par Louis Figuier 


Eléphant 4  dans ELEPHANT 220px-African_Elephant_in_KenyaL’Éléphant semble posséder certaines facultés musicales. En 1813, des musiciens de Paris se réunirent pour donner un concert à l’Éléphant qui existait alors au Jardin des Plantes. L’animal manifesta un vrai plaisir à entendre chanter : O ma tendre musette ! L’air de Charmante Gabrielle lui plut tellement, qu’il marquait la mesure en faisant osciller sa trompe de droite à gauche, et en balançant son énorme masse. Il poussait même quelques sons, plus ou moins d’accord avec ceux des musiciens. Les grandes symphonies étaient moins de son goût. Il paraissait comprendre plus aisément la mélodie que l’harmonie savante. Je sais plus d’un homme qui est Éléphant sous ce rapport. Quand le concert fut terminé, le sensible Pachyderme s’approcha de l’un des musiciens, qui, en donnant du cor, l’avait particulièrement ému. Il s’agenouilla devant lui, le caressa de sa trompe, et lui exprima, par toutes sortes de gentillesses, le plaisir qu’il avait eu à l’entendre.

Un jeune seigneur birman avait un Éléphant plein d’intelligence. Ce seigneur s’étant marié, notre Pachyderme se promenait, 220px-COLLECTIE_TROPENMUSEUM_Militair_transport_met_een_olifant_TMnr_10027941a dans ELEPHANTsous la surveillance de son cornac, dans un enclos palissadé, au centre duquel était située l’habitation. Ayant remarqué la présence des femmes, que fit notre Éléphant ? Il s’appuya délicatement contre une barrière de bambous destinée à enclore un jardin d’agrément, cueillit avec sa trompe les fleurs les plus belles et les plus fraîches, puis, relevant la tête et arrondissant sa trompe avec grâce, il tendit la fleur au niveau de la balustrade….. Une des femmes allongea le bras ; l’Éléphant retira sa trompe. Le même manège s’étant renouvelé à plusieurs reprises, le maître voulut prendre la fleur ; mais l’Éléphant ne lâcha pas son bouquet. Alors la jeune épouse avança la main, non sans quelque crainte, et le galant Pachyderme lui remit la fleur, comme l’hommage qu’il réservait à la jeunesse et à la beauté !

L’intelligence et la main auraient donc, selon nous, assuré à l’Éléphant la domination de la nature. Remarquez, en effet, qu’aucun autre animal ne réunit à un tel degré ces deux attributs. Un petit nombre d’espèces de Singes sont, il est vrai, munies d’une main ; mais en ce qui concerne l’intelligence, les Singes ne sont pas de beaucoup supérieurs aux autres mammifères.

A l’exemple de l’homme, l’Éléphant aurait pu s’acclimater, vivre et se répandre en tribus innombrables dans toute l’étendue du globe. Ce qui le démontre, c’est que l’on trouve les débris fossiles de cet animal dans presque tous les pays. Sans doute 330px-Elephants_du_Krugerl’Éléphant est aujourd’hui confiné en Asie et en Afrique, mais, aux temps géologiques il vivait dans les climats les plus divers. En France, en Allemagne, en Italie, on trouve de véritables cimetières de Mastodontes et de Mammouths, simples espèces fossiles du genre Éléphant.

Aucun pays n’est aussi riche en restes fossiles d’Éléphants que le nord de la Sibérie. Le sol des rivages de la mer Glaciale est presque entièrement composé de ces ossements, cimentés par de la glace et du sable.

Les défenses fossiles d’Éléphant sont très largement exploitées aujourd’hui dans l’extrême nord de la Sibérie. Chaque année, d’innombrables caravanes se dirigent vers ces rivages glacés, et en rapportent de véritables cargaisons d’ivoire, que l’industrie de l’Europe emploie aux mêmes usages que l’ivoire des défenses des Éléphants actuellement vivants. (A SUIVRE) 

 

FIGUIER, Louis (1819-1894) : L’Éléphant (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (05.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



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