Le Chien 11

Posté par othoharmonie le 20 novembre 2011

Par G. de Cherville 

La description des innombrables variétés de la race canine ne serait point à sa place dans ces esquisses. Buffon, qui vivait dans Tervueren.jpgun temps où les arbres généalogiques tenaient le haut du pavé, a dressé celui des Chiens qui peuplent les deux hémisphères en établissant la probabilité des croisements dont chacun d’eux est sorti. Le travail est ingénieux comme tout ce qu’enfanta le cerveau de ce grand homme, mais, comme bien d’autres parties de son œuvre, il n’en fournit pas moins quelque prise à la critique. 

Il nous paraît un peu puéril de s’évertuer à ramener tous les Chiens du globe à un type souche unique de tous les autres. On prétend témoigner, ce faisant, de son respect pour le texte biblique ; on ne s’aperçoit pas que l’on montre une fort mince opinion de la toute-puissance créatrice ; cet hommage à la parole divine tend à amoindrir celui dont elle émane. Quand on lâche la bride aux conjectures, pourquoi ne pas admettre trois créations canines primordiales, celles du dogue, du lévrier et du Chien de berger, répondant à trois besoins de l’homme primitif, la défense, la poursuite des animaux sauvages, la garde des troupeaux. La supposition simplifierait la tâche des généalogistes ci-dessus et deux êtres de plus à tirer de l’argile étaient, en vérité, une petite besogne pour celui qui, d’une main si prodigue, semait les astres dans l’espace. 

Le Lévrier nous paraît donc l’auxiliaire indiqué du premier chasseur, nu et sans autre arme qu’un bâton, et qui, pour s’emparer des animaux, devait les atteindre à la course ; la faiblesse de ses qualités d’odorat n’avait aucun inconvénient dans ces temps primitifs où le gibier pullulait et n’avait pas encore appris à se garder des embûches humaines. Le lévrier est également très imparfaitement doué sous le rapport de l’intelligence, très développée au contraire chez le Chien de berger ; celui-ci est un moule supérieur ; il affirme à côté de cette intelligence les qualités de fidélité, de dévouement, les aptitudes à se plier aux volontés humaines qui ont mérité au Chien une place à part parmi nos animaux domestiques ; avec le dogue qui fournissait la puissance musculaire, la force, une indomptable intrépidité pour compléter le trio, tous les dérivés se justifient et s’expliquent. (A SUIVRE…) 

CHERVILLE, Gaspard de Pekow marquis de (1821-1898) : Le Chien (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (23.VII.2002)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
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Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882. 



Gif chiens

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