L’Ours 5

Posté par othoharmonie le 19 novembre 2011

Par Jules Vallès

L’Ours n’est cependant pas partout un personnage épais et gourmand dont on se moque, au moyen âge, comme d’un bourgeois de parlement.

L'Ours 5 dans OURS 220px-Black_bear_tracksEn Suisse, les Bernois professent depuis des siècles une véritable vénération pour l’Ours.

Alexandre Dumas, dans son voyage en Suisse, raconte que s’étant arrêté devant une horloge de Berne, il entendit le Coq qui surmontait le clocher chanter trois fois d’une voix grinçante et vit quatre évangélistes en bois sortant chacun d’une niche pour aller frapper l’heure. Pendant que la cloche tintait, une procession d’Ours sortit à son tour d’un des coins de l’horloge, « les uns jouant de la clarinette, les autres du violon, celui-ci de la basse, celui-là de la cornemuse ; à la suite d’autres Ours, portant l’épée au côté, la carabine sur l’épaule, marchaient gravement, bannière déployée et caporaux en serre-file ».

L’Ours, à Berne, est encore représenté sous d’autres formes héroïques. Il est debout sur une fontaine, tenant un étendard à la main, couvert d’une armure de chevalier. A ses pieds est assis un ourson vêtu en page, qui mange gravement une grappe de raisin avec ses pattes de devant.

L’Ours est le patron de la cité.

Il n’y a pas seulement son effigie sur les blasons, les fontaines et les monuments, on voit à une des portes même de la ville des Ours vivants qui sont entretenus par les bourgeois de la ville et logés deux à deux dans de belles fosses dallées. Une vieille fille riche laissa soixante mille francs de rente aux Ours. Mais le trésor disparut dans le tourbillon révolutionnaire ; il fut confisqué par le général Brune après les combats malheureux de Straubrum et de Granhoiz. Cette somme fut remplacée par une souscription publique.

Pourquoi l’Ours est-il à Berne l’objet de ce culte particulier ? Voici ce que répond la légende :

Berne a été fondée en 1191 par un duc de Zerningen. A peine achevée, on lui chercha un nom. Pour le trouver, le seigneur rassembla la noblesse des environs. Un convive proposa de faire une chasse dans la montagne et de donner à la ville le nom du premier animal que l’on tuerait. Le lendemain on se mit en chasse, et un archer du duc abattit un cerf. Le duc fut vexé qu’un simple archer eût eu le premier l’honneur de viser si bien. Il prétendit que le cerf était trop timide pour donner le nom à une ville autant bastionnée.

Le soir on tua un Ours.  (A SUIVRE…)

VALLÈS, Jules (1832-1885) : L’Ours (1882). 



Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (04.II.2009) Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Mél : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] 100346.471@compuserve.com

http://www.bmlisieux.com/ 



Diffusion libre et gratuite (freeware) 



Texte établi sur un exemplaire (BmLx : nc) de l’ouvrage Les Animaux chez eux illustré par Auguste Lançon (1836-1887) paru chez L. Baschet à Paris en 1882

création/animation d'Alice : ours écrivain

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